De nombreuses manifestations sont prévues dans plusieurs villes, samedi 2 février, avec un hommage particulier aux “gilets jaunes” blessés depuis le début du mouvement.

Pour le douzième samedi consécutif, les “gilets jaunes” se mobilisent partout en France, samedi 2 février, alors que le grand débat national voulu par le gouvernement se poursuit. La semaine dernière, lors du 11e samedi de mobilisation, les manifestations ont rassemblé 69 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, dont 4 000 à Paris. A quoi faut-il s’attendre pour la journée du 2 février ? Franceinfo fait le point sur les événements prévus dans l’Hexagone.

Plusieurs marches pour dénoncer “les violences policières”

La douzième journée de mobilisation va être dédiée à la centaine de manifestants blessés depuis le début du mouvement. A Paris, des personnes blessées, parfois gravement, seront en tête de cortège d’une marche qui se veut “pacifique”.  Les “gilets jaunes” réclament la fin des “violences policières qui mutilent”. Des manifestants, victimes de tir de lanceur de balles de défense (LBD), d’explosion de grenades lacrymogènes GLI-F4 ou des projectiles de grenade de désencerclement DMP, y réclameront l’interdiction de ces trois armes.

L\'évènement créé sur Facebook appelle à une manifestation à Paris,  le 2 février 2019, pour la centaine de blessés depuis le début du mouvement.
L’évènement créé sur Facebook appelle à une manifestation à Paris,  le 2 février 2019, pour la centaine de blessés depuis le début du mouvement. (FACEBOOK)

La manifestation, déclarée en préfecture, doit partir à midi de l’avenue Daumesnil dans le 12e arrondissement de Paris et doit rejoindre la place de la République à 17 heures. Par ailleurs, trois des figures des “gilets jaunes”, Priscillia Ludosky, Eric Drouet et Maxime Nicolle, vont manifester ensemble à Paris, a annoncé ce dernier dans un live sur Facebook diffusé lundi soir.

A Marseille, les “gilets jaunes” ont prévu en prélude au défilé sur le Vieux-Port, d’ériger un “mur de la honte” en souvenir des 14 personnes mortes (11 en France, 3 en Belgique) depuis le début du mouvement. A Toulouse, un groupe donne rendez-vous à 14 heures au métro Jean Jaurès et demande aux manifestants de venir avec un œil caché en hommage aux blessés, signale France 3 Occitanie. Par ailleurs, des syndicats ont déclaré une manifestation, qui doit se diriger vers le monument aux morts.

Des “gilets jaunes” se rassembleront également samedi à Nancy (Meurthe-et-Moselle) “contre les violences policières” ; à Lille, où 500 personnes sont inscrites à l’événement ; à Bordeaux, où la page Facebook annonce environ 700 participants, tout comme à Rouen (Seine-Maritime). A Libourne (Gironde), une minute de silence sera observée devant le monument aux morts de la ville, annonce Sud Ouest.

Une nouvelle “nuit jaune” dans la capitale

C’est le deuxième appel de ce type à Paris. Sur Facebook, un événement appelle à une “nuit jaune” place de la République. Nous la dédierons à Jérôme, atteint en plein œil suite à l’explosion d’une grenade de désencerclement / tir de flashball”, est-il écrit, en référence à Jérôme Rodrigues, blessé lors de la 11e mobilisation. Près de 900 personnes se sont inscrites. L’événement précise qu’à cette occasion les revendications des participants seront recueillis dans un “cahier jaune”, qui fera office de cahier de doléances. L’objectif affiché est de “débattre et d’échanger”.

Un évènement sur Facebook appelle à une \"nuit jaune\" à Paris, le 2 février 2019.
Un évènement sur Facebook appelle à une “nuit jaune” à Paris, le 2 février 2019. (FACEBOOK)

La semaine dernière, quelques centaines de “gilets jaunes” étaient présents place de la République. Mais le rassemblement a été rapidement dispersé après des tensions avec les forces de l’ordre.

Dans la Drôme, Valence craint les casseurs

Une grande manifestation régionale est également prévue, ce samedi, à Valence (Drôme). Sur la page Facebook de l’événement, près de 900 personnes se sont inscrites et plus de 5 000 se disent intéressées. Jusqu’à 10 000 manifestants sont attendus, selon la mairie, qui a pris des mesures exceptionnelles avec la préfecture pour l’occasion. 

La page Facebook de l\'évènement à Valence (Drôme), le 2 février 2019.
La page Facebook de l’évènement à Valence (Drôme), le 2 février 2019. (FACEBOOK)

On va mettre Valence sous cloche toute la journée, de 7 heures à 21 heures et faire tout pour qu’il n’y ait pas de débordements”, a prévenu le maire Les Républicains de Valence, Nicolas Daragon, à franceinfo.

La préfecture s’attend à la présence de plusieurs centaines de casseurs et a décidé d’établir un périmètre fermé “assez large” dans le centre-ville, avec des contrôles d’identité sur les points d’accès, et a recommandé aux commerçants de baisser le rideau samedi. Dans le centre-ville, les transports en commun seront interrompus, les parkings souterrains fermés et une grande partie du mobilier urbain a déjà été démonté.

Face à cette situation, et n’ayant pas été associés à l’organisation de cette manifestation régionale, les organisateurs “gilets jaunes” locaux habituels se sont retirés de l’événement, comme ils l’ont confirmé à franceinfo. “Ils n’étaient pas d’accord sur beaucoup de choses. Ils avaient peur que des casseurs viennent et que cela dégénère”, explique de son côté à franceinfo, Steven Lebee, l’un des organisateurs de la manifestation du 2 février, qui justifie le choix de Valence : “Ça bouge beaucoup dans cette ville chaque samedi. Certains voulaient aller à Paris mais cela fait trop loin donc on se retrouve à Valence.” 

Les mots d’ordre seront le RIC, le pouvoir d’achat et les violences policières, il faut que chacun puisse dire son ras-le-bol.Steven Lebee, l’un des organisateurs de la manifestation à Valenceà franceinfo

Quant à la présence possible de casseurs, Steven Lebee estime que les déclarations du préfet sont “un appel à ce qu’il y ait plus de casseurs”. “C’est impossible à calculer, il faut être réaliste”, ajoute-t-il.

Des “gilets jaunes” à des fêtes ou événements sportifs

En plus des traditionnelles manifestations, des “gilets jaunes” comptent bien se montrer à d’importants événements locaux déjà prévus. Ainsi, dans le Jura, ils se sont donné rendez-vous à la fête viticole, la Percée du vin jaune, à Poligny, rapporte France 3 Grand Est“En aucun cas, nous ne sommes là pour empêcher le déroulement de la Percée. Nous sommes là en soutien aux vignerons qui, jour après jour, sont pris à la gorge eux aussi”,précisent les “gilets jaunes” à l’initiative de l’événement. Des stands devraient ainsi être installés pour parler du RIC ou des actions à venir.

Dans le Pas-de-Calais, les “gilets jaunes” ne veulent pas gêner l’Enduropaledu Touquet, la course de motos qui réunit chaque année des centaines de milliers de spectateurs. Néanmoins, les “gilets jaunes” veulent être visibles. Ils appellent les motards à enfiler leurs gilets jaunes 10 kilomètres avant l’arrivée au Touquet, relaie ainsi La Voix du Nord.

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