Au procès Benalla : « C’est ma parole contre la leur, je suis tout petit » – Le Monde

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Alexandre Benalla, suivi par les journalistes dans les couloirs du tribunal, lors de son procès, à Paris le 13 septembre 2021.

« Je ne cherche pas à semer l’embrouille entre vous », fait mine de s’excuser la présidente Isabelle Prévost-Desprez. Mais il semble clair, jeudi 15 septembre, au tribunal correctionnel de Paris, qu’Alexandre Benalla et son ex-supérieur direct François Xavier-Lauch, qui était alors chef de cabinet à l’Elysée – il dirige désormais le cabinet de Gérald Darmanin au ministère de l’intérieur – ne partiront pas en vacances ensemble.

Le tribunal se penche depuis deux jours sur le rôle d’Alexandre Benalla à l’Elysée, qui va l’amener à aller jouer les « observateurs » aux côtés des policiers parisiens le 1er mai 2018 ; mais aussi à obtenir, au prix de contorsions protocolaires voire d’un faux, plusieurs jeux de passeports tant diplomatiques que « de service », après sa mise à pied de mai 2018.

Le point de vue de M. Lauch, partie civile au procès, s’avère donc précieux. Du moins en théorie, car en pratique, les deux hommes ne sont d’accord sur rien ou presque. A commencer par leur rang respectif. En titre, Alexandre Benalla est chargé de mission et adjoint au chef de cabinet, affecté essentiellement à la gestion des déplacements en France du chef de l’Etat, sous les ordres de M. Lauch.

Mais selon son récit, son antériorité au côté de M. Macron, dont il gère les déplacements privés, lui confère un rôle à part, qui fait de l’ancien agent de sécurité presque l’équivalent du chef de cabinet. Au point de passer par-dessus sa tête à de nombreuses reprises.

« On n’a pas la même conception de la hiérarchie »

« J’ai beaucoup aidé François-Xavier à ses débuts, je l’ai accompagné », explique M. Benalla, qui insiste sur le fait que « M. Lauch n’a aucun pouvoir décisionnaire ». « Je suis très honoré de ce nouveau costume qu’il me taille. (…) On n’a pas la même conception de la hiérarchie », répond l’intéressé. Ambiance.

Lorsque Alexandre Benalla, à la suite d’un déplacement mouvementé en Guyane, juge qu’il a besoin de mieux « connaître ces situations » et demande à ses contacts policiers d’aller observer une opération de maintien de l’ordre, il ne prend pas la peine d’en parler à son supérieur, mais va directement s’adresser à l’échelon du dessus, celui du directeur de cabinet, Patrick Strzoda. « J’aurais apprécié d’être informé », regrette M. Lauch, qui s’estime « trahi » et s’interroge aussi sur l’intérêt de la démarche : « Je n’ai pas conçu son poste comme ayant à exercer des missions de police. »

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