Attaque à la préfecture de police de Paris : le parquet national antiterroriste saisi – Le Figaro

Spread the love

Des fréquentations de l’assaillant présentées comme appartenant à la mouvance salafiste intriguent notamment les enquêteurs qui cherchent à comprendre les motivations de cet informaticien de la préfecture de police de Paris qui a tué à coups de couteau quatre fonctionnaires avant d’être abattu.

Au lendemain de l’attaque à la préfecture de police qui a fait quatre morts en plus de l’assaillant, le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête, ce vendredi 4 octobre. L’enquête, diligentée jusqu’alors par le parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications d’«assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste», ainsi que pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», a précisé le PNAT. Cela renforce l’hypothèse d’une radicalisation de l’assaillant, converti à l’islam depuis 18 mois.

» LIRE AUSSI – Attaque à la préfecture de police: qui sont les victimes?

Des fréquentations de Mickael H. présentées comme appartenant à la mouvance salafiste intriguent notamment les enquêteurs de la brigade criminelle, selon des sources concordantes. Peu après l’attaque, jeudi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait indiqué que cet employé atteint de surdité «n’avait jamais présenté de difficultés comportementales» ni «le moindre signe d’alerte».

Cet homme de 45 ans né en Martinique, aux Antilles françaises, a semé la mort jeudi au sein de la préfecture de police, située dans le centre historique de la capitale française, près de la cathédrale Notre-Dame, et qui regroupe plusieurs grandes directions de la police parisienne. Il a tué à coups de couteau quatre fonctionnaires avant d’être abattu, une attaque inédite qui a frappé le cœur d’une institution policière en crise.

L’épouse de l’assaillant, dont la garde à vue a été prolongée vendredi, a évoqué devant les enquêteurs le «comportement inhabituel et agité» de son mari la veille de son passage à l’acte, selon une source proche du dossier. Les perquisitions menées au domicile du couple à Gonesse, en région parisienne, n’ont pas révélé d’éléments accréditant l’hypothèse d’une radicalisation de l’assaillant, en poste depuis 2003 à la préfecture de police, où il était affecté à la direction du renseignement, a précisé cette source. Le matériel informatique saisi était en cours d’examen ce vendredi.

» LIRE AUSSI – Attaque à la préfecture de police de Paris : l’agent qui a neutralisé l’assaillant venait d’intégrer la police

«Notre lucidité de policier nous amène à n’exclure strictement aucune hypothèse», a déclaré Didier Lallement, le préfet de police de Paris, devant les médias. L’hypothèse djihadiste n’est «évidemment pas écartée», a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur Franceinfo, tout en mettant en garde contre les «fake news». «Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est terroriste. Donc le fait qu’on se convertisse à l’islam n’est pas un signe automatique de radicalisation», a-t-elle insisté.

«Un certain complexe»

Muni d’un couteau de cuisine, Michaël H. a d’abord tué deux policiers et un agent administratif, dans deux bureaux au premier étage du bâtiment, selon une source proche de l’enquête. Il s’en est ensuite pris, dans un escalier, à deux femmes: une policière et une employée à la direction du personnel. La première a été mortellement blessée, la seconde conduite à l’hôpital. Michaël H. est ensuite descendu dans la cour, où il a été abattu. Un autre fonctionnaire a été blessé.

» LIRE AUSSI – À la préfecture de police, une émotion pudique succède à la stupeur

Interrogé par l’AFP, un proche de Mickaël H. a fait part de son «incompréhension» après l’acte meurtrier commis par son ami avec qui il fréquentait la mosquée de Gonesse. «Il m’a parlé de son manque d’évolution professionnelle, lié à son handicap, il avait un certain complexe», a affirmé cet homme prénommé Adelaziz, secrétaire adjoint de l’association musulmane de Gonesse.

La direction du renseignement, à laquelle l’assaillant était rattaché, est l’héritière des ex-renseignements généraux de la préfecture de Paris. Compétente sur la capitale et sa proche banlieue, elle a notamment pour mission le recueil du renseignement sur la radicalisation djihadiste.

Leave a Reply