À Toulouse, Sandrine Rousseau explique comment “déconstruire” – LaDepeche.fr

l’essentiel La députée écoféministe était, ce mardi, à Toulouse pour parler déconstruction. Il s’agit pour elle de mettre au jour les impensés qui structurent notre société… pour la changer.

« C’est une belle tête d’affiche, elle fait du bien aux femmes, même si je la trouve un peu dangereuse dans ces prises de position sur la sphère privée »… Comme Annie, une perceptrice à la retraite, ils et elles, jeunes et moins jeunes, sont venus, nombreux, ce mardi, au théâtre des Mazades, pour entendre la députée écologiste Sandrine Rousseau parler « déconstruction », le thème du débat d’actualité organisé dans le cadre de la Biennale artistique de Toulouse. « Déconstruire, c’est voir la partie immergée de l’iceberg, rendre visibles les impensés qui structurent notre société et que l’on interroge jamais, explique-t-elle. Par exemple la mise à disposition du corps des femmes. Ces choses perçues par tout le monde dont on s’arrange ». Au passage Sandrine Rousseau tient aussi à déconstruire sa propre image médiatique. Sa caricature ? « Je ne parle pas que de féminisme, suggère-t-elle. Pourquoi d’ailleurs me renvoie-t-on à ça ? On ne veut pas entendre la radicalité écologique que je porte. C’est une façon d’invisibiliser ma parole. Or, quand on parle domination, on parle écologie. On ne peut plus dégrader la nature, ni les êtres humains. Si on veut aller vers une transition écologique d’ampleur, on ne peut pas se contenter de bidules. Il faut revoir les fondements de la société organisée par une minorité pour prendre, utiliser et jeter, sans se préoccuper des conséquences ».

« Nous n’avons pas le temps d’être poli(e)s avec le système »

Sandrine Rousseau parie sur d’autres valeurs : le respect, la solidarité, le soin… Et compte bien continuer le combat. « Je n’ai peur de rien, dit-elle. Il faut arrêter d’avoir peur. Dès qu’on a peur on s’interdit des choses. En l’occurrence, il n’y aura pas de transformation écologique sans une révision profonde de la place des femmes dans la société », assure-t-elle. En s’attachant aussi, dans sa pratique quotidienne, à déconstruire le (et la) politique. « Il y a un code de langage, de tenues auquel on doit se conformer. Il s’agit avec l’écologie d’avoir une autre manière d’être et de questionner la notion de pouvoir ». Quant à la polémique sur les hommes et les barbecues, elle assume. «Dès lors que l’on sait qu’il va falloir diminuer notre consommation de viande de 70 à
80 %, comme nous le disent les experts du GIEC, on regarde qui en mange et il se trouve que ce sont les hommes qui en consomment le plus. C’est un constat ». Ou la déconstruction par l’exemple. « C’est enthousiasmant de regarder ce qu’il y a dans les placards, de les ouvrir et de les nettoyer »… Sandrine Rousseau revendique encore sa radicalité : « Nous avons quelques mois pour agir. On n’a pas le temps d’être poli(e)s avec le système”.
 

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