Au commissariat de Rambouillet, une brève « scène d’horreur », et la peur qui s’installe – Le Monde

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Cordon de sécurité aux abords du commissariat où a eu lieu l’attaque au couteau, à Rambouillet (Yvelines), le 23 avril.

Depuis leur poste d’accueil situé au rez-de-chaussée du commissariat de Rambouillet (Yvelines), où travaillait Stéphanie M. depuis vingt-huit ans, ses collègues ont assisté, impuissants, à son assassinat. Aux alentours de 14 h 20, vendredi 23 avril, Jamel G., un ressortissant tunisien de 36 ans, a poignardé à la gorge la mère de famille de 49 ans après s’être engouffré à sa suite dans le sas de sécurité de l’hôtel de police.

La « scène d’horreur », selon un témoin, n’a pas duré plus de quinze secondes. Le temps pour les policiers de se précipiter au secours de la secrétaire mortellement blessée – chargée, notamment, de la gestion des statistiques liées aux contraventions elle, elle retournait à son bureau après s’être absentée pour renouveler son disque de stationnement –, de débloquer la porte du sas et, après deux tirs, de neutraliser « un assaillant toujours véhément ». L’arrivée des secours n’a pas permis de sauver Stéphanie M., mère de deux enfants de 13 et 18 ans.

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L’assassin, Jamel G., était un ressortissant tunisien de 36 ans, né en octobre 1984 dans l’est de la Tunisie. Inconnu des services de police comme de renseignement, il ne s’était signalé que par quelques contraventions pour son scooter et vivait discrètement dans une maison située en bordure de la D906, à l’écart du paisible centre-ville de Rambouillet, où réside également son père. Arrivé en France en 2009, il avait un temps vécu à Thiais (Val-de-Marne) avant de bénéficier, en 2019, d’une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d’une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu’en décembre 2021, selon le Parquet national antiterroriste (PNAT).

D’après l’Agence France-presse (AFP), l’homme aurait relayé sur son compte Facebook des posts dénonçant les prises de position de l’éditorialiste du Figaro Eric Zemmour et critiquant l’« islamophobie » avant, à compter d’avril 2020, de multiplier les références au Coran et à une pratique pieuse de l’islam. « Mais, précise une source policière, il n’était pas suivi pour une quelconque radicalisation ».

Les habitants choqués

En début d’après-midi, vendredi, Jamel G. avait été aperçu à proximité du commissariat de Rambouillet en train de consulter son téléphone portable, une attitude évoquant a posteriori des repérages avant de passer à l’action. Ce comportement – associé à une apparente préméditation et à un mode opératoire typique des attaques « low cost » menées ces dernières années par les terroristes djihadistes – a motivé la saisine du PNAT.

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