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ADP et EDF obtiennent des fréquences pour développer leurs réseaux 4G et 5G

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ADP et EDF obtiennent des fréquences pour développer leurs réseaux 4G et 5G

C’était dans les tuyaux, c’est désormais officiel. L’Arcep a annoncé ce mardi avoir attribué des fréquences dans la bande des 2,6 GHz aux groupes ADP et EDF, afin de permettre à ces derniers de mettre en place des réseaux mobile 4G (avec une évolution possible en 5G).

Cette annonce fait suite à l’ouverture, en mai dernier, d’un guichet d’attribution de fréquences sur la bande 2,6 GHz TDD (2570-2620 MHz). Celui-ci avait été ouvert au printemps 2019 par l’Arcep afin de permettre aux acteurs économiques d’avoir accès au très haut débit, via l’attribution de blocs de 5, 10, 15 ou 20 MHz au sein de la bande 2575-2615 MHz. L’objectif ? Permettre de « répondre aux besoins spécifiques de connectivité de certaines entreprises et organisations », ces fameuses verticales qui font l’objet de toutes les attentions de la part de l’Arcep comme du gouvernement.

La société ADP, via sa filiale Hub One, s’est ainsi vue octroyée, pour une durée de dix ans, des blocs de fréquences sur la bande des 2,6 GHz. Cette attribution doit permettre à ADP de lancer, dans le courant de l’année 2020, « un réseau mobile privé à très haut débit couvrant les aéroports Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget ».

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ADP se lance dans les “Smart airports”

« L’attribution par l’Arcep de fréquences dans la bande des 2,6 GHz TDD participe au développement du “smart airport” que le Groupe ADP promeut, afin de faciliter l’émergence de nouveaux services visant à améliorer la fluidité et la sécurité des opérations et de l’expérience client », s’est félicitée la direction du groupe au terme de la décision de l’Arcep. Celle-ci a expliqué que ces fréquences seront également mises à disposition de la compagnie Air France-KLM afin de lui « permettre d’améliorer ses performances opérationnelles et ainsi la satisfaction de ses clients grâce aux communications voix, données et vidéo permises par cette technologie ».

Pour Guillaume de Lavallade, le directeur général de Hub One, « le déploiement d’un réseau 4G/5G mobile privé est une étape majeure pour accélérer le développement du smart airport et ainsi mieux répondre aux enjeux de la communauté d’acteurs autour de l’industrie 4.0 ». Ce dernier a précisé que « les fréquences seront exploitées dans un premier temps en 4G, sur un réseau déjà prêt pour la 5G, et qui pourra basculer lorsque l’écosystème sera mature ».

Parmi les applications rendues possibles par l’obtention de ces fréquences, l’Arcep expliquait lors du lancement de son guichet d’attribution de fréquences que « l’accès au très haut débit (4G, à terme 5G), grâce à la bande 2,6 GHz TDD, permettra des gains de performance et de compétitivité significatifs : ainsi, par exemple, la transmission de vidéo en temps réel sera désormais possible sur ces réseaux, ce qui permettra aussi bien d’améliorer la sécurité (vidéosurveillance) que d’ouvrir la voie à des usages inédits comme le pilotage à distance de navettes autonomes ».

Des fréquences utiles pour le Grand Paris ?

A noter que la Société du Grand Paris (SGP) et SNCF-Réseaux ont également déposé des demandes pour se voir octroyer des blocs de fréquences dans la bande des 2,6 GHz sur des zones limitrophes des terminaux d’ADP. L’Arcep est actuellement en train d’instruire ces dossiers, déposés au mois de septembre dernier. Les demandes de ces deux organisations concernent le développement des futures lignes de transport en commun reliant les différents aéroports franciliens.

Dans sa lettre de manifestation d’intérêt, SNCF-Réseaux a précisé que l’obtention d’un bloc de fréquences sur la bande des 2,6 GHz servirait à mettre en place des dispositifs de « vidéo-protection, de télésurveillance des ouvrages d’art et des voies ferrées ». Cela servira également à des « déchargements massifs de données entre le bord et le sol », à « la mise en œuvre de capteurs pour l’amélioration de la maintenance prédictive », aux « liaisons commande de manœuvre assistées par vidéo » ou encore à « la continuité d’exploitation ferroviaire entre les zones RATP et SNCF ».

EDF veut équiper son parc nucléaire

Pour rappel, la direction d’EDF avait de son côté déposé une demande afin d’obtenir, pour une durée de 10 ans, un bloc de 20 MHz de fréquences sur la bande 2,6 GHz dans le but de faire évoluer son réseau mobile professionnel (PMR). L’idée, pour EDF, était de s’équiper dans un premier temps d’un tel réseau dans un rayon de 1,8 km autour de la centrale nucléaire du Blayais, située en Nouvelle-Aquitaine. Un souhait exaucé par l’Arcep, qui vient d’autoriser EDF à utiliser, jusqu’en novembre 2029, la bande de fréquences 2575-2595 MHz pour édifier un réseau mobile destiné à un besoin professionnel.

