Attaque du Thalys : Le tireur reconnaît « l’ensemble des faits », avant de se retracter – 20 Minutes

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Des propos assez flous de la part du principal suspect — Virginia Mayo/AP/SIPA

Il était monté dans le train armé d’une kalachnikov et près de 300 munitions : au premier jour de son procès devant la cour d’assises spéciale à Paris, le tireur du Thalys neutralisé par des passagers a reconnu qu’il comptait commettre un attentat de masse, avant de se rétracter et de maintenir qu’il ne visait que les soldats américains qui l’ont maîtrisé.

« Vous reconnaissez l’ensemble des faits ? », lui demande le président en début d’après-midi. « Oui, l’ensemble », répond Ayoub El Khazzani, Marocain de 31 ans, chemise en jean bleue ouverte sur un tee-shirt blanc, cheveux noirs attachés en petit chignon. Deux heures plus tard, il change d’avis. « C’était pas pour massacrer, c’était pour les soldats américains », dit-il, provoquant l’exaspération du président. « Je vous ai posé trois fois la question », souligne le magistrat, demandant à nouveau à El Khazzani, qui insiste pour s’exprimer en français – hésitant – de ne pas se priver de l’interprète pour que ses explications soient « plus fluides ».

Chant djihadiste et caméra

Pendant la matinée, le président était longuement revenu sur la journée du 21 août 2015 et la préparation de cet attentat, piloté par le coordinateur des attaques du 13-Novembre, Abdelhamid Abaaoud, avec qui El Khazzani était arrivé en Europe depuis la Turquie.

A bord du Thalys Amsterdam-Paris, El Khazzani était sorti des toilettes, torse nu, kalachnikov en bandoulière, après avoir écouté un chant djihadiste sur son téléphone et vérifié que sa caméra marchait bien, pour diffuser une vidéo de l’attaque comme lui avait demandé Abaaoud, rappelle le président.

« Je suis désolé pour les victimes »

Il avait tiré au pistolet sur un passager qui lui avait arraché sa kalachnikov, le blessant gravement, avant d’être maîtrisé par d’autres, dont deux militaires américains en vacances. Aux enquêteurs, il avait expliqué que ses cibles désignées étaient les Américains uniquement, assurant qu’il savait qu’ils étaient militaires malgré leur tenue de vacanciers. « Je suis désolé pour les victimes », « je suis hanté », dit El Khazzani.

Interrogé pendant l’après-midi sur son parcours avant l’attentat, il a raconté son enfance au sein d’une fratrie de six au Maroc, où son père tenait un club d’athlétisme, avant d’émigrer en Espagne. El Khazzani, 18 ans, se met à consommer de la cocaïne et vendre de la drogue à Madrid ; il est arrêté plusieurs fois. Il découvre ensuite la religion via son grand frère, qui sera expulsé d’Espagne « pour des propos virulents anti-Occident », souligne le président.

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