Aisne : la femme enceinte retrouvée en forêt a été tuée par “plusieurs morsures de chiens” | LCI – LCI

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Police

FAIT DIVERS – Elisa P., une femme enceinte âgée de 29 ans retrouvée samedi à proximité d’un sentier de la forêt de Retz, à Saint-Pierre Aigle (Aisne) est morte après avoir été mordue par plusieurs chiens. Une enquête a été ouverte. Une meute de chasse à courre pourrait être en cause.

Elle avait appelé son compagnon au secours mais quand il est arrivé sur place depuis son lieu de travail, il était trop tard. Trois jours après le drame qui s’est déroulé à proximité d’un sentier de la forêt de Retz situé sur la commune de Saint-Pierre Aigle, l’autopsie réalisée à l’institut médico-légal a permis d’en préciser les circonstances. 

Dans un communiqué ce mardi, le procureur de la République de Soissons indique que “le décès de la jeune femme enceinte de 29 ans est survenu “entre 13 heures et 13 heures 30” samedi dernier, 16 novembre.  Le magistrat précise dans un communiqué que la victime a “pour origine une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête, certaines morsures étant ante mortem et d’autres post mortem”.

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Des prélèvements sur 93 chiens

Elisa P., originaire du Béarn, était partie promener le chien de son compagnon samedi en forêt quand elle a pris peur après avoir aperçu une meute de chiens de chasse à courre. C’est à ce moment que la jeune femme originaire du Béarn avait appelé son compagnon pour lui dire de venir au plus vite. 

“Une enquête de flagrance du chef d’homicide involontaire par agression de chien a été ouverte et confiée à la section de recherche de la gendarmerie d’Amiens”, précise Frédéric Trinh, procureur de la République de Soissons.  

Les investigations se poursuivent pour notamment déterminer l’origine des morsures. “Des prélèvements ont été effectués sur 93 chiens, ceux appartenant à la victime ainsi que des chiens ayant participé à une chasse à courre qui était organisée à proximité. Les analyses génétiques et la comparaison des prélèvements auront notamment pour finalité d’identifier le ou les chiens mordeurs”, conclut le magistrat”.  

Nombreuses réactions sur les réseaux sociaux

Dès samedi, le journaliste Hugo Clément s’était fait l’écho sur Twitter de cette terrible affaire… pour interpeller l’opinion sur le sujet de la chasse. 

Mardi 19 novembre, dans une lettre ouverte à Elisabeth Borne, Brigitte Bardot revient sur “les nouveaux drames de la chasse qui se sont déroulés en France ce week-end”,ce, dans, écrit-elle, “l’indifférence coupable des autorités, soumises au diktat des chasseurs, cette minorité qui représente 1,5% de la population mais qui empêche 98,5% des Français de profiter des forêts en tout sécurité”.  

Évoquant “l’horreur” en référence à celui qui a coûté la vie à Elisa P., 29 ans, et à son bébé de 6 mois,  Brigitte Bardot demande à la Ministre de “d’agir d’urgence” en suspendant “immédiatement toute autorisation de chasse à courre pour cette saison”. 

Dans un message à Emmanuel Macron, l”humoriste Rémy Gaillard interpelle le président de la République au sujet de la chasse.

Sur les réseaux sociaux, le drame émeut depuis samedi. La pratique de la chasse y est dénoncée de toute part. Les investigations se poursuivent pour savoir si ce sont effectivement les chiens de la meute qui ont mortellement blessé la victime ou d’autres. 

La société de vénerie se défend

Dans un communiqué mardi, la société de vénerie se défend et rappelle que pour l’instant, rien ne met formellement en cause la meute de chasse à courre”. Elle rappelle que le jour du décès de la jeune femme, “une chasse à courre se déroulait en forêt de Retz” et que “21 chiens de meute y participaient”. “Cette coïncidence des faits a conduit la Gendarmerie à auditionner les responsables de l’équipage et à effectuer des prélèvements sur ses chiens. Les résultats des tests ne sont pas encore connus”; insiste-t-elle.

“La Société de vénerie, qui rassemble les 10 000 veneurs qui chassent en France, tient à apporter les précisions suivantes, poursuit le communiqué :

– Les meutes de chasse à courre comptent plus de 30 000 chiens, répartis dans 390 équipages.

-Ces chiens sont dressés pour chasser un animal particulier (cerf, chevreuil, sanglier, renard, lièvre ou lapin), et obéir en toute circonstance à l’Homme.

– En aucun cas, ces chiens ne sont agressifs vis-à-vis des humains. Tout au contraire, ils sont d’un contact très affectueux avec les adultes comme avec les enfants.

– Au cours des 15 000 journées de chasse à courre organisées chaque année à travers 70 départements, jamais aucun accident corporel humain n’a été relevé, impliquant des chiens de vénerie”.

Elle rappelle enfin “qu’en l’état actuel de l’enquête, rien ne démontre l’implication des chiens de chasse dans le décès de cette femme. La sagesse oblige donc à attendre les résultats de l’enquête avant de commenter cette affaire”.

Selon Le Parisien de ce mercredi 20 novembre, Elisa P. et son compagnon possédait cinq chiens. Le jour de l’attaque, elle se promenait avec l’un d’entre eux en forêt. 

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