Après avoir été interrogé mardi par la délégation parlementaire au renseignement puis par la commission des lois de l’Assemblée nationale, le ministre de l’intérieur est attendu jeudi devant les sénateurs, une semaine après l’attentat qui a fait quatre morts.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 08h56, mis à jour à 10h27

Temps de Lecture 2 min.

Après l’attentat à la Préfecture de police de Paris qui a provoqué la mort de quatre fonctionnaires, jeudi 3 octobre, Christophe Castaner est sous le feu des critiques. Après avoir été interrogé mardi par la délégation parlementaire au renseignement puis par la commission des lois de l’Assemblée nationale, le ministre de l’intérieur est auditionné jeudi 10 octobre au Sénat, accompagné du secrétaire d’Etat Laurent Nunez.

Depuis l’attaque, de nombreuses voix accusent les autorités et cherchent à comprendre comment Mickaël Harpon a pu passer sous les radars. Selon le ministère, il avait donné des signes de possible radicalisation au sein même de la Direction du renseignement de la PP (DRPP) où il était employé.

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Sous les radars

Selon un rapport interne de la DRPP, Mickaël Harpon, qui était habilité secret défense, aurait déclaré à deux collègues « c’est bien fait », au sujet de l’attentat en janvier 2015 à Charlie Hebdo. Mais ces derniers n’ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie. « La forme du signalement n’est pas l’élément le plus déterminant, a précisé aux sénateurs Laurent Nunez. Un signalement oral doit être pris en compte, mais un signalement écrit, c’est mieux. » « On réfléchira à imposer ou pas un caractère écrit », a-t-il ajouté.

« Il n’y a pas eu d’alerte au bon niveau, au bon moment, a tranché Christophe Castaner. Les signaux d’alerte auraient dû être suffisants pour déclencher une enquête en profondeur. »

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L’une des questions qui se posent également est celle des documents relevant de la sécurité nationale auxquels l’informaticien, habilité secret-défense, a pu avoir accès. Pour répondre à cette question, les sénateurs ont exprimé leur souhait d’avoir accès à la fiche de poste du tueur. « Je crois qu’on doit pouvoir vous [la] communiquer » a indiqué d’abord Christophe Castaner, avant d’être interrompu par son secrétaire d’Etat, indiquant qu’« elle est forcément classifiée ». Le ministre de l’intérieur a finalement suggéré de la communiquer à la délégation parlementaire au renseignement, habilitée, elle, à lire des documents classifiés.

Deux enquêtes en cours

L’assaillant s’était converti à l’islam il y a une dizaine d’années et fréquentait la mouvance « islamiste salafiste », selon les enquêteurs, qui s’interrogent aussi sur d’éventuels problèmes psychologiques vu son « comportement inhabituel et agité » la veille de l’attaque.

Deux enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale du renseignement ont été ouvertes par le premier ministre, Edouard Philippe. Sans attendre les conclusions, Christopher Castaner a tenté d’éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais « l’objet d’un signalement automatique », sans plus de précisions.

Devant les sénateurs, Christophe Castaner a annoncé une augmentation des moyens de l’équipe gérant les signalements : « l’objectif est d’avoir un service national des enquêtes administratives de sécurité qui soit à 67 agents fin 2020 ». Un effectif jugé « insuffisant » par la sénatrice EELV Esther Benbassa, qui avait interrogé le ministre sur le sujet. « L’objectif n’est pas, à ce stade, de cribler l’ensemble des fonctionnaires, a précisé Laurent Nunez. On se concentre sur ceux qui exercent des missions de sécurité ».

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