Aide à domicile : le gouvernement veut réformer l’allocation personnalisée d’autonomie – Le Monde

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« Il y a quelques années, je m’étais attelé à une loi pour le grand âge, sujet sur lequel j’aimerais prendre ma revanche », confiait Jean Castex, à peine nommé à Matignon à l’été 2020, à une députée macroniste. Conseiller social puis secrétaire général adjoint de l’Elysée jusqu’en 2012 auprès de Nicolas Sarkozy, l’actuel premier ministre avait alors travaillé pour le chef de l’Etat sur un projet de loi qui n’a jamais vu le jour.

L’histoire semble se répéter : Emmanuel Macron, en juin 2018 puis en septembre 2020, avait promis une loi « pour répondre au nouveau risque de la dépendance ». L’engagement est resté lettre morte. Le président de la République ne se prétend pas moins animé d’une « grande ambition humaniste » pour « nos aînés », a-t-il indiqué le 12 juillet, promettant « un accompagnement renforcé pour le maintien à domicile, des maisons de retraite modernisées ». En clair, la volonté présidentielle de réforme reste intacte. Seul le « vecteur », explique Matignon, a changé.

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Faute d’une loi consacrée à l’autonomie, le gouvernement s’apprête à donner des gages à travers le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2022 qui sera présenté vendredi 24 septembre pour démontrer son « action résolue en faveur de l’accompagnement de nos aînés », a expliqué Jean Castex, jeudi 23, à Autun (Saône-et-Loire).

Disparités

Le premier ministre a donné une visibilité médiatique particulière aux annonces des mesures qui seront inscrites dans le PLFSS en faveur de l’autonomie en se déplaçant dans une maison de retraite et un service d’aide à domicile au Creusot et à Autun, escorté d’Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, et de Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’autonomie. L’une de ces mesures est qualifiée de « réforme historique » par Matignon. Elle concerne le secteur de l’aide à domicile.

« Notre premier objectif, c’est de permettre le maintien à domicile le plus longtemps possible » des Français « partout sur le territoire », a rappelé M. Castex. Or, victimes d’une pénurie sans précédent de main-d’œuvre (20 % des postes sont aujourd’hui vacants), les structures d’aide à domicile peinent de plus en plus à répondre à la demande. « Très concrètement, nous garantirons un financement public minimum pour soutenir les aides à domicile, où qu’elles interviennent sur notre territoire, a promis le locataire de Matignon, et quel que soit leur statut. »

Les personnes âgées en perte d’autonomie peuvent aujourd’hui prétendre à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour financer l’intervention d’un auxiliaire de vie à leur domicile. Mais selon qu’elles habitent Paris, la Corrèze, le Var ou le Calvados, elles reçoivent une aide financière de la collectivité dont le niveau est disparate.

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