Aller plus loin dans la digitalisation, la clé de la relance économique ?

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Aller plus loin dans la digitalisation, la clé de la relance économique ?

La crise sanitaire a mis en évidence le rôle et l’impact du digital décuplé pendant la pandémie de Covid-19 dans nos sociétés, et particulièrement dans le secteur de l’industrie et du tertiaire. C’est le constat porté par Jean-Pascal Tricoire, président-directeur général de Schneider Electric, auditionné la semaine dernière devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Schneider Electric gère des technologies de gestion de l’énergie, d’automatisation en temps réel, de logiciels et services, et propose des solutions intégrées pour l’habitat résidentiel, les bâtiments tertiaires, les data centers, les infrastructures et les industries. Le groupe, spécialisé dans la transformation numérique de la gestion de l’énergie et des automatismes, réalise au global près de la moitié de son chiffre d’affaires dans le digital. « On arrive au moment de la révolution de l’internet, du digital, appliquée non pas à l’internet des personnes, mais à l’internet des objets, couplé au big data et au software. Tout ce qu’on appelle les villes intelligentes, les régions intelligentes, l’industrie du futur, les bâtiments intelligents, les technologies de la circularité qui sont permis là aussi par la traçabilité et le digital, couplé à une très grande révolution dans le domaine de l’électrique : aujourd’hui, on va massivement vers le décentralisé et le renouvelé » détaille Jean-Pascal Tricoire.

Largement impacté par la pandémie de Covi-19, Schneider Electric a publié un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros au premier trimestre 2020, en baisse organique de 6,4%. « Schneider fournit de l’énergie à à peu près tous les hôpitaux dans le monde et à la plupart des centres de données informatiques dans le monde qui étaient en surchauffe à cause du télétravail et de l’utilisation des moyens digitaux » indique le dirigeant.

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Opérer des systèmes complexes à distance

Si la crise sanitaire a mis en lumière les contrastes qui existent entre les différents marchés, elle a aussi permis de montrer la résilience du digital, explique Jean-Pascal Tricoire. « Certains secteurs souffrant plus que d’autres, il faut savoir redéployer avec agilité pour s’adapter à cette nouvelle réalité économique ».

Pour Jean-Pascal Tricoire, la crise a révélé le besoin d’opérer à distance. « Tous les gens qui étaient connectés digitalement à leur installation s’en sont beaucoup mieux tirés que ceux qui ne l’étaient pas, parce que nos clients se sont trouvés face à un problème combiné d’installation sous stress et en même temps des équipes qui ne voulaient plus intervenir sur le terrain. Tous ceux, notamment, qui avait des smart grids [réseaux électriques intelligents, NDLR] ont su gérer les variations » note-t-il.

Le deuxième atout du digital, c’est sa capacité de résilience, constate le PDG. « Tout ce qui était digitalisé a beaucoup mieux tenu, typiquement toutes les installations digitalisées pourvues d’analytique, de maintenance préventive, ont permis aux clients de savoir avant que les problèmes n’arrivent ce qu’il se passait sur leurs installations, et d’envoyer les équipes de service prévenir la panne avant qu’elle n’arrive (dans une salle de soin intensif, par exemple…) » soutient-il.

Selon lui, le digital entraîne aussi dans une certaine mesure la recherche d’efficacité économique, en ce qu’il amène « des ruptures que les moyens traditionnels ne font pas ». Enfin, le digital est aussi, selon le PDG de Schneider Electric, un moyen sûr de mesurer la progression du développement durable.

Accélérer l’adoption des technologies du futur

Fort de ce constat, le président de Schneider Electric évoque l’enjeu de la relance. « Il est important de miser sur les technologies d’avenir, pour ne pas rater le virage dans le digital. De façon générale, l’Europe a complètement raté le coche du digital appliqué aux consommateurs. Par contre, dans le digital du BtoB, les leaders mondiaux sont européens…. pourvu qu’on accélère ! D’où l’intérêt de mettre l’accent sur la gestion des données industrielles européennes » déclare-t-il.

Parmi les technologies d’avenir dans lesquelles il est urgent d’investir, Jean-Pascal Tricoire considère que près de 90% d’entre elles sont aujourd’hui déjà là : « Ce qu’il faut changer, c’est notre code, notre logique pour qu’on conçoive des bâtiments en y intégrant des capacités de ces nouvelles technologies » estime-t-il.

Interrogé sur l’impact environnement de ces technologies et du numérique dans son ensemble, le PDG de Schneider Electric constate que l’impact du digital, et de surcroît ses applications BtoB, est infime au regard de la consommation énergétique globale, puisque le numérique ne représente que 2% des dépenses énergétiques, et devrait atteindre « entre 3 et 4% à l’horizon des 10 à 15 prochaines années » dit-il. « Il faut réaliser que le digital des objets ne représente que 5% de cette consommation digitale, et la consommation BtoB, environ 20% de la consommation digitale totale. Ce qui doit donc être questionné, c’est le digital du divertissement (Snapchat, Facebook, Netflix, etc.). Ce sont des applications très inflationnistes sur lesquels on peut faire preuve de plus de sobriété ».

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