Afghanistan : 49 Français et leurs familles sont arrivés à Doha, après un décollage depuis Kaboul – Le Figaro

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Ce vol d’évacuation est le second depuis la fin du pont aérien occidental et le départ des Américains d’Afghanistan fin août.

Quarante-neuf ressortissants français et membres de leurs familles sont arrivés à Doha après le décollage d’un vol d’évacuation ce vendredi 10 septembre de Kaboul vers le Qatar, le second depuis la fin du pont aérien occidental et le départ des Américains d’Afghanistan fin août.

Cette opération d’évacuation «permet à 49 de nos compatriotes et de leurs ayant-droits de rejoindre le Qatar», a annoncé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant qu’un vol affrété par le gouvernement les ramènera ensuite à Paris, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le gouvernement français reste «pleinement mobilisé pour assurer de nouvelles évacuations dès que possible» de ressortissants qui resteraient sur place ou d’Afghans menacés par les talibans, a ajouté le Quai d’Orsay.

Quelques Afghans aux abords de l’aéroport

L’avion transportait environ 158 passagers dont des ressortissants français, américains, allemands, canadiens, français, néerlandais, britanniques, belges et mauritaniens, a précisé à l’AFP un responsable qatari qui a requis l’anonymat. Selon lui, l’envoyé spécial qatari en Afghanistan Mutlaq al-Qahtani, était à bord de ce vol, après avoir mené des discussions approfondies avec des responsables gouvernementaux talibans, «en coordination avec les partenaires internationaux». Les passagers doivent être transportés vers un complexe de Doha qui accueille actuellement des Afghans et d’autres personnes évacuées, a-t-il ajouté.

Le départ de ces deux vols rapprochés montre que l’aérodrome, qui avait été saccagé fin août, est proche de pouvoir rouvrir aux vols commerciaux, grâce en particulier aux efforts du Qatar. Le vol Qatar Airways à destination de Doha jeudi comprenait une centaine de personnes, dont 10 Américains et 11 résidents permanents aux États-Unis, 43 Canadiens et 13 Néerlandais.

L’annonce de la reprise des vols a attiré vendredi quelques Afghans aux abords de l’aéroport. Une femme, avec des enfants portant chacun un sac à dos, a plaidé avec des talibans pour qu’ils la laissent entrer dans l’enceinte. «Si je ne peux pas partir, tuez-moi», leur a-t-elle lancé, selon un journaliste de l’AFP sur place. «Elle dit : tuez-moi, mais je suis un taliban, je ne tue pas les gens, je ne suis pas là pour ça», a réagi un capitaine taliban. «Je ne comprends pas ces gens (…) Pourquoi ne restent-ils pas ici et ne travaillent-ils pas? (…) C’est une situation de fous.»

Des milliers d’Afghans, effrayés par le retour des talibans ou en quête d’une vie meilleure en Occident, s’étaient massés après la mi-août autour de l’aéroport dans l’espoir de monter à bord d’un des vols du gigantesque pont aérien organisé par les États-Unis et d’autres pays, qui a permis d’évacuer plus de 123.000 personnes, principalement afghanes. Les évacuations s’étaient déroulées dans une confusion extrême et avaient été marquées par un attentat sanglant, revendiqué par le groupe État islamique, qui avait fait plus d’une centaine de morts, dont 13 soldats américains.

«Flexibilité talibane»

Ned Price, porte-parole du Département d’État, a expliqué que les États-Unis aimeraient «voir plus de vols de cette nature», après avoir dû laisser derrière eux nombre d’Afghans ayant travaillé pour Washington ces deux dernières décennies. La Maison Blanche a reconnu jeudi que les talibans avaient «fait preuve de flexibilité» et s’étaient montrés «professionnels» jusqu’ici sur la question.

Les talibans cherchent à consolider leur pouvoir, après la nomination mardi de leur gouvernement. Malgré leurs promesses d’ouverture, celui-ci est surtout composé de cadres ultra-conservateurs, issus de la génération qui avait imposé un régime rigoriste et brutal entre 1996 et 2001, et ne comporte aucune femme.

Alors que la contestation à leur encontre semblait s’étendre, ils ont interdit provisoirement les rassemblements publics. Des manifestations ont en conséquence été annulées jeudi et le calme régnait à Kaboul vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire.

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