Alain Fischer : « On ne peut pas se contenter des chiffres actuels sur la vaccination ni des projections du gouvernement » – Le Monde

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Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, à Paris, le 22 décembre 2020.

Alain Fischer préside le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale mis en place par le gouvernement pour répondre à la pandémie de Covid-19. Alors que le variant Delta s’impose en France, il affiche les priorités de l’été et trace les perspectives de la rentrée.

Le variant Delta accélère sa progression en France, il y sera majoritaire parmi les nouvelles contaminations d’ici une à deux semaines. Peut-on encore éviter une quatrième vague ?

Tout dépend de ce que l’on appelle une vague. Il y aura un mouvement, c’est sûr, on n’en voit que le début. Le nombre de cas recommence à monter, toute la question va être jusqu’où et l’impact que cela aura sur les hospitalisations, les réanimations et les décès. Si cette vague ne se manifeste que par des cas sans hospitalisation, ce n’est pas grave. Sinon, cela pourrait de nouveau nous imposer des mesures de contrainte. Je ne suis pas capable de le dire aujourd’hui.

Les Anglais vont nous aider puisqu’ils sont en avance, si je peux dire. Ils ont déjà 100 % de leurs cas liés au variant Delta, dix fois plus de cas que nous. Les hospitalisations commencent à monter, mais avec une moindre ampleur. Cela ne permet pas encore de trancher entre la vaguelette et la véritable vague problématique, mais le fait que Boris Johnson ait annoncé la levée des dernières mesures de contraintes en Angleterre me semble encourageant.

Sauf que 100 % des personnes de plus de 80 ans y sont vaccinées. En France, on plafonne à 80 %… Les 20 % restant ne risquent-ils pas de développer des formes graves nécessitant une hospitalisation ?

C’est un risque. On peut espérer que ceux qui n’ont pas été vaccinés soient également les plus isolés, ceux qui ont le moins de contacts avec l’extérieur susceptibles de les contaminer. Mais c’est, bien sûr, un sujet de préoccupation.

D’autres pays européens sont à 100 %. Pourquoi la France affiche-t-elle ce retard ?

J’avoue ne pas avoir de réponse. Il y a sans doute un ensemble de facteurs. Peut-être un peu plus de réticence vis-à-vis de la vaccination que chez nos voisins. Il est aussi possible que nous soyons moins performants pour aller vers ces populations, qui ne vont que très difficilement dans les centres. Multiplier toutes ces actions d’« aller vers » doit être l’une des priorités de l’été.

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Plus généralement, la campagne patine. On est passé de 500 000 premières injections par jour mi-mai à environ 200 000. Atteint-on le fameux plafond de verre ?

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