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Après sa candidature pour les élections municipales à Paris, les soignants fustigent le « mépris » d’Agnès Buzyn – Le Monde

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Ils sont en colère contre Agnès Buzyn, leur ancienne ministre de tutelle, devenue candidate LRM désignée dimanche 16 février pour remplacer l’abandon de Benjamin Griveaux à la course à la Mairie de Paris. Les personnels hospitaliers dénoncent le départ d’Agnès Buzyn du ministère de la santé « en pleine tempête ».

Trois jours après une journée de mobilisation des personnels hospitaliers pour exprimer leur attachement à l’hôpital public et leur colère devant l’insuffisance du « plan d’urgence » gouvernemental annoncé l’automne dernier, le président du Collectif inter-urgences, Hugo Huon, a fustigé « une belle forme de mépris ». Celui-ci a critiqué dimanche « le culot » d’Agnès Buzyn « de quitter le ministère alors que, après onze mois, tout reste à faire à l’hôpital ». « Paris vaut bien un hôpital », a tancé le collectif inter-urgences sur son compte Facebook.

« L’hôpital brûle, Buzyn regarde l’hôtel de ville »

« Mme Buzyn quitte le ministère (…) en pleine tempête, au lieu de répondre aux exigences des personnels et des organisations qui les représentent pour “sauver” l’hôpital public », a commenté la CGT-Santé dans un communiqué. L’Avenir des jeunes pharmaciens hospitaliers (AJPH) a de son côté tweeté que pendant que « l’hôpital brûle », « Agnès Buzyn regarde l’hôtel de ville ».

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Egalement sur la plate-forme de microblogging Twitter, le Collectif inter-hôpitaux a imaginé des slogans de campagne pour la nouvelle candidate à la Mairie de Paris : « Vous êtes pour les brancards aux urgences, votez Buzyn ! », ou encore « Vous êtes pour l’étranglement financier de l’hôpital public, votez Buzyn ! »

Dans un communiqué, ce collectif juge que « depuis quatre mois, le ministère de la santé s’est montré incapable de prodiguer autre chose que des bonnes paroles. Le changement d’interlocuteur ne change en rien les revendications ».

L’arrivée de Véran bien vue par les professionnels de santé

Au nom de l’association d’urgentistes SAMU-Urgences de France (SUdF), François Braun a été l’un des seuls à saluer, auprès de l’AFP, Agnès Buzyn « avec qui on a très bien travaillé ». Il s’est par ailleurs montré confiant pour la suite avec Olivier Véran, « dont on connaît l’investissement public pour les patients ».

« Il faut réformer l’hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien », a insisté lundi le nouveau ministre lors de la passation de pouvoir.

« Il faut réformer l’hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien », a insisté lundi le nouveau ministre lors de la passation de pouvoir. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

L’arrivée d’Olivier Véran au ministère de la santé, médecin lui aussi comme Agnès Buzyn, est en effet plutôt vue d’un bon œil par les professionnels de santé. Le député LRM de l’Isère dit vouloir s’attacher à apaiser la relation avec les soignants en lançant une « enquête nationale » sur leurs conditions de travail. Celle-ci concernerait l’ensemble des « hospitaliers » pour « tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu’ils nous disent depuis un certain nombre d’années désormais ». « Il faut réformer l’hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien », a insisté lundi le nouveau ministre lors de la passation de pouvoir.

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« Il suffit de lire tout ce qu’ont écrit, les Collectifs inter-urgences et inter-hôpitaux », a répliqué lundi le CIH sur Twitter. L’Intersyndicale des internes (ISNI) a décidé de lever à compter de mercredi son préavis de grève illimitée afin de donner au nouveau ministre « l’opportunité de faire preuve d’ouverture aux problématiques qui secouent les internes et l’hôpital public ».

Inquiétudes chez les professionnels du grand âge

La Fédération hospitalière de France (FHF) a appelé Olivier Véran « à s’engager pour l’organisation d’une convention citoyenne pour la santé », un « débat participatif » rassemblant professionnels, experts, élus et citoyens. « Le nouveau ministre peut compter sur l’engagement de l’hospitalisation privée » pour « l’aider à mener à bien ces chantiers de la transformation du système de santé », a assuré de son côté la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP).

Les professionnels du grand âge et de la dépendance se sont montrés beaucoup plus inquiets. La déléguée générale du Synerpa (regroupant les principaux acteurs privés des Ehpad), Florence Arnaiz-Maumé, estime dans un communiqué que « ce remaniement ne doit pas se faire au détriment de la loi grand âge et autonomie » annoncée pour l’été 2020. L’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a réclamé des « mesures concrètes » et la création d’un ministère délégué aux personnes âgées.

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