Adepte du « travaillisme », Guillaume Peltier, numéro 2 de LR, épuise ses collaborateurs – Le Monde

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Le discours est bien rôdé. Guillaume Peltier, vice-président délégué des Républicains, aime rappeler que son parti « a toujours fait du travail sa valeur cardinale ». Mais travailler pour le député du Loir-et-Cher s’avère éprouvant.

Selon un décompte du Monde, plus d’une vingtaine de personnes se sont succédé, depuis 2017, auprès du député, conseiller régional et numéro deux de LR. La plupart ont jeté l’éponge, épuisés ou fâchés. Rythme de travail effréné, demandes de tâches sans cesse urgentes, nombreux messages nocturnes, manque de considération expliquent cet intense turnover, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Contacté, Guillaume Peltier dénonce des « remous de l’aigreur et de la jalousie » et souligne que « la vie politique commande un engagement de tous les instants ».

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En décembre 2020, deux assistants du député, l’un travaillant à Paris, l’autre dans le Loir-et-Cher, ont quitté le navire. Avec deux ans et dix-huit mois de collaboration, ils faisaient figure d’« anciens ». Devant l’éventualité d’une procédure prud’homale, l’élu a accepté de leur verser plusieurs mois de salaire. « Concernant mon assistant parlementaire à Paris, nous a répondu Guillaume Peltier, il aspirait à un travail plus calme et nous avons abouti à une rupture à l’amiable. » L’ex-assistant en question, qui n’a pas souhaité s’exprimer, travaille désormais pour deux autres députés LR.

Mélange des vies privée et professionnelle

Sollicités, certains de ceux qui ont travaillé pour M. Peltier n’ont pas souhaité répondre au Monde. Mais une poignée d’autres ont accepté de partager, de manière anonyme, leurs expériences professionnelles, souvent pénibles. Ils racontent un homme refusant la contradiction. « Guillaume a besoin d’être entouré de gens qui l’admirent et dévoués corps et âme, résume un « ex » qui n’a tenu que quelques mois. Pour avoir bossé avec d’autres élus de premier rang, ce n’est pas quelqu’un qui a un comportement normal. » « On se retrouve dans une forme d’asservissement », estime une autre collaboratrice, qui a eu « la chance de pouvoir démissionner ». « Quand vous bossez pour lui, vous êtes censé être pro-Peltier, témoigne une troisième ex-assistante. Tout le monde doit être à ses pieds et louer ce qu’il fait, même si c’est nul. » « Grotesque, répond M. Peltier, chacun est libre depuis toujours dans mon équipe d’exprimer son esprit critique, en positif ou négatif. »

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