Anne Hidalgo à la peine dans les sondages, les socialistes inquiets – BFMTV

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Depuis qu’elle s’est officiellement déclarée candidate à la présidentielle en septembre, la maire de Paris semble aux abonnés absents. La faute à de mauvais sondages et une stratégie du temps long.

Mais où est passée Anne Hidalgo? Après une déclaration de candidature très soignée à Rouen, la publication de son livre Une femme française, et sa proposition de doubler le salaire des enseignants, la maire de Paris se fait très discrète. Ses mauvaises chiffres dans les sondages poussent le PS à lui demander d’accélerer le tempo.

Officiellement, il n’y a pas d’inquiétude dans le camp socialiste, malgré les dernières études d’opinion qui créditent Anne Hidalgo de 5,5 à 6% des intentions de vote.

“Une demi-candidate”

“Il faut le temps d’installer une candidature dans l’espace politique. Je préfère quelqu’un qui prenne son temps, qui réfléchit, qui ne fait pas le buzz. C’est sérieux de se présenter à la présidentielle et Anne Hidalgo prend le temps de bien faire les choses. On a encore six mois avant l’élection”, estime Dieynaba Diop, porte-parole du PS, auprès de BFMTV.com.

Autre son de cloche entendu sur les bancs de la gauche: il faut garder patience en attendant le vote des militants le 14 octobre. “Elle n’a pas vraiment encore démarré sa campagne. C’est normal qu’elle soit encore assez basse dans les études d’opinion. Attendez qu’elle soit investie. Elle est encore dans une sorte d’état de demi-candidate”, juge de son côté Bernard Jomier, son conseiller santé dans la campagne.

Des écologistes devant

Certains parlent pourtant d’un “accident industriel, sans campagne, sans direction de campagne, sans acte de campagne”, raconte Le Parisien.

Ce diagnostic sans appel ne s’explique pas seulement pas son faible score dans les sondages, mais aussi par le paysage à gauche, qu’elle est loin de dominer. “Il y a une dynamique qui n’est pas de son côté et ça, ça plombe une campagne quand on a l’impression qu’on fait toujours la course à l’intérieur même des candidats qui partagent une partie de nos valeurs”, juge un sénateur de gauche.

Anne Hidalgo est en effet désormais devancée dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Alors que certains espéraient que la candidate socialiste entraîne les écologistes derrière elle pour une candidature unique, c’est raté. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, y croit encore.

“Je porte depuis toujours l’idée d’une coalition qui mêle les socialistes et les écologistes. (…) La dream team, j’ai l’impression qu’elle est aujourd’hui autour d’Anne Hidalgo”, a estimé le patron des socialistes sur France info ce mardi matin.

Un meeting pour se remettre en selle

Dans l’espoir de relancer une campagne aux couleurs bien pâles, Anne Hidalgo sera à Lille le 23 octobre prochain pour une “grande convention pour une République sociale et écologique”.

“Ce sera le moment du déploiement de notre organisation, de la présentation de notre ‘équipe des maires de France’. Nous allons déployer dans chaque département des équipes pour porter nos valeurs, nos idées, nos propositions”, détaille son équipe de campagne auprès de Chez Pol.

Après ce meeting, “il faudra qu’elle passe à la castagne. Mais il ne suffira pas d’être sur le ring. Il faudra aussi qu’elle enfile les gants de boxe”, insiste de son côté Patrick Kanner, le patron des sénateurs socialistes, auprès du Parisien.

Une stratégie à mèche

Mais pour certains, c’est sa stratégie même qui doit être remise en cause.

“Le problème, c’est qu’elle a choisi d’adopter le principe d’une campagne à mèche, d’égrener sur le temps long ses propositions. Tout ça se construit lentement, c’est vrai. François Hollande n’avait annoncé son organigramme que le 30 novembre et Benoît Hamon en janvier. Mais il va bien falloir accélérer sérieusement à un moment”, remarque un bon connaisseur des arcanes socialistes.

“Débrancher” la candidate

La référence au candidat socialiste malheureux et à son score de 6,5% en 2017 rend fou de rage l’un des membres du Conseil national du PS.

“Si on s’appuie sur son exemple, on est vraiment mal barré… Je pense qu’Olivier Faure va tout faire pour éviter un naufrage et va la ‘débrancher’ dans les prochaines semaines si elle ne décolle pas. Le but du parti, c’est de garder un groupe à l’Assemblée et ce ne sera possible qu’à condition qu’on fasse un accord avec les écologistes. En échange, ils nous demanderont qu’Anne Hidalgo se retire en leur faveur”, juge auprès de BFMTV.com cet élu régional.

L’équipe de la maire de Paris oppose un démenti formel à cette hypothèse. “On ne peut pas imaginer qu’un Premier secrétaire qui a inscrit noir sur blanc sa volonté de désigner Anne Hidalgo comme candidate du PS dans son texte d’orientation politique soit dans ce type de calcul. C’est impossible”, estime ainsi Bernard Jomier, membre de son équipe de campagne.

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