«A mort les fachos» : à Paris, une procession catholique attaquée – Le Parisien

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Il est 17h15 ce samedi, lorsque la procession catholique en hommage aux 150 ans du « martyre de la rue Haxo » s’ébranle, rue de la Roquette, à Paris, dans le 11e arrondissement. Un cortège « familial », composé de 312 personnes – laïcs, prêtres, enfants de chœur et scouts –, précédé d’une voiture de police et accompagné d’un camion sono.

Durant la Commune de Paris, de mars à mai 1871, l’Église catholique a eu à déplorer de nombreux morts dans ses rangs, notamment l’archevêque Darboy et dix ecclésiastiques tués rue Haxo le 26 mai 1871.

Enregistrée en préfecture, la marche hommage organisée par les différentes paroisses de secteur devait cheminer sur quatre kilomètres pour rejoindre l’église Notre-Dame-des-Otages, rue Haxo (20e arrondissement), où devait se tenir une prière. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Comme le laissent voir des vidéos qui circulent sur la toile ce dimanche.

VIDÉO. Le cortège « familial » de 312 personnes attaqué

Dès le départ de la marche, les insultes pleuvent : « A bas la calotte ! A mort les Versaillais ! », scandent des groupes attablés en terrasses de café. « Des manifestants partisans de la Commune, selon le service de sécurité du diocèse, identifiables à leurs drapeaux et autres signes d’appartenance à la mouvance d’extrême gauche anarchiste et antifa », qui se rafraîchissaient après une manifestation.

Des manifestants jetés au sol

Un peu plus loin, à l’angle de la rue de la Roquette et du boulevard de Ménilmontant, l’ambiance se dégrade. Des contre-manifestants se mettent à suivre la procession. La pression est de plus en plus forte. Les injures pleuvent, contraignant plusieurs pèlerins à quitter le cortège. Puis viennent les agressions physiques, alors que le groupe arrive aux abords de la rue des Panoyaux (20e).

« Là, des groupes antifa nous attendaient clairement », assure Hubert, l’un des organisateurs de la marche. Selon lui, drapeaux et bannières ont été arrachés, les rétroviseurs du camion sono cassés, plusieurs personnes, dont certaines âgées, ont été jetées au sol au cri de « A mort les fachos », les enfants étaient terrorisés. « Même si nous pensions essuyer quelques quolibets, jamais nous n’aurions pensé déclencher une telle haine, déplore Hubert. Nous ne sommes ni politiques, ni militants : il s’agissait simplement d’un hommage à des prêtres tués. »

Confinés dans l’église, ils sont exfiltrés par la police

Un homme sera évacué d’urgence par les secours après avoir été frappé en pleine tête avec une bouteille. « Cela fait des décennies qu’un défilé chrétien n’avait pas été attaqué de la sorte… », constate l’organisateur.

Alors que la tension est à son comble et le service d’ordre totalement dépassé, l’un des deux policiers qui escortent la marche sort, seul, de la voiture, pour s’interposer entre les groupes violents et les pèlerins : « Il a juste utilisé sa gazeuse, précise Hubert. Ce fonctionnaire a été d’un courage exceptionnel. »

À 18 heures, la société de sécurité appelle la salle de commandement de la préfecture de police pour donner l’alerte. Des renforts de l’unité motocycliste, spécialisée dans la répression des actions violentes, arrivent quelques minutes plus tard, et le cortège peut reprendre sa route. Mais lorsque les pèlerins arrivent à hauteur de l’église Notre-Dame-de-la-Croix, entre 30 et 50 manifestants leur barrent à nouveau le chemin, contraignant l’organisation à confiner dans l’église les participants et à interrompre l’hommage. Ils y resteront une heure, avant d’être exfiltrés, deux par deux, par la police.

Le diocèse a annoncé ce dimanche qu’une plainte contre X serait déposée, soit par lui-même, soit au nom de la paroisse ou de l’archevêque. « La liberté de culte doit pouvoir s’exercer en toute sérénité dans notre pays. Pensées pour les catholiques de France » a réagi ce dimanche soir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, sur Twitter.

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