Attaque de Colombes : évaluation en cours par le parquet national antiterroriste – Le Parisien

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Youssef T., l’automobiliste de Colombes (Hauts-de-Seine) qui a foncé en voiture sur des policiers lundi, a-t-il un profil terroriste ou psychiatrique? C’est ce que doit évaluer ce mardi le parquet national antiterroriste (PNAT). Selon nos informations, les magistrats antiterroristes attendaient le retour des perquisitions effectuées au domicile du suspect dans la nuit et l’expertise psychiatrique diligentée par le parquet de Nanterre lundi soir pour se saisir ou non du dossier.

Le jeune homme de 29 ans, qui a blessé deux motards de la police en évoquant notamment le groupe Etat islamique (EI), a des antécédents psychiatriques. En 2012, il avait fait l’objet d’une crise et avait été hospitalisé. C’est pour cette raison que les magistrats cherchent à savoir s’il n’a pas agi dans un accès de démence ou dans un délire schizophrène.

VIDÉO. Colombes : un automobiliste fonce sur des policiers, deux blessés

Lors de son interpellation, l’assaillant a affirmé entendre des voix et déclaré avoir volontairement percuté les policiers en représailles à la situation en Palestine. Il a aussi évoqué clairement agir au nom de l’Etat islamique. Comme nous l’avons révélé lundi, les policiers ont retrouvé à l’intérieur de son véhicule plusieurs couteaux et une lettre manuscrite d’une page, dans laquelle il explique son geste et évoque clairement son allégeance à l’organisation terroriste.

Délire psychiatrique ou idéologie construite ?

« Reste à savoir si l’assaillant se vit idéologiquement comme un terroriste parce qu’il est dans un délire psychiatrique ou s’il a une idéologie réellement construite avec des signes de radicalisation », observe une source proche du dossier.

Selon nos informations, les perquisitions au domicile du suspect n’ont pas permis de trouver d’éléments démontrant sa radicalisation et des liens avec une quelconque organisation terroriste ou d’éventuels complices. Le téléphone de l’assaillant ainsi que des supports informatiques découverts chez lui sont en cours d’analyse.

Le jeune homme, né à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), n’est pas fiché S, ni connu des services de renseignement. Youssef T. était simplement connu de la police pour des violences commises en 2014. Par ailleurs, son entourage n’évoque aucun signe extérieur de radicalisation. « On ne l’a même jamais vu dans la salle de prière attenante à son immeuble », nous a confié, lundi, un de ses voisins.

Des radicalisés au profil psychologique fragile…

Le profil de Youssef T. incarne la principale hantise des services de renseignement : inconnu au titre de la radicalisation mais avec des troubles psychologiques, et sans doute une frustration personnelle et une réceptivité aux discours extrémistes. Des caractéristiques qui rendent le passage à l’acte imprévisible. Les dernières attaques terroristes ont toutes été commises par des individus isolés, radicalisés au profil psychologique fragile.

L’enquête confiée pour l’instant à la Crim et au service départemental de la police judiciaire des Hauts-de-Seine se poursuit. Avant que l’assaillant fonce sur les motards et le véhicule de la police municipale, un conducteur de scooter avait pris la fuite pour échapper à un contrôle. Les enquêteurs cherchent à retrouver ce conducteur afin d’écarter toute trace de complicité. Par ailleurs, plusieurs auditions dans l’entourage et le voisinage du suspect, ont eu lieu, et pour certaines sont encore en cours, pour comprendre la personnalité de Youssef T.

Le premier policier, Benjamin F., grièvement blessé à la tête et aux jambes, est jugé encore préoccupant, même si ces jours ne sont plus en danger. Le second, Antoine D., atteint au bassin, et aux péronés, est sorti totalement d’affaire.

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