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Attaque à la préfecture de police de Paris : pourquoi le parquet national antiterroriste a-t-il été saisi ? – franceinfo

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L’enquête a été reprise vendredi, sous les qualifications “d’assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste”, mais aussi pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. 

Quelles sont les raisons qui ont poussé Mickaël H., un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris, à mener une attaque au couteau tuant quatre de ses collègues jeudi 3 octobre ? Lors d’un point-presse, vendredi en début d’après-midi, le préfet de police, Didier Lallement, a annoncé n’exclure “aucune hypothèse”Quelques heures plus tard, le parquet national antiterroriste (Pnat) a été saisi. 

L’enquête, jusqu’alors entre les mains du parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications “d’assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste”, ainsi que pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, a annoncé le Pnat vendredi. Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle, à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en co-saisine, a précisé le parquet national antiterroriste. 

Franceinfo fait le point sur les derniers développements de l’enquête, qui ont amené à une saisie du Pnat. 

“Allah” lui aurait “dit d’agir”

L’épouse de l’assaillant, placée en garde à vue, a évoqué devant les enquêteurs de la brigade criminelle le “comportement inhabituel et agité” de son mari la veille de son passage à l’acte, a indiqué une source proche du dossier. 

La nuit précédant l’attaque, Mickaël H. a déclaré à sa femme avoir eu des visions et entendu des voix, a appris franceinfo de source proche de l’enquête. Ses propos étaient “incohérents”, a précisé sa femme en garde à vue. L’assaillant a déclaré à sa compagne qu’Allah lui avait parlé et lui avait demandé d’agir, a appris France Télévisions de source policière. 

Un policier habitant dans l’immeuble où vit le couple a également déclaré avoir entendu “Allah akbar” (“Dieu est le plus grand”), a appris France Télévisions de source policière. 

Des SMS le matin de l’attaque

Le lendemain matin, selon les informations de France Télévisions, Mickaël H. est mutique, prostré dans le service de la préfecture où il travaille, le service informatique de la Direction du renseignement (DRPP). 

L’assaillant sort alors de la préfecture de police et part acheter un couteau. D’après les informations du Parisien confirmées de source proche à franceinfo, les investigations révèlent que Mickaël H. a adressé à sa femme un SMS évoquant cet achat d’un couteau. Elle lui a répondu : “Seul Dieu te jugera”

Une proximité avec des salafistes

Les enquêteurs ont poursuivi vendredi leur analyse du téléphone portable de l’auteur de l’attaque. Selon les informations de France Télévisions, plusieurs contacts de proches de salafistes y ont été retrouvés. 

“Les enquêteurs ont saisi un téléphone portable dans lequel ses contacts et ses échanges avec des salafistes ne faisaient que très peu de doute quant à ses intentions terroristes”, explique la journaliste de France 3 Nathalie Perez. 

L’assaillant a “valorisé” l’attentat de “Charlie Hebdo”

Selon les informations du service police-justice de franceinfo, l’assaillant a également “valorisé” l’attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, qui a fait 12 morts. 

Un policier de la préfecture de police s’est manifesté à ce sujet après l’attaque jeudi, selon les informations de France Télévisions. Il assure avoir alerté sa hiérarchie juste après les attentats de Charlie Hebdo, car Mickael H. avait déclaré que “c’était bien fait”. A ce stade, les enquêteurs n’ont pas trouvé trace d’un signalement fait à la hiérarchie. D’après les enquêteurs, ce témoignage est le seul recueilli auprès des collègues de l’assaillant et évoquant une radicalisation. Son entourage professionnel assure pour le moment qu’aucun signe ne montrait qu’il était radicalisé. 

La garde à vue de son épouse a été prolongée. Elle pourrait durer 96 heures au total. Le frère et la sœur de Mickaël H. ont eux aussi été entendus jeudi après-midi, en audition libre, a appris franceinfo de source proche de l’enquête. 

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