Affaire Matzneff : Anne Hidalgo va saisir la justice après la démission de son adjoint Christophe Girard – Le Monde

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Manifestation devant l’Hôtel de ville de Paris, jeudi 23 juillet.

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), a annoncé, vendredi 24 juillet, saisir la justice pour « les graves injures publiques » prononcées contre la mairie, au lendemain d’une manifestation qualifiant l’Hôtel de ville de « pedoland » et de la démission de Christophe Girard, son adjoint à la culture, visé par ces manifestations.

Christophe Girard a choisi, jeudi, de démissionner de son mandat qu’il occupait depuis 2001 à la suite de sa mise en cause, par des élus écologistes alliés à Anne Hidalgo, de son rôle présumé dans l’affaire Gabriel Matzneff, pour laquelle il a été entendu comme témoin. Il avait été interrogé par la police judiciaire en mars, en tant qu’ancien secrétaire général de la maison Yves Saint Laurent dans les années 1980, une structure qui a apporté, à l’époque, un soutien financier à l’écrivain visé par une enquête pour « viols sur mineurs ».

« Ça suffit ! Hier, des propos indignes ont été proférés, des banderoles infamantes ont été brandies. Tout cela porte atteinte à nos valeurs », dénonce Anne Hidalgo dans un communiqué. La maire de Paris « prend acte du fait que les deux élues siégeant dans le groupe des Verts au Conseil de Paris », en l’occurrence Raphaëlle Rémy-Leleu et Alice Coffin, toutes deux militantes féministes et nouvelles élues, à l’origine de ce rassemblement jeudi, « se placent ainsi d’elles-mêmes en dehors de la majorité municipale ».

L’alliance avec les écologistes en crise

Depuis les manifestations et, surtout, depuis la démission de Christophe Girard jeudi, la majorité municipale est en crise. Le premier adjoint d’Anne Hidalgo a jugé vendredi matin que son groupe politique, issu d’une alliance avec la liste écologiste, a « un problème ». « Nous allons demander des excuses à nos partenaires écologistes, non pas sur leur mobilisation que nous respectons mais sur les excès, y compris dans les manifestations », a souligné Emmanuel Grégoire sur Franceinfo.

« Il y avait 20 personnes (…), mais il y avait des pancartes qui étaient inadmissibles,bienvenue à pédolandetpédos en commun, un détournement de notre logo de campagne [Paris en commun] », a dénoncé M. Grégoire. « Ça va être plus qu’une explication. Nous avons un problème, nous souhaitons clarifier les relations de travail, (…) il y a eu un manque de respect évident », a encore déploré le premier adjoint.

La maire de Paris s’est dite, jeudi, « écœurée » de la démission de Christophe Girard, à qui elle avait apporté son soutien il y a quelques jours. Dans son communiqué de vendredi, Anne Hidalgo renouvelle son « affection » à son « ami », « victime d’un déversement de haine et de violence inacceptable et qui, je le rappelle, n’est ni de près ni de loin visé par la moindre plainte ».

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« La honte, la honte, la honte »

Vendredi, Christophe Girard était de retour sur les bancs de l’hémicycle en simple conseiller de Paris, lorsque, de façon inattendue, le préfet de police, Didier Lallement (présent de droit), qui lui adresse son soutien : « Je veux adresser juste un salut républicain à monsieur Christophe Girard, qui nous a donné hier [jeudi], m’a donné, une grande leçon de dignité. Je veux saluer l’homme. »

L’hémicycle s’embrase, les applaudissements des élus dans les rangs socialistes, communistes, et même dans l’opposition, fusent tandis que l’élue Alice Coffin fulmine, leur adressant un mot : « La honte, la honte, la honte ! »

Désormais, selon un communiste, « la question qui se pose c’est : sur qui Anne Hidalgo peut-elle compter au sein des écologistes ? ». « Anne Hidalgo leur a donné beaucoup », estime une source de la majorité, rappelant que les écologistes avaient obtenu 10,8 % au premier tour contre près de 30 % pour la liste d’Anne Hidalgo. « C’est violent ce que les écolos font d’emblée. »

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C’est « un sujet politique », défend auprès de l’AFP David Belliard, ancienne tête de liste EELV aux municipales et adjoint aux transports de la maire de Paris. « Nous ne sommes plus dans le contexte de 2014. Entre-temps, il y a eu metoo, des sujets d’exemplarité, d’égalité femme-hommesEt nos élus sont à l’image de cette société qui bouge, de générations de militantes et de militants qui arrivent aujourd’hui sur les bancs d’une assemblée », ajoute l’élu, qui concède qu’« ils et elles doivent apprendre à travailler ensemble ».

Dans un Tweet, il « condamne avec force » les pancartes et slogans visés par la maire de Paris, qui étaient « insultants et complètement inappropriés ».

Le Monde avec AFP

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