Après Bagdad, Emmanuel Macron dans le Kurdistan irakien pour assurer du soutien de la France – Le Monde

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Emmanuel Macron visite l’église Notre-Dame-de-l’Heure de Mossoul, en cours de réhabilitation, le 29 août 2021.

Emmanuel Macron s’est rendu, dimanche 29 août, au Kurdistan irakien ainsi qu’à Mossoul dans une église et sur le site de la mosquée Al-Nouri, détruite lors de la reprise de la ville à l’organisation Etat islamique (EI) en 2017, un témoignage de « respect » du président français « envers toutes les communautés irakiennes ».

La veille, le chef de l’Etat a participé à un sommet régional à Bagdad, largement consacré à la lutte contre le terrorisme et à l’impact de la prise de Kaboul par les talibans en Afghanistan. Il a promis de rester en Irak « quels que soient les choix américains » ; si les effectifs américains présents sur le territoire ont été réduits à 2 500 personnes par l’ancien président Donald Trump, ce que Joe Biden n’a pas remis en cause, côté français, quelque 800 soldats restent engagés dans la région dans la lutte antiterroriste.

« Nous les maintiendrons aussi longtemps que les forces terroristes seront là et que les forces irakiennes nous le demanderont », a répété M. Macron dans un entretien au « 20 heures » de TF1 alors qu’il se trouve toujours en Irak. Il est également revenu sur les termes des négociations engagées avec les talibans en Afghanistan pour permettre les « évacuations humanitaires » au-delà du 31 août. « Ces discussions ne préjugent pas d’une reconnaissance », a-t-il prévenu, détaillant plusieurs « conditions » : que les talibans respectent le droit d’asile ainsi que les droits humains et « la dignité des femmes afghanes » et « qu’ils soient très clairs à l’égard de tous les mouvements terroristes ».

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Plus tôt dans la journée, M. Macron était venu « reconnaître l’importance de Mossoul », deuxième ville d’Irak la plus peuplée, « ville martyre », ravagée par la violence des combats en 2017. « Nous allons faire revenir un consulat et des écoles » à Mossoul, a-t-il ainsi annoncé. Il a également exhorté les Irakiens, éprouvés par quarante ans de conflits et une crise sociale qui dure, à « travailler ensemble », lors d’une allocution prononcée à Notre-Dame-de-l’Heure.

Fortement endommagée depuis 2003, cette église catholique est en train d’être remise en état par l’Unesco. Mossoul, ville à majorité musulmane sunnite, ainsi que la plaine de Ninive étaient jadis de hauts lieux du christianisme. Mais les violences qui ont éclaté à partir de 2003, puis l’occupation d’un tiers de l’Irak par l’EI entre 2014 et 2017 ont poussé la majorité des chrétiens à l’exil.

Ils ne sont plus que 400 000 dans le pays, contre 1,5 million en 2003 avant l’invasion américaine. Beaucoup de ceux qui ont pris le chemin de l’exil hésitent à rentrer chez eux. Le président français s’est ensuite rendu à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, où il s’est notamment entretenu avec le président de cette région autonome, Netchirvan Barzani.

En Irak, lors de la visite d’Emmanuel Macron

Cohue

La veille, M. Macron avait passé près de deux heures, vers minuit, dans un célèbre sanctuaire chiite de Bagdad, en compagnie du premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi.

Cette visite nocturne ponctuait sa première journée en Irak, après la conférence régionale centrée sur la lutte contre le terrorisme. Pour marquer sa volonté de s’adresser à toutes les confessions de l’Irak, qui se partagent le pouvoir, M. Macron a décidé de se rendre au sanctuaire d’Al-Kadhimiya, lieu de pèlerinage important pour les chiites, qui abrite le mausolée où est enterré le septième imam duodécimain.

Le long cortège de voitures qui conduisaient les deux dirigeants et leur délégation est arrivé samedi vers 23 heures passées dans une rue noire de monde, jalonnée d’étalages colorés et d’enseignes lumineuses, au bout de laquelle se dressent les imposantes coupoles dorées du sanctuaire.

Dans une cohue qui a donné du fil à retordre aux services d’ordre, les deux hommes ont visité la salle du mausolée et la bibliothèque, qui abrite des manuscrits anciens. Parmi la délégation française figuraient notamment Jack Lang et le prélat Pascal Gollnisch, qui défend les chrétiens d’Orient.

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Lutte contre l’Etat islamique

Cette visite d’un sanctuaire chiite est, « je crois, une première pour un président français », a souligné M. Macron – allusion au fait que la France est traditionnellement alliée des dirigeants sunnites.

« C’est un signe de reconnaissance. C’est une manière d’apprendre et de comprendre. Je pense avec humilité que si on veut pouvoir agir utilement dans cette région, il vaut mieux la comprendre, c’est un univers de complexité », a-t-il dit devant des journalistes, en visitant le site.

« Nous venons de faire une conférence importante et la France a à cœur de reconnaître l’ensemble des composantes de ce peuple et demain je serai aux côtés des dominicains, des sunnites, des yézidis, il était important que je puisse être aussi au côté de la communauté chiite », a-t-il conclu.

Le Monde avec AFP

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