Attaque à l’arme blanche à Paris : « Malheureusement on s’habitue à tout », avouent les riverains – 20 Minutes

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Des policiers déployés après l’attaque dans le 11e arrondissement de Paris, le 25 septembre 2020. — Lewis Joly/AP/SIPA
  • Une attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo a fait deux blessés graves vendredi.
  • Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête.
  • Dans le quartier, les habitants et commerçants sont plutôt fatalistes.

Ce vendredi, il y avait comme un sale air de déjà-vu boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e arrondissement de Paris. Des sirènes, des policiers déployés en nombre, et un quartier partiellement bouclé après une attaque rue Nicolas-Appert qui a fait deux blessés graves, deux salariés de la société de production Premières Lignes qui travaille notamment pour Cash Investigation. Le tout juste à côté des anciens locaux de Charlie Hebdo. Dans les rues, le souvenir de la tuerie perpétrée par les frères Kouachi en janvier 2015, et dont les complices présumés sont jugés en ce moment à Paris, est encore vif.

« C’est incompréhensible de s’en prendre à des gens comme ça », assène Youri*, un agent de sécurité qui travaille à quelques pas du lieu de l’agression. Cet ancien légionnaire, qui a vu « bien pire » pendant la guerre du Golfe et en Yougoslavie, n’en revient pourtant pas « que la France subisse autant d’attaques terroristes ». Même incompréhension pour Bruno. Derrière le comptoir de sa quincaillerie désertée par les clients et où des personnes étaient venues se réfugier en 2015, il regrette « un mauvais scénario qui se répète encore et encore ».

« Ce sont encore des illuminés »

« On a le droit de passer tout droit là ? » « Non Monsieur, vous faites le tour s’il vous plaît, c’est bouclé. » Un peu déboussolé par tous les policiers en arme qui lui barrent le passage, Gilbert cherche son chemin dans les petites rues pour se rendre chez son ostéopathe. « On a vécu Charlie, là ce sont encore des illuminés » souffle cet habitant de longue date du quartier, avant de se montrer fataliste : « de toute façon, ici ou ailleurs, partout où on peut aller, on peut toujours tomber sur quelqu’un qui vous met un coup de couteau ».

« C’est triste de voir que l’histoire se répète », concède Guillaume, employé dans une poissonnerie située à une centaine de mètres de l’attaque. Malgré la violence de l’acte, il confie ne pas avoir été trop stressé : « J’étais beaucoup plus inquiet quand les “gilets jaunes” défilaient et que certains cassaient des boutiques. Aujourd’hui [vendredi], il y avait plein de policiers qui se sont déployés dans la rue, c’était impressionnant mais je me sentais plus en sécurité. »

« Une violence gratuite »

Un flegme que ne partage pas François, qui approvisionne en vin des restaurants du quartier. « On en a marre, ces attaques sont inconcevables, s’énerve-t-il. Des amis qui étaient au Bataclan sont traumatisés à vie. Je ne comprends pas qu’on ne mette pas toutes les personnes dangereuses hors d’état de nuire. C’est une violence totale et gratuite. »

Par précaution, les élèves des écoles du 11e arrondissement ont été confinés quelques heures ce vendredi. C’était notamment le cas de ceux scolarisés à l’école élémentaire Froment, juste à côté du boulevard Richard-Lenoir. Les grilles de l’établissement sont restées fermées jusqu’à 15h30, puis se sont levées pour que les parents puissent venir récupérer leurs bambins qui avaient vécu un drôle d’après-midi. Yoann, venu chercher ses deux filles âgées de 6 et 10 ans, restait stoïque face à la nouvelle attaque qui a touché le quartier : « On n’a pas paniqué, les enfants font des exercices attentat régulièrement et sont bien protégés. On aurait préféré ne pas être habitués, mais malheureusement on s’habitue à tout. »

*A la demande de certaines personnes, les prénoms ont été changés.

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