Afghanistan : le gouvernement britannique veut accueillir 20 000 réfugiés – Le Monde

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Des citoyens britanniques ou à la double nationalité habitant en Afghanistan montent à bord d’un avion militaire le 16 août 2021 à Kaboul.

Le sort des réfugiés afghans divise l’Union européenne. Alors que les propos d’Emmanuel Macron appelant à « nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » sont décriés à gauche, le gouvernement britannique a, lui, annoncé, mardi 17 août, vouloir accueillir 20 000 réfugiés afghans. Le premier ministre Boris Johnson présentera un dispositif facilitant l’accès des Afghans au territoire britannique, mercredi matin, aux députés qui ont écourté leurs vacances d’été pour débattre du sujet à la Chambre des communes.

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« Nous avons une dette envers tous ceux qui ont travaillé avec nous pour faire de l’Afghanistan un endroit meilleur ces vingt dernières années. Beaucoup d’entre eux, en particulier les femmes, ont maintenant un besoin urgent de notre aide », a déclaré Boris Johnson dans un communiqué du ministère de l’intérieur. Il s’est dit « fier que le Royaume-Uni ait pu mettre en place cette voie pour les aider, eux et leurs familles, à vivre en toute sécurité » outre-Manche.

Le nouveau dispositif vise à accueillir la première année 5 000 ressortissants afghans « menacés par la crise actuelle », en particulier des femmes, des filles et des minorités religieuses, précise le ministère de l’intérieur.

Le gouvernement n’a pas précisé à quelle date il comptait avoir accueilli 20 000 Afghans, évoquant simplement le « long terme », mais il s’inspire d’un dispositif qui a permis l’installation de 20 000 réfugiés syriens en sept ans, de 2014 à 2021. Il s’ajoute au programme ARAP destiné au personnel afghan employé par le Royaume-Uni, tels que les interprètes. Selon les chiffres du gouvernement, 2 000 Afghans et leurs familles sont arrivés au Royaume-Uni depuis le 22 juin par le biais de ce dispositif qui doit permettre à 5 000 anciens employés afghans de s’y installer d’ici à la fin de l’année.

Le Royaume-Uni déploie quelque 900 militaires à Kaboul pour assurer l’évacuation de ses ressortissants et de son personnel local. Depuis samedi, 520 ressortissants britanniques, anciens employés afghans et diplomates ont quitté l’Afghanistan à bord de vols militaires.

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L’armée américaine a évacué plus de 3 200 personnes

De son côté, l’armée américaine aurait déjà évacué plus de 3 200 personnes d’Afghanistan, notamment du personnel américain, à l’aide d’avions militaires, selon un responsable de la Maison Blanche sous couvert d’anonymat.

L’armée de l’air américaine a également annoncé avoir découvert des « restes humains » dans le train d’atterrissage de l’avion militaire qui avait été pris d’assaut lundi par des Afghans paniqués à l’aéroport de Kaboul « lorsqu’il a atterri à la base aérienne Al-Udeid, au Qatar », selon la porte-parole de l’US Air Force, Ann Stefanek, qui ajoute que l’institution a ouvert une enquête. L’US Air Force va examiner toutes les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux d’un avion de transport C-17 que des centaines de personnes avaient poursuivi en courant.

L’Australie a, elle, évacué 26 personnes d’Afghanistan lors de son premier vol de sauvetage, a déclaré mercredi le premier ministre australien, Scott Morrison. Le pays doit envoyer 250 militaires à Kaboul pour évacuer ses citoyens et un nombre non spécifié d’Afghans qui avaient obtenu des visas après avoir travaillé pour l’Australie.

Un avion militaire tchèque en provenance de Kaboul a atterri, mardi soir, à Prague avec à son bord 87 personnes évacuées, dont l’ambassadeur Jiri Baloun, des soldats tchèques, des Afghans ayant travaillé pour eux ainsi que deux ressortissants polonais. Un premier vol avait rapatrié 46 personnes en République tchèque lundi.

Coopération américano-britannique

Face à la situation, Boris Johnson plaide pour une « approche unifiée » et la tenue d’un sommet virtuel du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni). D’ores et déjà, le président américain Joe Biden et le premier ministre britannique ont convenu lors d’un entretien téléphonique de participer la semaine prochaine à ce sommet.

Les deux hommes ont « salué la coopération des Etats-Unis et du Royaume-Uni » dans les opérations d’évacuation en Afghanistan, selon les services du premier ministre britannique. Ils ont également évoqué « le besoin de poursuivre une étroite coopération entre alliés et partenaires démocratiques » au sujet du pays, désormais aux mains des talibans, a assuré de son côté la présidence américaine.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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