Afghanistan : les Etats-Unis déclarent avoir mené des frappes et tué un membre de l’Etat islamique – Le Monde

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La riposte n’a pas tardé. Les Etats-Unis ont annoncé, vendredi 27 août soir, avoir mené une frappe de drone contre un « organisateur » de l’Etat islamique au Khorasan (EI-K). Ce groupe avait revendiqué l’attaque perpétrée jeudi après-midi à l’aéroport de Kaboul, qui a causé la mort de dizaine de personnes, dont treize militaires américains.

« La frappe aérienne sans pilote s’est produite dans la province de Nangarhar en Afghanistan. Selon les premières indications, nous avons tué la cible », a précisé le commandant Bill Urban, du commandement central dans un communiqué, disant n’avoir connaissance « d’aucune victime civile ».

Il n’apparaît pas encore clairement que l’homme tué vendredi était spécifiquement impliqué dans l’attentat-suicide de jeudi devant les portes de l’aéroport de Kaboul, où une foule d’Afghans tentaient désespérément d’entrer pour fuir le pays tombé aux mains des talibans. L’attaque avait été revendiquée par la branche afghane du groupe Etat Islamique.

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La promesse de Biden

Cette frappe aérienne américaine intervient vingt-quatre heures après la promesse faite par Joe Biden à la nation. « Nous allons vous pourchasser et vous faire payer », avait déclaré le président à l’adresse des auteurs de l’attaque la plus meurtrière en dix ans contre l’armée américaine en Afghanistan.

« Nous répondrons avec force et précision quand nous le déciderons, où et quand nous le choisirons », avait-il ajouté lors de ce discours solennel à la Maison Blanche.

La riposte, lancée depuis l’extérieur de l’Afghanistan, s’est produite au moment où les évacuations se poursuivent à l’aéroport de Kaboul, placé sous haute surveillance. L’ambassade des Etats-Unis a demandé aux ressortissants américains de quitter « immédiatement » les abords de l’aéroport dans une alerte de sécurité.

« Les citoyens américains se trouvant en ce moment à Abbey Gate, East Gate, North Gate ou New Ministry of Interior Gate devraient partir immédiatement », a indiqué l’ambassade sur son site internet, sans donner plus de détails. La veille de l’attentat de jeudi, une alerte similaire avait été émise.

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Le porte-parole du Pentagone John Kirby a déclaré, plus tôt dans la journée, que la mission d’évacuation à l’aéroport de Kaboul, qui est censée prendre fin le 31 août, faisait toujours face à « des menaces précises et crédibles ».

Les nouveaux dirigeants du pays « ne s’occupent d’aucune des portes d’embarquement ni d’aucune des opérations à l’aéroport. C’est toujours sous le contrôle de l’armée américaine », a déclaré M. Kirby après que les talibans ont annoncé avoir pris le contrôle de plusieurs parties de l’aéroport.

Plus de 5 000 personnes encore réfugiées dans l’aéroport

Dans la journée de vendredi, la situation est demeurée calme à Kaboul, notamment autour de l’aéroport où les vols affrétés par les Occidentaux ont repris. Plus de 5 000 personnes sont actuellement réfugiées dans l’enceinte de l’aéroport, attendant de monter dans un avion, a dit le général américain Hank Taylor, précisant que les exfiltrations se dérouleraient « jusqu’au dernier moment ».

Au total, environ 109 000 personnes ont été évacuées depuis le 14 août, veille de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, selon les derniers chiffres du gouvernement américain. L’Otan et l’Union européenne avaient appelé à poursuivre les évacuations malgré l’attentat.

La France a mis fin, vendredi soir, à son pont aérien qui a permis d’évacuer « près de 3 000 personnes, dont plus de 2 600 Afghans » selon la ministre des armées, Florence Parly. La Suisse, l’Italie, l’Espagne et la Suède avaient également annoncé, vendredi, avoir terminé leurs vols d’évacuation, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Canada ou l’Australie avant elles. Côté britannique, les exfiltrations connaissent leurs « dernières heures », a estimé le premier ministre Johnson. Mais Londres remuera « ciel et terre » « pour aider à sortir » les Afghans éligibles à l’asile.

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La communauté internationale reste très concernée par le sort de l’Afghanistan. Une conférence régionale, samedi à Bagdad, se penchera notamment sur la situation. Sont notamment attendus les ministres iranien et saoudien des affaires étrangères, les présidents égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et français Emmanuel Macron, et le roi de Jordanie Abdallah II. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a convoqué les membres permanents du Conseil de sécurité pour une réunion, lundi, sur la situation en Afghanistan.

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Le Monde avec AFP

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