« Ce projet a pour objectif de déployer une infrastructure LTE-4G privée nécessaire à la sécurité et à la sûreté de l’exploitation des centrales nucléaire (en remplacement des réseaux radio actuels). Cette demande s’inscrit dans le cadre des démarches visant à permettre la mise en œuvre de réseaux de type PMR pour l’ensemble du parc nucléaire d’EDF. Le contexte d’obsolescence actuel des infrastructures radio nécessite un renouvellement afin de permettre la mise en œuvre d’une solution PMR pérenne et adaptée aux nouvelles exigences des exploitants du parc nucléaire », expliquait la direction d’EDF dans sa manifestation d’intérêt, déposée à l’été dernier auprès du gendarme des télécoms.

A noter que si EDF a précisé vouloir généraliser l’usage de cette bande de fréquences pour l’ensemble de son parc nucléaire, aucune demande supplémentaire en ce sens n’a pour l’heure été reçue de manière officielle par l’Arcep.

Les acteurs du transport Transdev et Vedecom intéressés

Depuis l’ouverture de ce guichet d’attribution des blocs de fréquences sur la bande des 2,6 GHz, le gendarme des télécoms a reçu d’autres demandes émanant de quatre sociétés supplémentaires. Celles-ci sont encore en phase d’études mais en disent long sur l’intérêt que portent les verticales industrielles à l’usage des nouvelles technologies de télécommunication mobile pour la mise en place de leurs propres réseaux privatifs.

La première demande a été transmise par Vedecom, un institut français de recherche dédié aux mobilités durables et situé à Versailles, dans les Yvelines. Cette demande, qui concerne l’obtention d’un bloc de 20 MHz de fréquences sur la bande des 2,6 GHz, a pour objet la « mise au point des systèmes de mobilité autonome (véhicules à conduite déléguée, navettes de transport public autonome, drones, infrastructures coopératives, etc.) » dans le département des Yvelines (78).

La deuxième lettre de manifestation d’intérêt concerne également les transports et a été transmise par l’un des géants du secteur, à savoir Transdev. La multinationale souhaite obtenir un bloc de 20 MHz de fréquences sur la bande des 2,6 GHz sur le site du technopole du Madrillet, à Rouen (76).

« Depuis 2018, nous avons déployé un réseau 4G privé sur le site du technopôle de Rouen afin d’expérimenter le service de transport à la demande en véhicule autonome. Dans la perspective d’un lancement commercial du système de transport autonome, nous continuons ces expérimentations avec le nouveau projet Evra Rouen pour une durée de 4 ans. Afin de pérenniser la connectivité 4G privée déjà déployée, nous vous soumettons, par la présente lettre, une demande d’attribution de fréquences 4G LTE TDD B38 pour le site du technopôle du Madrillet à Rouen », a fait savoir la direction du groupe afin de justifier cette demande.

Alcatel-Lucent et Airbus également candidats

De son côté, Alcatel-Lucent a également fait part de son intérêt pour l’obtention d’un bloc de 40 MHz de fréquences sur la bande des 2,6 GHz, à Paris ainsi que dans le département francilien de l’Essonne. Le groupe a indiqué vouloir disposer de ces fréquences dans le but de déployer un réseau de test et d’intégration pour des écosystèmes Entreprise.

« Dans le cadre de co-création ou de contrats Entreprise, nous avons besoin d’un réseau dédié à l’expérimentation, l’intégration et au test. L’un des points importants des cas d’usage “Entreprise” est que le trafic est surtout montant, ce qui nécessite de pouvoir disposer de 40 MHz dans beaucoup de ces cas », a précisé le groupe, pour justifier sa demande d’un bloc de fréquences supérieures à la normale.

Enfin, Airbus s’est également porté candidat pour l’obtention de fréquences dans la bande des 2,6 GHz sur ses sites de production de Toulouse, Saint-Nazaire et Elancourt. « L’accès à ces fréquences permettra d’adresser les besoins en digitalisation des usines (lignes d’assemblages, ateliers, logistiques, essais en vols), les communications des équipes de sécurité (sûreté des sites, pompiers), ainsi que des besoins de test, d’intégration et de validation des projets de PMR », précise le constructeur dans sa lettre de manifestation d’intérêt.

« A terme, l’objectif est de réduire le parc Wi-Fi dans les zones de production industrielle et de remplacer les communications sur les technologies radio de PMR tel que Tetrapol et DECT », a également indiqué la direction du géant européen de l’aéronautique. Reste désormais à voir comment toutes ces candidatures seront reçues par l’Arcep, qui a d’ores et déjà remporté son pari d’édification d’une industrie 4.0 à la française en suscitant l’engouement de ces fameuses verticales tant attendu pour le développement de réseaux de télécommunications privatifs.

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