Affaire Mila : l’enquête pour provocation à la haine raciale classée sans suite – Le Parisien

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Le parquet de Vienne vient de classer sans suite l’enquête ouverte pour « provocation à la haine raciale » à l’égard de la jeune lycéenne Mila, cette lycéenne victime de menaces de morts après avoir insulté l’islam sur les réseaux sociaux. Une affaire hautement sensible à laquelle des membres du gouvernement ont tenté de répondre ces derniers jours, renforçant parfois la polémique.

« Les investigations conduites aux fins d’exploitations des propos diffusés, d’analyse de leur dimension contextuelle, de la personnalité de leurs auteurs et des finalités poursuivies, n’ont révélé aucun élément de nature à caractériser cette infraction pénale », a indiqué ce jeudi le procureur de la République de Vienne, Jérôme Bourrier, dans un communiqué.

Cette procédure avait indigné les défenseurs de Mila, qui s’insurgeait du retour du « délit de blasphème » en France, une notion qui n’existe plus dans le droit français depuis 1881. La ministre de la Justice Nicole Belloubet fait aussi l’objet de nombreuses critiques après avoir assimilé mercredi matin la critique des religions à « une atteinte à la liberté ». Une « maladresse » a-t-elle par la suite reconnu.

Différencier « liberté d’expression » et appel à « la haine contre des croyants »

Le parquet a tenu à expliquer le pourquoi de cette enquête préliminaire. Il n’était pas question de juger un quelconque blasphème, qui rentre dans le cadre de « la liberté expression de chacun », mais de vérifier l’absence de « volonté d’exhorter à la haine ou à la violence contre des individus à raison de leur origine ou de leur appartenance à cette communauté ». En l’occurrence les croyants musulmans.

Dans l’une des vidéos, Mila avait notamment déclaré : « l’Islam est une religion de haine. Le Coran c’est de la merde […] Votre religion c’est de la merde, votre Dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir ». Elle a expliqué avoir tenu ces propos après avoir été insultée et harcelée par des internautes, venus l’inquiéter après qu’elle a refusé les avances de l’un d’eux.

En parallèle, la gendarmerie nationale poursuit son travail pour identifier les cyber-harceleurs de la lycéenne mineure, contraint de suivre sa scolarité à distance depuis ses posts vidéo. Ces suspects, auteurs d’insultes homophobes, sexistes et racistes, se compteraient par milliers.

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