Après ses difficultés avec le 10 nm, Intel n’avait pas besoin d’un nouveau délai sur le 7 nm

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annoncé à la fin de la semaine dernière. Il y a à peine un an, Intel résolvait enfin les difficultés qui avaient freiné la mise en place de son processus de gravure 10 nm. Mais nous savons désormais que le premier processeur 7 nm ne sortira qu’au début 2023. Et tout comme les processeurs 10 nm, le 7 nm commencera à être diffusé dans les centres de données.

Le PDG d’Intel, Bob Swan, a déclaré la semaine dernière que le 7nm avait 12 mois de retard et que la société pourrait envisager d’utiliser des fonderies externes pour rester sur sa feuille de route. Il a également déclaré qu’Intel envisageait d’utiliser davantage de produits basés sur le 10 nm.

Cela ressemble vraiment à ce qui s’est passé avec le 14 nm, il y a quelques années. A cette époque, Intel avait suffisamment d’avance sur ses rivaux pour avoir le temps de prendre le temps et corriger ses erreurs. Cette fois, Intel n’a pas ce luxe. Et l’industrie de l’informatique est en train de basculer sous ses pieds. Le géant des puces le sait et a récemment annoncé ses processeurs hybrides Lakefield qui mélangent des cœurs de faible et de forte puissance comme Arm l’a fait depuis longtemps.

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En 2020, AMD est loin d’être un lointain challenger

L’autre différence est qu’en 2020, AMD est loin d’être un lointain challenger. Les récentes annonces d’AMD sur le Ryzen vantent des performances qui battent Intel sur un large éventail de critères.

En 2017, Intel affirmait néanmoins que son processus 10 nm avait doublé la densité de transistors de ses concurrents, et l’année dernière, Swan a déclaré que le processus Intel 7 nm serait l’équivalent du processus 5 nm de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) utilisé pour les puces de l’iPhone. Les chiffres comparant le 10 nm d’Intel au TSMC 7nm donnent certainement du crédit à cette opinion.

Cela pourrait donc être une situation viable pour Intel si le monde du processeur restait ainsi. Mais Samsung parle de son processus 3nm depuis un an, et même si la production en volume est censée arriver en 2022 suite à un retard induit par la COVID, le géant coréen fera tourner ses fonderies sur un nouveau processus avant qu’un processeur Intel 7nm ne soit disponible à la vente.

Le risque ARM / NVIDIA

Et un évènement inattendu dans le monde des puces est arrivé la semaine dernière lorsque Bloomberg a rapporté que Nvidia pourrait acheter Arm à Softbank. Si l’accord se concrétise, Intel devra faire face à un concurrent doté de capacités de traitement graphique supérieures dans le domaine des processeurs.

Alors, Intel est-il confronté à une crise existentielle ? Pas tout à fait. La société a également publié ses résultats financiers du deuxième trimestre la semaine dernière. Elle enregistre une croissance de 20 % de son chiffre d’affaires, qui s’élève à 19,7 milliards de dollars pour le trimestre. Sur ce chiffre, 9,5 milliards de dollars proviennent de l’activité PC, soit une augmentation de 7 %. Au milieu d’une pandémie mondiale, de nombreuses autres entreprises seraient ravies d’obtenir un tel résultat.

L’autre facteur en faveur d’Intel est qu’en dehors de la performance par watt, les chiffres bruts de performance ne sont plus aussi cruciaux qu’auparavant. Apple propose de bien meilleures performances que Qualcomm en ce qui concerne les puces mobiles, et pourtant l’utilisateur lambda n’en est pas du tout conscient puisque le silicium de la plupart des appareils Android est suffisamment bon pour son usage.

La menace qui pèse sur Intel n’est pas tant de faire faillite, mais plutôt de perdre sa position de leader, réelle ou perçue, qui lui a permis d’avoir des marges saines et un écosystème fiable. En tant qu’utilisateur occasionnel de matériel AMD, je peux dire que les problèmes ont tendance à apparaître au fil du temps, ce qui montre que le support n’est pas tout à fait au rendez-vous par rapport à l’expérience complète proposée par le couple Wintel. Mais l’écart se réduit.

Pour rester au top, Intel devra sortir un lapin de 10 nm de son chapeau pour rester dans le jeu afin de rivaliser avec les processus de 7 nm et moins des autres fonderies. Intel est en danger réel de perdre sa place sur le piédestal, une place à laquelle elle s’est habituée depuis de nombreuses décennies.

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