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Affaire Grégory : la justice annule la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 – Le Monde

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Murielle Bolle , le 30 juin 1986.

Murielle Bolle , le 30 juin 1986. ERIC FEFERBERG / AFP

La cour d’appel de Paris a annulé la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, une décision qui pourrait avoir des conséquences en cascade sur l’ensemble de l’enquête de l’affaire Grégory. C’est en effet au cours de cette garde à vue que la jeune fille avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d’avoir enlevé le garçon. Ce dernier avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne.

Conformément aux réquisitions de l’avocat général, la justice n’a en revanche pas annulé les déclarations que l’adolescente, alors âgée de 15 ans, avait faites aux gendarmes avant le début officiel de cette garde à vue, ni son interrogatoire devant le juge Jean-Michel Lambert, quelques jours plus tard.

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Dispositions « inconstitutionnelles »

En février 2019, la Cour de cassation avait ouvert la voie à cette annulation et renvoyé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris la partie du dossier concernant la garde à vue en novembre 1984 de Murielle Bolle, qui était à l’époque âgée de 15 ans.

Devant les gendarmes, la jeune fille avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir kidnappé en sa présence Grégory Villemin. Elle avait réitéré ses propos quelques jours plus tard face au juge d’instruction Jean-Michel Lambert.

Mais l’adolescente s’était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n’a depuis cessé de clamer l’innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du « petit Grégory », Jean-Marie Villemin, en 1985.

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l’adolescente avait été effectuée en application de dispositions « inconstitutionnelles » de l’ordonnance de 1945 sur « l’enfance délinquante », la loi ne prévoyant alors, par exemple, ni présence d’un avocat ni notification du droit de se taire. La plus haute juridiction judiciaire entérinait une décision du Conseil constitutionnel rendue quelques mois plus tôt.

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« L’important, c’est que l’enquête puisse se poursuivre »

« Globalement, nous sommes satisfaits de la décision qui a été rendue », a déclaré à des journalistes Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de Mme Bolle. « L’important pour Jean-Marie et Christine Villemin, c’est que l’enquête puisse se poursuivre », a réagi de son côté auprès de l’AFP l’avocat des parents de Grégory Villemin, Me François Saint-Pierre.

« La Cour d’appel n’a annulé que les déclarations de Murielle Bolle tenues en garde à vue et maintenu au dossier celles qu’elle avait tenus avant cette garde à vue », a-t-il poursuivi. « Or, dans cette audition de témoin assisté, Murielle Bolle a livré aux gendarmes l’intégralité du récit de l’enlèvement de Grégory par Bernard Laroche, c’est l’essentiel. »

Après ce « nettoyage » parisien, le dossier devrait revenir à la cour d’appel de Dijon. L’affaire Grégory, considérée comme l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grand-tante de l’enfant – les époux Jacob qui n’avaient jamais été inquiétés auparavant – et Murielle Bolle ont été mis en examen, soupçonnés d’avoir commis un « acte collectif ». Mais ces poursuites ont ensuite été annulées pour des questions de procédure.

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