Afghanistan : près de Kunduz, des membres des forces de sécurité se rendent aux talibans, le président veut coordonner la riposte – Le Monde

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Les talibans contrôlent désormais plus d’un quart des capitales provinciales d’Afghanistan.

En Afghanistan, des « centaines » de membres des forces de sécurité, qui s’étaient retirés près de l’aéroport de Kunduz (nord), après la chute ce week-end de la ville, se sont rendus mercredi 11 août aux talibans, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Amruddin Wali, un conseiller provincial. « La plupart des soldats qui étaient postés dans l’aéroport se rendent », a confirmé un soldat sur place, qui a requis l’anonymat. « Les talibans nous encerclaient, ils nous tiraient des obus dessus. Il n’y avait aucun moyen de répliquer », a-t-il justifié.

Les talibans ont lancé une offensive en mai, à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, qui doit être achevé d’ici le 31 août. Ils se sont emparés depuis de vastes territoires ruraux sans rencontrer grande résistance. Leur avancée s’est accélérée ces derniers jours avec la prise de plusieurs centres urbains. Les talibans contrôlent désormais neuf des 34 capitales provinciales de l’Afghanistan, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté.

Le président afghan, Ashraf Ghani, a fait mercredi une visite éclair à Mazar-e Charif, une grande ville du nord du pays ciblée par les talibans, pour tenter de coordonner la riposte aux insurgés. Les talibans ont attaqué mardi des quartiers à la périphérie immédiate de la ville, mais ont été repoussés, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Le président s’est entretenu avec Mohammad Atta Noor, l’ex-gouverneur de la province de Balkh – dont Mazar-e Charif est la capitale –, homme fort depuis longtemps du Nord, qui a promis de résister « jusqu’à la dernière goutte de sang », ainsi qu’avec Abdul Rachid Dostom, son ancien vice-président.

« Lors de la rencontre, tout en étudiant la situation générale dans le Nord, les discussions ont porté sur la coordination, la dotation en équipement et la mobilisation des forces de résistance, sous l’égide des forces de sécurité et de défense », a précisé sur Twitter Latif Mahmood, le porte-parole du président.

Après être arrivé dans la nuit à Mazar-e Charif à la tête d’un large contingent d’hommes armés, le maréchal Dostom, puissant dirigeant d’ethnie ouzbèke, a lancé un avertissement aux talibans. Ils « n’apprennent jamais du passé. Ils sont venus plusieurs fois dans le Nord et y ont toujours été piégés », a-t-il déclaré à la presse locale.

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Washington agacé par la faiblesse de l’armée de Kaboul

La perte de Mazar-e Charif serait catastrophique pour le gouvernement, qui n’aurait plus aucun contrôle sur toute la moitié nord du pays. Cela permettrait aussi aux talibans de reporter leurs efforts sur d’autres régions et peut-être même sur la capitale, Kaboul.

Mazar-e Charif a été le lieu de quelques-uns des plus violents affrontements avec les talibans dans les années 1990. Ceux-ci ont été accusés par Human Rights Watch d’y avoir massacré au moins 2 000 personnes en 1998, en majorité des Hazara – une ethnie chiite –, après avoir pris la ville.

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De violents combats ont aussi éclaté mercredi près du centre-ville de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, encerclée depuis plusieurs semaines. Les talibans ont essayé d’approcher la prison de Kandahar, pour libérer leurs camarades prisonniers, comme ils le font dès qu’ils pénètrent dans une nouvelle ville.

« Je ne regrette pas ma décision » de quitter l’Afghanistan, a assuré mardi le président des Etats-Unis, Joe Biden. Les Afghans « doivent avoir la volonté de se battre » et « doivent se battre pour eux-mêmes, pour leur nation », a-t-il également déclaré. Washington cache de moins en moins son agacement face à la faiblesse de l’armée de Kaboul, que les Américains forment, financent et équipent depuis des années.

Une réunion internationale avec des représentants du Qatar, des Etats-Unis, de Chine, du Royaume-Uni, de l’Ouzbékistan, du Pakistan, des Nations unies et de l’Union européenne a eu lieu mardi à Doha. L’émissaire américain, Zalmay Khalilzad, devait y exhorter les talibans « à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique ».

Le processus de paix entre le gouvernement afghan et les talibans s’est ouvert en septembre au Qatar, dans le cadre de l’accord conclu en février 2020 entre les insurgés et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d’Afghanistan. Mais les discussions sont aujourd’hui au point mort.

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Le Monde avec AFP

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