AstraZeneca : l’Agence du médicament maintient sa recommandation, le vaccin doit être réservé aux plus âgés – Le Monde

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Le vaccin AstraZeneca.

Pas de changement de cap pour les vaccins à adénovirus. Dans un avis rendu public mercredi 12 mai, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a confirmé la position arrêtée jusqu’ici par les autorités sanitaires françaises : les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson doivent continuer à être délivrés aux « populations les plus âgées » chez qui le rapport bénéfice/risque est « particulièrement marqué ». La vaccination des plus de 55 ans « peut être maintenue », indique l’agence. En revanche, « les experts émettent des réserves quant à l’utilisation des vaccins à vecteur adénoviral chez les plus jeunes au vu du risque de complication liée à une thrombose avec thrombopénie et du bénéfice individuel attendu plus limité ».

Cette position a été arrêtée par l’ANSM à la suite de trois réunions tenues par un « comité scientifique temporaire » (CST) constitué de membres de l’agence et d’une quinzaine de spécialistes extérieurs, chercheurs, cliniciens et associations d’usagers. Face aux accidents intervenus chez des sujets qui avaient été vaccinés avec le produit du laboratoire anglo-suédois, ce comité s’était fixé pour mission tout à la fois d’éclairer les mécanismes à l’origine de ces thromboses atypiques, d’identifier les facteurs de risques et les mesures de préventions possibles, et enfin d’examiner les rapports bénéfice/risques attendus pour en tirer des recommandations. Trente cas de thromboses atypiques ont été dénombrés en France, dont neuf décès.

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Les experts confirment que le mécanisme « le plus vraisemblable » de ces thromboses, localisées dans le cerveau et l’abdomen, et présentant une mortalité élevée, entre 20 et 30 %, « est une réaction auto-immune liée à la présence d’anticorps dirigés conte une protéine des plaquettes ». L’origine précise de cette réaction, qui intervient entre le 4e et le 28e jour suivant la vaccination, « est encore inconnue », indique l’ANSM. Mais les experts privilégient clairement un suspect : l’adénovirus. « Si le problème venait de la protéine Spike qui sert d’antigène, on aurait dû observer ces thromboses atypiques avec les vaccins à ARN messager, ce n’est pas le cas, indique le pharmacologue Pierre Démolis, conseiller scientifique auprès de l’ANSM et président du CST. Elles ne sont apparues en Europe qu’après l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca et aux Etats-Unis avec celui de Johnson & Johnson. Or tous deux utilisent un vecteur adénoviral. »

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