A Davos, Donald Trump fustige les « prophètes de malheur » devant Greta Thunberg – Le Monde

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Donald Trump à Davos, mardi 21 janvier 2020.

Donald Trump à Davos, mardi 21 janvier 2020. Gian Ehrenzeller / AP

Le président américain, Donald Trump, a fustigé les « prophètes de malheur » et les « prédictions d’apocalypse » lors d’un discours mardi 21 janvier à Davos, auquel assistait la militante du climat Greta Thunberg. « Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l’apocalypse », a-t-il dit lors du Forum économique mondial, peu après que la jeune Suédoise eut regretté que « rien n’ait été fait » pour enrayer le changement climatique.

Plus tôt dans la matinée, la jeune Suédoise avait déploré l’inaction des élites politiques et économiques pour le climat en dépit de tous les discours en faveur de l’environnement. Dans le cadre enneigé de la station de ski des Grisons (Suisse), le réchauffement climatique domine cette année le Forum économique mondial (WEF), à l’heure où les entreprises rivalisent de promesses et les gouvernements de discours alarmistes.

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Certes, « le climat et l’environnement sont un sujet d’actualité aujourd’hui », mais « en pratique, rien n’a été fait », « les émissions de CO2 n’ont pas diminué », a rappelé Greta Thunberg devant les grands patrons et responsables politiques réunis jusqu’à vendredi dans la luxueuse station de ski suisse. Ce n’est pourtant pas faute de recevoir l’attention médiatique, a-t-elle estimé, avec comme une pointe d’amertume. « Je ne peux pas me plaindre de ne pas être écoutée. On m’écoute tout le temps », a dit l’adolescente, devenue représentante mondiale de la mobilisation des jeunes pour le climat.

« Nous sommes le NUMERO UN dans l’univers »

Greta Thunberg à Davos, mardi 21 janvier.

Greta Thunberg à Davos, mardi 21 janvier. FABRICE COFFRINI / AFP

Nulle préoccupation climatique en revanche dans le tweet envoyé dans la nuit par Donald Trump, l’autre tête d’affiche annoncée mardi à Davos. En campagne pour sa réélection, en novembre, et à quelques heures de l’ouverture de son procès en destitution à Washington, il entend vanter sa politique de l’« America First ». « En route pour Davos, pour rencontrer les Leaders du monde et des affaires, et ramener (…) des centaines de milliards de dollars aux Etats-Unis ! Nous sommes le NUMERO UN dans l’univers, de loin », a-t-il tweeté.

Il y a deux ans, l’imprévisible président américain avait été plutôt bien accueilli par les grands patrons rassemblés en Suisse qui avaient retenu ses largesses fiscales plutôt que ses diatribes contre le libre-échange. Donald Trump doit avoir à Davos des entretiens avec la présidente de la Commission européenne, ainsi qu’avec le président irakien, ce peu après l’assassinat en Irak d’un général iranien par les forces américaines.

Croisera-t-il aussi Greta Thunberg ? Invitée à Davos pour la deuxième année de suite, la militante de 17 ans s’exprimera une nouvelle fois après le président des Etats-Unis lors d’une table ronde et ouvrira dans l’après-midi une session au titre sans équivoque : « Eviter l’apocalypse climatique ». Reste à savoir quel impact concret ces mises en garde auront.

Les ONG se gardent de tout triomphalisme

Dans une récente enquête du cabinet PwC auprès de presque 1 600 patrons, le changement climatique ne figurait même pas parmi les dix principales menaces pour l’économie mondiale pour 2020, n’apparaissant qu’en onzième position.

Et les organisations non gouvernementales (ONG) présentes à Davos se gardent de tout triomphalisme. « Il y a une énorme progression de la prise de conscience au niveau des grands patrons, mais le défi est de la traduire aux échelons inférieurs, au sein de groupes gigantesques » aux chaînes de production complexes, insiste Marco Lambertini, secrétaire général du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Selon un rapport de Greenpeace publié mardi, dix banques régulièrement présentes à Davos ont à elles seules financé entre 2015 et 2018 le secteur des énergies fossiles à hauteur de 1 000 milliards de dollars.

Le Forum lui-même a été parfois taxé d’hypocrisie climatique en raison du ballet de jets, d’hélicoptères et de limousines qu’il occasionne. Cette année, il tente de montrer l’exemple en bannissant les ustensiles à usage unique, en montant des buffets sans viande, en compensant les émissions carbone ou en prodiguant des conseils sur le carburant utilisé pour les avions privés.

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