Agression de Michel Zecler : les quatre policiers mis en cause déférés devant la justice – Le Monde

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Capture d'écran de l'enquête de Loopsider sur l'agression de Michel Zecler par des policiers.

Après deux jours de garde à vue dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), les quatre policiers accusés du passage à tabac de Michel Zecler ont été transférés au tribunal judiciaire de Paris, dimanche 29 novembre, en vue de leur déferrement, selon l’Agence France-Presse (AFP). Le procureur de Paris, Rémy Heitz, doit tenir une conférence de presse à 17 heures pour annoncer l’orientation des poursuites retenues contre les quatre hommes.

Ces derniers, contre qui une enquête est ouverte depuis mardi pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », avec la circonstance aggravante de racisme, et « faux en écriture publique », avaient été placés en garde à vue vendredi.

Ils vont soit comparaître devant un magistrat du parquet de Paris, qui pourrait par exemple décider d’une comparution immédiate ou d’une convocation différée devant le tribunal judiciaire, soit devant un juge d’instruction si le parquet décide d’ouvrir une information judiciaire. Un « faux en écriture publique » par une personne dépositaire de l’autorité publique est un crime, ce qui rend hautement probable l’ouverture d’une information judiciaire, obligatoire en la matière.

Frappé pendant plusieurs minutes

Le site Loopsider a révélé l’affaire en publiant, jeudi, une enquête vidéo sur l’agression de Michel Zecler. On y voit ce producteur de musique noir frappé pendant plusieurs minutes dans son studio de musique samedi 21 novembre à Paris par trois policiers, avant qu’un quatrième vienne jeter depuis l’extérieur une grenade lacrymogène à l’intérieur du local.

Lire notre récit : Une pluie de coups et des mensonges : retour sur le passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler par trois policiers

Dans une seconde vidéo publiée vendredi, on voit M. Zecler être de nouveau frappé dans la rue, une fois extrait du studio, et alors qu’il est entouré par de nombreux autres fonctionnaires de police qui ne semblent pas empêcher ces nouveaux coups. M. Zecler a affirmé avoir été insulté à plusieurs reprises de « sale nègre ». Selon Le Parisien, les fonctionnaires de police ont contesté en garde à vue toute dimension raciste de leurs actes.

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi « la révocation » des policiers mis en cause, « dès que les faits seront établis par la justice ». Il les a accusés d’avoir « sali l’uniforme de la République ».

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Un contexte explosif

La conférence de presse de M. Heitz, qui a qualifié jeudi cette affaire d’« extrêmement importante », intervient au lendemain d’une forte mobilisation dans une centaine de villes de France contre le texte de loi « sécurité globale » et les violences policières. Plus de 130 000 personnes ont manifesté, selon le ministère de l’intérieur, 500 000 selon les organisateurs, dans une ambiance globalement bon enfant. Des affrontements parfois violents ont toutefois émaillé certaines manifestations, notamment à Paris.

Selon un bilan du ministère de l’intérieur, une soixantaine de policiers et gendarmes ont été blessés et 81 personnes ont été interpellées. A Paris, un photographe syrien indépendant, collaborateur de l’AFP, a été blessé au visage. Deux manifestants, qui ont fait un signalement auprès de l’IGPN, ont été blessés en province, selon la police. Par ailleurs, plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers tabassés par des manifestants, des « violences inacceptables » selon Gérald Darmanin.

Lire aussi Loi « sécurité globale » : 133 000 manifestants, selon le ministère de l’intérieur ; 500 000, selon les organisateurs

En une semaine, la controverse autour de la proposition de loi « sécurité globale », vivement dénoncée par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, s’est encore renforcée. Outre la révélation de l’agression de M. Zecler, les images de l’évacuation brutale d’un camp de migrants à Paris, lundi soir, ont suscité l’indignation et électrisé le débat. Ces scènes ont été révélées principalement par des images de vidéosurveillance privée dans le premier cas, et par des vidéos tournées par des journalistes dans le second.

Emmanuel Macron a partagé vendredi sa « honte » face aux images du tabassage de M. Zecler, parmi les plus virales en 2020 en matière d’information. Pour la troisième fois cette année, le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de lui faire rapidement des propositions « pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations ».

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Le Monde avec AFP

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