Attaque du commissariat de Champigny : Quatre questions qui se posent après les violences de samedi soir – 20 Minutes

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Quatre questions autour de l’attaque de Champigny-sur-Marne — JOHN SPENCER
  • Le commissariat de Champigny-sur-Marne a été attaqué aux mortiers par une quarantaine d’individus dans la nuit de samedi, sans qu’il n’y ait de blessé.
  • Un évènement qui déclenche une indignation nationale, mais soulève aussi de nombreux questionnements sur le déroulé, les causes et les conséquences de cette attaque.
  • 20 Minutes fait le point sur ce que l’on en sait ce dimanche soir.

Ce samedi dans la nuit, le commissariat de Champigny-sur-Marne a été attaqué aux mortiers par une quarantaine d’individus. Aucun blessé n’est à déplorer malgré les dommages infligés au bâtiment et aux véhicules de police sur place.

Cette attaque, qui a déclenché une indignation nationale, est encore entourée de nombreux mystères et interrogations. 20 Minutes essaie de répondre à quatre questions autour de cet évènement.

Que s’est-il passé ?

« Des policiers fumaient devant le commissariat lorsqu’ils sont arrivés. Une quarantaine d’hommes équipés, armés, préparés, et qui voulaient en découvre avec du flic. Ils sont arrivés de toute part, de face, de côté, pour encercler la totalité du commissariat. C’était quasiment un assaut militaire », décrit Ludovic Magnès, de l’UNSA Police 94 (Val-de-Marne), interrogé par 20 Minutes au lendemain de l’attaque.

Samedi soir, le commissariat a été attaqué aux tirs de mortiers d’artifice, trois jours après une violente agression de deux policiers dans le Val-d’Oise. L’attaque n’a pas fait de blessés, même s’il en est fallu de peu. « Les policiers ont juste le temps d’ouvrir la porte blindée et de s’enfermer. Des trous ont quand même été repérés dans plusieurs vitres soi-disant blindées du bâtiment et qui ont pété sous les tirs », s’indigne Ludovic Magnès. Malgré ses dommages, les assaillants ne sont pas réussis à rentrer.

« Ils se sont alors déchaînés avec les mortiers en visant les étages et en cassant les voitures, avant de se disperser avec l’arrivée des renforts. »

Pourquoi cette attaque ?

Selon le maire DVD de la ville Laurent Jeanne, joint par l’AFP, l’origine de ces tensions, dans un quartier de 10.000 habitants en proie au trafic de drogue, n’était pas claire : « On est sur un quartier de reconquête républicaine, est-ce que ça dérange ? Possible ». La tension a également pu naître, selon lui, après un récent accident de scooter dans le quartier dont « la responsabilité a été imputée à la police nationale alors que ce n’est pas avéré ».

En avril, ce commissariat, le seul de cette commune de plus de 77.000 habitants, avait déjà été la cible, à une moindre échelle, de tirs de mortiers d’artifice mais « c’était juste des jeunes qui avaient du mal à vivre le confinement », a rappelé l’élu. « Là, on est sur quelque chose de complètement différent : on a voulu attenter à l’intégrité physique de deux policiers », a estimé l’édile, disant sa « sidération » face à ces actes.

Ludovic Magnès, lui, faisait part de son étonnement suite à cette attaque « D’habitude, dans ce genre de quartier de trafic de drogue, les jeunes évitent de s’en prendre au flic pour ne pas attirer le regard et les perquisitions sur leurs activités. Peut-être était-ce une façon de dire aux policiers de rester chez eux et de ne surtout pas intervenir justement ».

Des CRS seront envoyés, même si Ludovic Magnès se désespère un peu : « La dernière fois, alors qu’une trentaine de CRS étaient intervenus dans la ville, l’un d’eux s’est fait agresser. Vous vous rendez compte ? Même les CRS ne leur font plus peur… »

Comment vont les policiers ?

S’il n’y a pas eu de blessés physiques, « les policiers présents et ceux du commissariat sont en état de choc », assure Ludovic Magnès. Pour les policiers présents cette nuit-là, « il y a eu une vraie peur de mourir. Ils étaient encerclés, le commissariat est enclavé dans la cité, s’ils sortaient par l’extérieur, il y avait encore cinquante mètres de parking à traverser sous les tirs des mortiers. Si la porte n’avait pas tenu… »

Il se désole d’ailleurs du manque de soutien psychologique. « Aucune cellule psychologique n’a été ouverte et ce matin, parmi toutes les personnes présentes sur les lieux, je n’ai vu aucun psychologue. »

Que va-t-il se passer ensuite ?

Une enquête de flagrance, désormais confiée à la Sûreté territoriale du Val-de-Marne, a été ouverte pour « violences en réunion avec arme sur personnes dépositaire de l’autorité publique » et « dégradations de biens publics et de biens privés », a précisé le parquet de Créteil à l’AFP, indiquant que parmi les véhicules endommagés figuraient deux voitures de police.

Une personne a été placée en garde à vue ce dimanche à Champigny-sur-Marne​ samedi soir, mais elle n’a aucun lien établi avec les incidents de la veille, a annoncé le Parquet. Pour le moment, aucune interpellation liée à ces évènements n’a donc eu lieu.

Les syndicats de policiers attendent des annonces fortes du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qu’ils rencontrent mardi. « Il est grand temps que le gouvernement se saisisse des violences commises contre les forces de l’ordre (…) Plus personne ne respecte les forces de l’ordre », a réagi ce dimanche Frédéric Lagache, délégué général d’Alliance.

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