Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy trépigne à l’idée de pouvoir enfin s’expliquer à la barre – 20minutes.fr

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Paris, le 30 novembre 2020. Nicolas Sarkozy arrive au tribunal judiciaire de Paris où il doit être jugé pour corruption active et trafic d’influence. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Le procès pour « corruption active » et « trafic d’influence » de Nicolas Sarkozy s’est ouvert le 23 novembre devant la 32e chambre du tribunal judiciaire. Il encourt une peine de dix ans de prison.
  • Dans ce dossier, l’ancien président de la République est accusé d’avoir noué un « pacte de corruption » avec le magistrat Gilbert Azibert, en marge de la « procédure Bettencourt ».
  • Ce lundi, il va enfin avoir l’occasion de s’expliquer à la barre sur les faits qui lui sont reprochés. Il a déjà prévenu qu’il répondrait « à toutes les questions ».

Au tribunal judiciaire de Paris,

Un lion en cage. Depuis l’ouverture de son procès pour « corruption active » et « trafic d’influence », le 23 novembre, Nicolas Sarkozy trépigne à l’idée de pouvoir enfin s’exprimer sept ans après les faits qui lui sont reprochés. Il va en avoir l’occasion ce lundi. Christine Mée, la présidente de la 32e chambre chargée d’examiner  l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth » a programmé son interrogatoire à 13h30. Le but ? Tenter de déterminer s’il a effectivement noué un « pacte de corruption » avec le magistrat Gilbert Azibert en marge de l’affaire « Bettencourt ».

« Vous ne vous rendez pas compte des efforts qu’il doit faire pour rester assis sans rien dire depuis le début », sourit un membre de son équipe de défense. « Combatif » de son propre aveu, l’ancien président de la République a du mal à dissimuler son impatience. Les mouvements permanents de son pied gauche sur le montant de la chaise rouge sur laquelle il patiente l’illustrent à la perfection. Sans parler des suspensions de séance où il ne peut s’empêcher de se lever d’un bond pour aller discuter ici avec un avocat, là avec un policier quand ce n’est pas directement avec les journalistes qui suivent l’audience.

Pour lui, ce ne sont que « des infamies »

Dans ce dossier, l’ancien chef de l’Etat est accusé de « corruption active ». Une première pour un président sous la Cinquième République. Il est soupçonné d’avoir obtenu des informations sur le dossier Bettencourt couvertes par le secret auprès du magistrat Gilbert Azibert en échange d’un « coup de pouce » pour lui obtenir un poste prestigieux à Monaco. Il a toujours nié les faits.

Et a tenu à le rappeler, le 23 novembre, alors que son procès s’ouvrait à peine. Alors que la présidente se lançait dans un simple rappel des faits n’appelant aucune réaction, il s’est excusé et a tenu à indiquer qu’il ne reconnaissait « aucune des infamies avec lesquelles on [le] poursuit depuis six ans. » Ambiance…

L’ancien chef de l’Etat a des choses à dire

L’affaire doit son nom à Paul Bismuth, un nom d’emprunt dont Nicolas Sarkozy et son avocat historique se sont servis pour ouvrir une ligne secrète. Une ligne qui a fait l’objet d’écoutes de la part des juges, suscitant la colère froide des avocats, attachés à leur secret professionnel. Mais alors que Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy et prévenu avec lui dans le dossier, n’a pas accepté de répondre aux questions sur les écoutes lors de son interrogatoire, Nicolas Sarkozy a déjà prévenu qu’il n’aurait pas la même attitude.

Tout en s’excusant auprès de « madame » la présidente, il a déjà prévenu : « Moi je veux la vérité. Donc je m’expliquerai sur toutes les conversations [captées lors des écoutes]. J’ai fait un choix. C’est de répondre à toutes les questions. » Et il devrait y en avoir quelques-unes. Le procès doit s’achever jeudi. Nicolas Sarkozy encourt une peine de dix ans de prison et un million d’euros d’amende.

Suivez en direct le procès sur le compte Twitter de notre journaliste :  @vvantighem

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