Après leur entrevue à Matignon, les syndicats toujours opposés à la réforme des retraites – Le Monde

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Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a affirmé être « très, très loin d’un accord » avec le gouvernement sur la réforme des retraites.

Tous dans la rue mardi, les leaders syndicaux et patronaux étaient reçus tour à tour à Matignon par Edouard Philippe, mercredi 18 décembre. Et tous, ont redit, à l’issue de leur entrevue, leur désaccord.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a affirmé être « très, très loin d’un accord » avec le gouvernement sur la réforme des retraites. Edouard Philippe « a redit qu’il tenait à cet âge d’équilibre [introduit dès 2022 pour équilibrer les comptes]. On lui a redit que ce n’était pas une option pour nous », a déclaré le dirigeant du premier syndicat français, tout en « sentant une volonté de discussion » sur d’autres thèmes, comme la pénibilité.

« La détermination de la CFDT est intacte »

Le secrétaire général de la CFDT a toutefois confié qu’il avait senti « une volonté de discussion », « des signes d’ouverture », sur d’autres thèmes que celui de l’âge pivot, notamment concernant la pénibilité, un autre cheval de bataille du syndicat réformiste, ou le montant de la pension minimale de retraite, pour l’heure fixé à 1 000 euros en 2022 puis 85 % du smic en 2025.

Cependant, « la détermination de la CFDT est intacte », a-t-il martelé, estimant « pas sûr » que « d’ici demain » un compromis puisse se dégager. Le syndicat réformiste avait appelé à manifester mardi, une première depuis le début du mouvement entamé le 5 décembre, en opposition à cet « âge d’équilibre » qui atteindra progressivement 64 ans en 2027 avec un malus pour les personnes partant avant.

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« Rien pour apaiser [le] mécontentement », regrette la CGT

De son côté, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a rappelé que son organisation demandait « le retrait du projet de loi » et regretté la « position idéologique » du gouvernement, qui ne fait « rien pour apaiser [le] mécontentement ».

Laurent Escure (UNSA), prudent, a noté, pour sa part, « des ouvertures » notamment sur « la pénibilité, les fins de carrière, le minimum de pension », mais elles « restent à confirmer ». Quant à l’âge d’équilibre que le gouvernement veut fixer à 64 ans, avec un « bonus-malus » censé inciter chacun à travailler plus longtemps, c’est une « mesure punitive » et l’UNSA n’exclut pas une mobilisation « en janvier », si le gouvernement la maintient, a-t-il averti.

Saluant lui aussi des « ouvertures », Cyril Chabanier (CFTC) a relevé que le gouvernement était prêt à « faire des propositions pour voir comment on pourrait peut-être amender » les dispositions sur cet âge d’équilibre.

Les dirigeants de la RATP et de la SNCF reçus jeudi

Face à eux se trouve le nouveau « Monsieur Retraites », Laurent Pietraszewski, député LRM du Nord, qui a remplacé le haut-commissaire aux retraites démissionnaire, Jean-Paul Delevoye, rattrapé par des révélations sur ses activités parallèles et mandats non déclarés.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a annoncé mercredi avoir saisi la justice pour les « omissions » en « nombre » de M. Delevoye dans sa déclaration d’intérêts.

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Après des réunions bilatérales avec l’ensemble des organisations syndicales mercredi, qui doivent encore se poursuivre dans la soirée, le premier ministre doit à nouveau recevoir jeudi les partenaires sociaux lors d’une réunion multilatérale.

Puis, Edouard Philippe doit recevoir jeudi les dirigeants de la RATP et de la SNCF, qui a présenté son plan de transport pour le premier week-end des vacances. La compagnie ferroviaire affirme qu’elle pourra transporter ce week-end tous les passagers ayant déjà réservé un billet TGV. Mais, pour l’instant, tous les syndicats de cheminots refusent la « trêve » de Noël. Le plan de transport pour la période du 23 au 26 doit être communiqué jeudi.

En attendant, le trafic restera « très perturbé » jeudi à la SNCF, ainsi qu’à la RATP, mais avec une légère amélioration concernant le métro parisien.

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