Dans un parking situé sur les bords de l’Argens, les voitures ont été inondées ou retournées par la force des intempéries survenues le 1er décembre.

Entre Puget et Roquebrune-sur-Argens (Var), des arbres de Noël sont encastrés dans les vignes. Emportés par les flots boueux du fleuve Argens sur le parking d’une grande surface, les sapins essaiment sur des centaines de mètres, plantés dans les haies des villas ou au milieu des champs inondés. Ils sont, avec des bouteilles de gaz, des containers à poubelles, des planches arrachées on ne sait où, les témoins de la puissance de la crue qui, dimanche 1er décembre, a une nouvelle fois dévasté l’Arena et Les Planets, deux quartiers riverains du fleuve.

Une semaine après avoir été l’épicentre des violentes intempéries qui ont fait six morts dans tout le sud-est, la vallée de l’Argens a subi un nouvel « épisode méditerranéen ». « Des murs de pluie », comme le racontent les témoins, entraînant une soudaine montée des cours d’eau qui creusent ce bout du Var, du Muy à Fréjus. Dans le département, le bilan humain est lourd. Deux morts, auxquels il convient d’ajouter ceux d’un pompier et de deux membres de la sécurité civile aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, dans un accident d’hélicoptère.

Lire aussi Intempéries : lourd bilan humain après des pluies torrentielles dans le sud-est de la France

L’équipage se rendait en mission dans le Var dimanche en pleine nuit, « après avoir effectué treize hélitreuillages de personnes en danger à Pertuis (Vaucluse) », a précisé le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, présent au lendemain de la catastrophe. Lundi soir, la préfecture annonçait également la disparition d’une femme de 51 ans dans la commune de Grimaud. Son véhicule venait d’être retrouvé dans le lit de La Garde, une rivière en décrue.

Assise dans le coffre ouvert de sa voiture, Raphaëlle Vacherot semble épuisée. Cette horticultrice a garé son véhicule au bord de l’étendue d’eau qui bloque l’accès à son exploitation d’orchidées à l’Arena. Comme le 23 novembre, lorsque l’Argens a déjà envahi les lieux. « Deux fois en huit jours, c’est trop », souffle-t-elle, les yeux dans le vide.

« Les gens ont perdu la notion de risques »

L’exploitation, 2 500 m2 de serres chauffées, date de 1984. Elle a vécu la grande crue de 2010, y perdant une bonne part de ses plantes. « Mais avant, on n’avait jamais d’eau ici », s’étonne l’horticultrice, qui énumère ce qui, selon elle, provoque les crues à répétition : « Un manque d’entretien du fleuve, du béton partout. Et un PAPI [Programme d’actions de prévention inondation], jamais mis en pratique malgré les promesses des élus et de l’Etat. »

Des volontaires aident, le 2 décembre, au nettoyage des serres de Raphaëlle Vacherot, à Roquebrune-sur-Argens (Var).

Plus en amont, les sinistrés défilent à la mairie du Muy, 9 700 habitants. En une semaine, cent quatre-vingt-quatre familles sont venues retirer les imprimés de déclaration de catastrophe naturelle ou simplement demander des bras et des bennes pour vider leurs maisons inondées. « Au Muy, jusqu’alors, nous n’avions jamais été classés en vigilance rouge. Et c’est la première fois que deux épisodes pluvieux sont aussi rapprochés », s’inquiète Liliane Boyer, maire sans étiquette de la commune.

Advertisements
Spread the love

Leave a Reply