Après l’incendie de Lubrizol, les Rouennais exigent des « réponses claires » – Le Monde

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Près de 500 citoyens sont venus hurler leur colère et leur inquiétude, lundi soir, devant l’auditorium où se tenait le conseil de la Métropole Rouen Normandie.

Par Publié aujourd’hui à 04h22, mis à jour à 06h14

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L’usine de Lubrizol après l’incendie qui l’a ravagée, à Rouen, le 27 septembre.

Il est un peu plus de 19 heures, lundi 30 septembre, et le climat est plus que tendu sur les quais de la rive droite de Rouen, à quelques encablures à peine du site Lubrizol, l’usine chimique ravagée par un gigantesque incendie dans la nuit du jeudi 26 septembre.

Aux cris de « on veut la vérité, on veut pas crever », près de cinq cents Rouennais, mobilisés grâce aux réseaux sociaux – où au moins deux collectifs citoyens se sont créés –, hurlent leur colère et leur inquiétude. Un impressionnant dispositif policier a été déployé tout autour dans la crainte de débordements.

Chez ceux-là, les discours rassurants tenus par les autorités publiques depuis cinq jours ne passent pas. Des fûts de stockage d’huiles et d’additifs sont partis en fumée, et un épais et noir nuage d’hydrocarbures a survolé la capitale normande et tout le nord-est de la Seine-Maritime. Des odeurs nauséabondes flottent encore dans l’air.

Quant aux retombées de suie grasse qui ont maculé cultures, jardins ou cours de récréation, elles interdisent toujours aux agriculteurs de 112 communes du département de procéder à la récolte, le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, ayant par ailleurs assuré, ce lundi, que les exploitants touchés seraient indemnisés. Il n’empêche. Les questions n’en finissent plus de pleuvoir, aussi entêtantes que les effluves d’essence et d’œuf pourri.

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« Les politiques ne nous écouteront pas »

« Des policiers et des pompiers sont malades. Même la Seine est polluée. Et on nous dit que ce n’est pas dangereux, que nos enfants peuvent aller à l’école, mais c’est du bla bla », tonne Jean, 38 ans et masque à gaz sur le visage.

Comme des milliers de personnes derrière leur écran d’ordinateur, ces manifestants se disent « méprisés » par une communication institutionnelle estimée « biaisée », voire « mensongère ». Ils exigent des « réponses claires » sur les conséquences sanitaires de cette catastrophe industrielle. « Les effets sont sous-évalués », veut croire Lara Fillatre, la dame expliquant « être venue pour le symbole, car les politiques ne nous écouteront pas, de toute façon ».

Un agriculteur montre sa main couverte de poussière noire, à Saint Martin-du-Vivier, près de Rouen, le 30 septembre.

L’endroit et l’heure n’ont pas été choisis au hasard. Nous sommes ici face à l’auditorium dans lequel se tient, au même instant, un conseil de la Métropole Rouen Normandie. Le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, y subit le feu roulant des questions des élus communautaires. Certains, ces derniers jours, ont critiqué la gestion de l’incendie. Et plusieurs maires ont avoué leur « sentiment de solitude » face à la crise.

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