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Attentat à la Préfecture de police : Macron appelle la nation à se mobiliser face à « l’hydre islamiste » – Le Monde

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Hommage rendu aux victimes de l’attentat de la Préfecture de police de Paris, le 8 octobre.

Cinq jours après l’attentat ayant coûté la vie à quatre fonctionnaires de la Préfecture de police de Paris (PP) et l’attaquant, Emmanuel Macron a rendu hommage, mardi 8 octobre, aux victimes tués par leur collègue radicalisé.

Le chef de l’Etat, accompagné du premier ministre, Edouard Philippe, et des ministres de la justice, Nicole Belloubet, et des armées, Florence Parly, a prononcé un discours dans la cour de la préfecture au cours duquel il a promis un « combat sans relâche » « face au terrorisme islamiste », appelant « la nation toute entière » à « se mobiliser » face à « l’hydre islamiste ».

« Une société de vigilance. Voilà ce qu’il nous revient de bâtir. Savoir repérer au travail, à l’école, les relâchements, les déviations. Cela commence par vous, fonctionnaires, serviteurs de l’Etat. Faisons bloc, tous ici réunis face au terrorisme. Nous mènerons toujours le combat et à la fin nous l’emporterons, car nous avons cette force d’âme. Nous le faisons pour nos morts, pour nos enfants, nous le faisons pour la nation. »

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Avant ce discours du chef de l’Etat, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a remis la Légion d’honneur, à titre posthume, aux quatre victimes, Damien Ernest, Anthony Lancelot, Brice Le Mescam, Aurélia Trifiro.

« Déterminer ce qui n’a pas fonctionné »

Christophe Castaner a remis lors de cette cérémonie la Légion d’honneur, à titre posthume, aux quatre victimes.

Avant cet hommage solennel, Christophe Castaner été auditionné à 9 heures à huis clos avec son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez par la délégation parlementaire au renseignement. Ils ont répondu « avec un souci de précision et la volonté de nous donner les informations nécessaires », a déclaré à la presse à l’issue de l’audition Christian Cambon, président de la délégation.

Le ministre de l’intérieur répondra ensuite mardi en début d’après-midi aux députés lors des questions au gouvernement, puis lors d’une audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale à 17 h 30. La commission des lois du Sénat l’interrogera jeudi.

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« Notre mission de contrôle de l’action du gouvernement vise à déterminer ce qui n’a pas fonctionné, quels sont les dysfonctionnements qui ont malheureusement permis une telle tragédie », a expliqué lundi sur BFM-TV le sénateur Christian Cambon, président de la délégation parlementaire au renseignement.

Depuis l’attaque, de nombreuses voix dénoncent l’incurie des autorités et cherchent à comprendre comment Mickaël Harpon a pu passer sous les radars alors qu’il avait donné des signes de radicalisation au sein même de la direction du renseignement de la PP (DRPP) où il était employé.

Christophe Castaner lors de la cérémonie, mardi 8 octobre.

L’opposition, à droite et l’extrême droite, crie au « scandale d’Etat » et exige le départ du locataire de la place Beauvau. Une démission qu’a exclue Christophe Castaner tout en reconnaissant un « dysfonctionnement d’Etat ». La commission d’enquête, réclamée par les Républicains, sera mise en place « dès la semaine prochaine », a annoncé mardi le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. « Je vais répondre à Christian Jacob qui portera sa demande au nom de son groupe évidemment favorablement puisque chacun a un droit de tirage » pour la création d’une commission d’enquête une fois par session, a annoncé M. Ferrand sur Cnews.

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Failles dans le système d’alerte

Selon un rapport interne de la DRPP, Mickael Harpon, qui était habilité secret-défense, aurait déclaré à deux collègues au sujet de l’attentat en janvier 2015 contre Charlie Hebdo : « c’est bien fait. » Mais ces derniers n’ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie.

« Il n’y a pas eu d’alerte au bon niveau, au bon moment », a accusé le ministre, ajoutant que « les signaux d’alerte auraient dû être suffisants pour déclencher une enquête en profondeur », alors que l’assaillant était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance « islamiste salafiste ».

Deux enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale du renseignement ont été ouvertes par le premier ministre, Edouard Philippe, pour comprendre ces failles dans le suivi de M. Harpon.

Sans attendre les conclusions, espérées pour la fin octobre, Christopher Castaner a tenté d’éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais « l’objet d’un signalement automatique », sans plus de précisions.

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Recherche de complices

Sur le front de l’enquête menée par les services antiterroristes, l’épouse de Mickaël Harpon a été relâchée dimanche soir à l’issue de trois jours de garde à vue, sans être poursuivie à ce stade.

Les enquêteurs cherchaient d’éventuels éléments incriminant cette mère de deux enfants qui s’était inquiétée « du comportement inhabituel et agité » de son époux la veille de l’attaque et avait échangé avec lui 33 SMS le matin des faits.

Outre la recherche d’éventuels complices dans les milieux radicaux, les enquêteurs tentent d’éclaircir la nature des informations auxquelles l’assaillant a pu avoir accès à la préfecture, où il travaillait depuis 2003 comme informaticien. Le secrétaire d’Etat à l’intérieur, Laurent Nunez, a écarté « à ce stade » l’hypothèse selon laquelle il aurait fait partie d’une cellule djihadiste.

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