Apple : quel avenir pour Boot Camp en cas d'abandon des puces Intel ?

Au cours des vingt dernières années, Apple a essayé de trouver une foule de moyens pour surmonter ce qui était son plus grand désavantage concurrentiel : l’incompatibilité avec les applications DOS et Windows. Les options envisagées par le géant américain se sont traduites par le développement de MacCharlie, essentiellement un PC lui-même qui enveloppait le Mac classique, la conception d’émulateurs SoftPC et SoftWindows x86 à fonctionnement lent ou encore une carte processeur 486 qu’Apple offrait pour le Power Mac. La conception de Boot Camp ont finalement pris le meilleur sur ces dernières options alors que celui-ci a été officiellement introduit dans Mac OS X 10.5 pour Mac Intel en 2007.

Alors qu’Apple pourrait finalement abandonner les processeurs Intel au profit de sa propre architecture ARM dans les années à venir, la compatibilité des applications Windows sur les produits d’Apple pose aujourd’hui question. Apple pourrait simplement laisser tomber Boot Camp tout en permettant à des tiers de fournir des émulateurs x86 pour prendre en charge Windows basé sur x86. Une solution simple mais pas exempte de défauts, car Windows et les applications basées sur x86 ne seraient pas optimisées pour une telle architecture, bien que les puces d’Apple fassent de grands gains de vitesse.

Une deuxième option consisterait à travailler avec Microsoft pour prendre en charge les puces de la série A d’Apple en tant qu’architecture ARM supplémentaire aux côtés du Snapdragon de Qualcomm. Une telle collaboration aurait été prohibitive il y a des années, mais à une époque où Microsoft supporte Linux sous Windows et crée du matériel basé sur Android, à peu près toutes les options semblent sur la table.

Apple a-t-il encore besoin de Windows

D’autre part, Microsoft et Qualcomm ont investi beaucoup de temps et d’argent pour que Windows fonctionne bien sur les puces Snapdragon (et les puces “Snapdragon-powered” de Microsoft). Apple et Microsoft sont beaucoup moins incités à faire un investissement similaire pour les puces de la série A d’Apple. Microsoft n’a jamais été un grand fan des périphériques dual-boot, bien qu’il ait accepté le principe de Boot Camp.

Reste que Windows 10 sur Snapdragon est à bien des égards une réponse proactive à l’adoption d’ARM par Apple. En attendant, du point de vue d’Apple, le Mac est encore moins dépendant des applications Windows qu’il ne l’était au lancement de Boot Camp. Avec son SDK Catalyst, Apple semble plus concentré sur l’adaptation des applications iPad pour Mac que sur les applications Windows.

En parlant de l’iPad, l’iPad Pro pourrait être le précurseur d’un futur Mac basé sur ARM. Il a certainement la taille d’écran et la puissance nécessaires pour gérer Windows 10, mais aucune option de ce type n’existe. Ici, les réglementations de l’app store d’Apple l’emportent sur les questions techniques ou les forces du marché. Parallels, qui fait des logiciels pour l’exécution de Windows sur un Mac, voudrait accéder au marché plus large des périphériques iOS, même s’il ne pouvait pas fournir le même niveau de performance que sur le Mac. Cependant, il n’offre qu’un produit d’accès PC à distance pour ce système d’exploitation.

Une compatibilité qui a peu de chances de se reproduire

Pour ceux qui voudraient toutefois pouvoir basculer entre les deux principaux systèmes d’exploitation de bureau, une foule de facteurs entrent en jeu, y compris la performance des puces, la coopération entre rivaux et les restrictions potentielles des magasins d’applications. En ce qui concerne ce dernier facteur, le fait qu’Apple limite MacOS aux applications glanées dans l’App store – un équivalent de MacOS de Windows S – supprimerait une grande partie de la flexibilité que les gens apprécient traditionnellement dans un ordinateur personnel, tout en réduisant la distinction entre MacOS et iPadOS. Cependant, à chaque version récente du MacOS, Apple a resserré les vis de sécurité pour rendre la sécurité Mac plus proche de celle des périphériques iOS.

Dans l’ensemble, il semble peu probable qu’Apple commercialisera un support de premier plan pour exécuter Windows sur ce qui pourrait être des Macs basés sur ARM. Mais il la question de l’exécution d’applications Windows sur Mac aura toujours de la valeur pour les utilisateurs des produits de la marque à la pomme.

Le résultat le plus probable est donc qu’une tierce partie enverra un émulateur homologué par Apple qui fera un travail “assez bon” pour des tâches de niche. Une autre alternative pourrait être le nombre croissant d’options pour accéder aux PC dans le nuage avec une faible latence. Ou peut-être qu’une entreprise installera un PC sur un périphérique USB-C de type clé USB qui pourra réquisitionner un futur clavier et écran Mac, une version plus compacte et plus puissante de l’Intel Compute Stick. Quant à Boot Camp, il semble bien que ses jours soient désormais comptés.

Article “What happens to Boot Camp if Apple boots Intel?” traduit et adapté par ZDNet.fr

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