Attaque à Paris : six gardes à vue en cours, les enquêteurs cherchent à authentifier une vidéo – Le Monde

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A Paris, le 25 septembre, à proximité des anciens locaux du journal « Charlie Hebdo », peu après l’attaque.

Près de quarante-huit heures après l’attaque au hachoir à Paris, l’enquête antiterroriste se poursuivait, dimanche 27 septembre, autour du parcours du principal suspect qui a reconnu vouloir s’en prendre à la rédaction de Charlie Hebdo.

Les enquêteurs s’intéressent tout d’abord à l’identité de celui que le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a qualifié dès vendredi d’« auteur principal » de l’attaque, qui a fait deux blessés graves devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : cet homme se présente comme Hassan A., âgé de 18 ans, né à Mandi Bahauddin, au Pakistan.

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Inconnu des services spécialisés sous cette identité, l’homme « parle un peu le français, mais bénéficie d’un traducteur en ourdou pour sa garde à vue », selon une source proche de l’enquête. L’identité d’Hassan A. correspond à celle d’un jeune homme entré en France encore mineur, il y a trois ans.

Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance dans le Val-d’Oise jusqu’à sa majorité en août dernier, il n’aurait présenté « aucun signe de radicalisation », selon le conseil départemental. Il avait fait l’objet d’un rappel à la loi en juin pour le port d’une arme blanche, un tournevis ou une feuille de boucher, selon les sources. Selon une source proche de l’enquête, Hassan A. envisageait de se lancer dans une formation aux métiers du bâtiment.

Deux des domiciles présumés de ce principal suspect, présenté comme « itinérant », ont été perquisitionnés vendredi, un hôtel social situé à Cergy (Val-d’Oise) et un deux-pièces à Pantin (Seine-Saint-Denis) meublé de plusieurs lits superposés. Des matériels (ordinateurs, téléphones) ont été saisis.

Une vidéo en cours d’authentification

Autre question centrale pour les enquêteurs : le mobile de cette attaque. En plein procès de l’attentat meurtrier de janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique, l’homme « assume son acte » qui visait Charlie Hebdo, expliquent des sources proches de l’enquête. Le suspect pensait que l’hebdomadaire se trouvait toujours dans les locaux du 11e arrondissement, selon l’une de ces sources, d’après qui cette attaque intervient « dans le contexte de la republication des caricatures [du prophète Mahomet], qu’il n’a pas supportée ».

Les enquêteurs s’intéressent ainsi à une vidéo de l’assaillant, un élément révélé samedi par l’hebdomadaire Le Point, confirmant le caractère prémédité de l’acte. Dans ce document de deux minutes, qui a circulé dans le week-end sur les réseaux sociaux, l’homme qui se présente comme « Zaheer Hassan Mehmood » revendique son geste à venir, sans faire allégeance à une quelconque organisation, et l’explique par « les caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites ».

« Aujourd’hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner », ajoute-t-il, revendiquant avoir pour « guide » le mollah Ilyas Qadri, chef de file de Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d’inspiration soufie, basé au Pakistan.

« Tout laisse à penser qu’il a agi seul »

Enfin, comme toujours dans ce type d’enquêtes, les services antiterroristes vérifient l’entourage du principal suspect afin de comprendre son « environnement », selon la source proche du dossier, car « tout laisse à penser qu’il a agi seul ».

En fin de journée dimanche, six gardes à vue étaient encore en cours : l’homme se présentant comme Hassan A., trois anciens colocataires de son appartement de Pantin, son petit frère et une connaissance.

Parmi les cinq gardes à vue déjà levées, celle de « Youssef », dès vendredi soir. Cet Algérien de 33 ans, initialement considéré comme suspect a raconté au Monde samedi et sur TF1 dimanche comment il s’est retrouvé en garde à vue alors qu’il avait en réalité tenté d’arrêter Hassan A. : « Je voulais être un héros, je me suis retrouvé derrière les barreaux. »

Témoignage : Attaque à Paris : Youssef, le « deuxième suspect », mis hors de cause, raconte comment il a tenté d’arrêter l’assaillant

« Il faut resserrer encore les mailles du filet »

Dimanche, l’ex-secrétaire d’Etat à l’intérieur Laurent Nuñez, devenu patron de la « task force » antiterroriste de l’Elysée, a estimé dans un entretien à l’AFP que « nous améliorons la détection » en la matière, mais « il faut resserrer encore les mailles du filet ».

L’actuel ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a lui évoqué son devoir supposé de « rappeler la réalité aux Français » et estimé dimanche que ceux-ci et leurs dirigeants avaient « peut-être (…) collectivement » mis derrière eux la réalité du « terrorisme islamique », lors d’une visite de synagogue à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) pour la fête juive de Yom Kippour.

Pour le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, qui s’exprimait samedi soir sur France 2, « il y a le terrorisme très structuré » que les services « surveillent de très près », « et puis il y a ce terrorisme-là ». Pour l’ancien avocat, « le terrorisme low cost, c’est votre voisin à qui vous dites bonjour tous les jours, qui ressemble à monsieur tout le monde et qui passe à l’acte sans qu’il y ait un certain nombre d’éléments extérieurs permettant de penser qu’il va passer à l’acte ».

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Le Monde avec AFP

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