À Laon, Jadot répond à Hidalgo : «C’est autour du projet écologiste qu’il faut se retrouver» – Le Figaro

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Dans un premier grand meeting de campagne, le candidat a assuré aux socialistes que «la maison de l’écologie est grande ouverte». Et rappelle qu’il s’était lui-même désisté derrière Benoît Hamon en 2017.

Karima Delli connaît bien ces plaines à perte de vue qui défilent à travers les fenêtres du TER, direction Laon. Il y a six mois, l’eurodéputée EELV les arpentait comme tête de liste d’une gauche unie pour les régionales dans les Hauts-de-France. Le contexte a changé. Désormais engagée pour la présidentielle derrière Yannick Jadot, son collègue au Parlement européen, elle fustige la proposition d’Anne Hidalgo pour une primaire de toute la gauche. «En avril dernier, Yannick Jadot n’a pas simplement tendu la main, il a ouvert les bras pour le rassemblement ! Personne n’a joué le jeu. Le temps de la primaire est passé maintenant», juge-t-elle.

«L’écologie, ce n’est pas une punition»

Yannick Jadot n’avait pas l’intention de laisser son samedi, chez lui en Picardie, entaché par les rêveries socialistes. Le candidat écologiste avait rassemblé les siens dans un gymnase de Laon, à quelques kilomètres de son village natal, pour un tout premier grand meeting de campagne. Avant son arrivée, Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, défendait lui aussi : «Il faut de la clarté, de la cohérence. Si les socialistes veulent présenter un projet social-démocrate, qu’ils le fassent. C’est la démocratie. S’ils veulent présenter un projet écologique, qu’ils nous rejoignent», a-t-il jugé. Sur scène, un artiste reprend un air de Bach au violon. «La culture et la civilisation face au chaos et à la violence de la droite», glisse depuis le premier rang David Belliard, conseiller EELV de Paris, soutien de Yannick Jadot du premier jour.

Lors de son discours, le candidat voulait donc réaffirmer sa candidature, et surtout prouver qu’il pouvait déjouer les pronostics, lui qui est toujours scotché sous la barre des 10% des intentions de vote. «L’écologie, ce n’est pas une punition. Ce n’est pas prendre une douche froide une fois par mois dans le noir. L’écologie, c’est un beau projet, c’est la capacité à vivre mieux», a commencé Yannick Jadot. Dans un discours d’une heure et demie, devant ses principaux soutiens – dont sa mère et un de ses fils – l’écologiste a illustré sa «République écologique», mettant en avant la «justice sociale», les «services publics», mais aussi «un nouveau modèle de démocratie» où l’Assemblée nationale «deviendra le cœur battant de la démocratie».

«Il faut avoir du panache en politique!»

Puis est venu le moment de répondre à Anne Hidalgo. «J’entends et je partage les aspirations des électeurs de gauche qui ne veulent pas se retrouver dans la situation de devoir à nouveau choisir entre la droite et l’extrême droite», a-t-il assuré. Tout en appelant à se ranger… derrière sa candidature. «C’est autour des idées et du projet écologiste pour la France qu’il faut se retrouver. La maison de l’écologie est grande ouverte», a certifié le candidat, promettant que la gauche «trouverait les moyens du rassemblement».

À la fin du meeting, Sandrine Rousseau, finaliste de la primaire des écologistes, et favorable depuis toujours à un rassemblement de la gauche, résume : «Yannick a dit non à la primaire. Cependant, Anne Hidalgo a posé une question. Il y a désormais plusieurs moyens d’y répondre», a estimé la présidente du conseil politique de la campagne. Yannick Jadot propose, lui, une solution, toujours la même : un désistement des socialistes, comme lui l’avait fait derrière Benoît Hamon en 2016. «Et à l’époque, je ne crois pas avoir demandé une autre primaire. Il faut avoir du panache en politique!»

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