Au Panthéon, Macron va esquisser un peu plus sa vision de la République – Le Monde

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Emmanuel Macron lors du défilé militaire du 14-Juillet, place de la Concorde à Paris.

Emmanuel Macron doit apporter, vendredi 4 septembre, une nouvelle touche à son tableau impressionniste. Celui d’un chef de l’Etat sans histoire politique qui esquisse depuis trois ans sa vision de la République, de la citoyenneté, de la laïcité, reprenant son travail par endroits, laissant des blancs à d’autres, quand certains (rares) pans de la fresque apparaissent, eux, figés pour de bon.

Vendredi, le locataire de l’Elysée était donc attendu au Panthéon pour un discours célébrant les 150 ans de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, par Léon Gambetta. Un événement destiné à valoriser, selon son entourage, des « figures emblématiques et exemplaires de l’histoire de la République », telles que Marie Curie, Joséphine Baker, Félix Eboué ou Gisèle Halimi, à l’occasion d’une cérémonie de naturalisation de cinq personnes, avec lesquelles le chef de l’Etat veut partager « ce que ça signifie d’être citoyen français en République ». L’occasion pour Emmanuel Macron de s’exprimer sur la République sociale, la sécurité, le séparatisme, et de donner un nouveau coup de pinceau à la construction de son identité politique. « Macron, c’est un produit qui n’est pas terminé, résume un de ses ministres. Il n’a que 42 ans, dans un pays tourneboulé par des crises multiples. »

Positions « assez ouvertes sur le multiculturalisme »

Lors de l’élection présidentielle de 2017, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande vantait, au cours d’une campagne se voulant positive, la capacité émancipatrice de la République. La promesse de lutter contre « l’assignation à résidence », plutôt que les harangues autoritaires. « Emmanuel Macron aborde plus la question de la République par le biais des aspirations de la société que celui des valeurs”, résume son ancienne « plume » et conseiller, Sylvain Fort. Il veut faire en sorte que la promesse républicaine, qui est la possibilité pour chacun de tenir sa place dans la société, soit accomplie, plutôt que d’être dans l’incantation d’un certain nombre de valeurs. » Contrairement à certains au sein du Parti socialiste, donc, Manuel Valls en tête, son rival durant la fin du dernier quinquennat, qui avait fait de la lutte contre l’islamisme et pour une laïcité stricte un de ses marqueurs.

Durant un meeting à Marseille, le 1er avril 2017, à trois semaines du premier tour, Emmanuel Macron saluait « les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Maliens » présents dans la salle ce soir-là, se plaçant en cela dans les pas de François Hollande, qui avait eu recours au même procédé dans la cité phocéenne lors de sa propre campagne, cinq ans plus tôt. En octobre 2016, dans Challenges, M. Macron défendait l’idée que « si le communautarisme, notamment religieux, a prospéré, c’est bien sur les ruines de nos politiques économiques et sociales » plus que sur un ferment idéologique.

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