Après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, des élus réclament « une totale transparence » – Le Monde

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L’incendie est éteint et n’a pas fait de victime, mais les inquiétudes sur ses conséquences sanitaires et écologiques sont immenses. Les autorités répètent qu’il ne présente « pas de toxicité aiguë ».

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h20, mis à jour à 16h07

Temps de Lecture 2 min.

Déclenché jeudi vers 2 h 40, l’incendie de cette usine classée Seveso « seuil haut » est éteint, a annoncé dans la matinée la préfecture.

Au lendemain de l’incendie de l’usine chimique Lubrizol, plusieurs élus de gauche ont réclamé la transparence sur cet accident industriel, vendredi 27 septembre, critiquant le manque d’informations de la population par les autorités sur les possibles conséquences sanitaires.

Déclenché jeudi vers 2 h 40, l’incendie de cette usine classée Seveso « seuil haut » est éteint, mais il reste des points chauds et une fumée blanche émane encore du site, où ont brûlé des carburants et des additifs de lubrifiants.

Lire notre reportage : un nuage noir, une étrange pluie de suie et une odeur d’enfer

« Lubrizol est le plus important accident industriel en France depuis AZF [à Toulouse en 2001]. La gestion du drame que vit notre métropole de Rouen est scandaleuse et humiliante », a écrit sur Twitter David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, ajoutant :

« Nous voulons des informations précises et régulières. Le « Circulez il n’y a rien à voir » des autorités est inacceptable. »

Le dirigeant de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a déploré que « pouvoirs publics et médias sont quasi muets », alors que la mort de Jacques Chirac a monopolisé l’attention médiatique jeudi. « Un site Seveso ne peut être inoffensif. La population a le droit d’en savoir plus », a-t-il exhorté sur Twitter, en évoquant l’inquiétude des habitants.

« Conséquences dramatiques »

« Quand la communication gouvernementale “il n’y a pas de toxicité” se fracasse sur le mur du réel, en quelques images », a commenté la députée LFI Clémentine Autain en retweetant une vidéo spectaculaire de l’incendie. « Nous exigeons la totale transparence et la vérité sur les conséquences sanitaires ! », a abondé sur le même réseau social le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, après ce « terrible accident » aux « conséquences écologiques dramatiques pour nos vies pour le climat ».

L’incendie est désormais éteint et il n’a pas fait de victime, mais les inquiétudes sur ses conséquences sanitaires et écologiques sont immenses. Le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, a répété vendredi que la fumée dégagée par l’incendie ne présentait « pas de toxicité aiguë », alors que nombre d’habitants ou de personnes qui étaient à Rouen jeudi se plaignent d’irritations à la gorge.

Dans l’après-midi de vendredi, la préfecture a annoncé qu’un bateau allait être envoyé sur la Seine pour récupérer des « galettes d’hydrocarbures » présentes dans les eaux du fleuve avec un « chalut tampon ». « Il n’y en a pas des tonnes à mon avis, a précisé à l’AFP Benoît Lemaire, le directeur de cabinet du préfet de Normandie, mais ça nécessite qu’on les récupère. On a demandé que ce soit fait cet après-midi. » Plus tôt vendredi, le préfet Durand avait précisé que des galettes similaires avaient fait leur apparition dans les jardins de la préfecture.

Lire notre reportage : « Sur le balcon, je découvre une énorme fumée noire. En dix minutes, on était dans la voiture pour quitter la ville »

Etablissements scolaires fermés

Les établissements scolaires restent fermés dans 12 communes de l’agglomération de 500 000 habitants jusqu’à lundi matin. Il est notamment recommandé aux personnes fragiles de rester à l’abri jusqu’à vendredi soir dans ces villes et il est demandé aux agriculteurs de veiller à ce que leurs animaux « ne consomment pas d’aliments souillés ».

Les locaux de France 3 Rouen ont par ailleurs été évacués vendredi vers 11 h 15, en raison d’une forte odeur entraînant des vomissements, liée à l’incendie. Sur son site, le média local explique que sa station est « installée sur les quais de Rouen au pied du pont Flaubert, à 800 mètres du site de Lubrizol et juste dans l’axe du panache de fumée de l’incendie compte tenu de la direction des vents ». Et de poursuivre :

« Des particules retombaient, une odeur nauséabonde et âcre était aussi relayée à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux. Nous l’avons ressentie aussi, malgré un confinement dans le bâtiment (fenêtres fermées) et des masques de protection mis à disposition de l’ensemble du personnel. »

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