À Bordeaux, des militants LREM à bloc, un François Bayrou contrarié… et un Édouard Philippe candidat au Havre ? – Ouest-France

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Plus de 3 000 personnes ont suivi le premier « Campus des Territoires » de La République en marche, ce week-end, à Bordeaux. Porté par une rentrée politique plutôt à son avantage, le mouvement veut jouer un rôle central dans « l’acte II du quinquennat » et marquer des points aux élections municipales de 2020. Derrière la dynamique affichée, la majorité présidentielle devra ménager ses différentes composantes… et gérer quelques surprises. Dont un Premier ministre candidat au Havre en 2020 ?

« Gonflés à bloc ! » Les marcheurs qui ont assisté au premier « Campus des Territoires » de LREM ce week-end à Bordeaux repartent avec le sourire. Et convaincus que leur mouvement est en train de franchir un cap.

La majorité présidentielle a plutôt réussi sa rentrée, avec la bonne séquence internationale du G7, à Biarritz, deux entrées au gouvernement et des cotes de popularité du Président et du Premier ministre en hausse. Leur mouvement, qui revendique 420 000 adhérents, n’est « ni divisé, ni essoufflé » après trois années d’existence.

Et la présence de plus de 3 000 militants et de la quasi-totalité des membres du gouvernement, dont leur patron, Édouard Philippe, vient de les convaincre qu’ils sont fin prêts pour entrer dans « l’acte II de la République en marche ». En commençant par gagner les municipales.

L’objectif ? Des élus dans le plus de villes et villages possibles

Stanislas Guerini, délégué général de LREM, demande à ses troupes de mener la future campagne « avec modestie, avec humilité », la plaçant sous le signe du rassemblement. « La logique de l’acte II, leur dit-il, c’est de changer le système par le bas ». Son objectif principal pour le printemps 2020 ? « Faire progresser nos idées dans un maximum de villes. » Pour y parvenir, il faudra faire alliance. Y compris avec des candidats qui ne se présenteront pas aux couleurs d’En Marche.

Stanislas Guerini, délégué général de La République en marche, a mis le cap sur les municipales 2020 devant les militants. | GEORGES GOBET / AFP

« Oui, nous soutiendrons des maires qui portent des étiquettes différentes [de LREM] ou sans étiquette – à l’exception des extrêmes, redit le patron des marcheurs. Nous devons rassembler toutes les forces de ce pays dans une grande force centrale. Toujours chercher ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. Travailler ensemble. »

Pour ce faire, Stanislas Guerini propose aux représentants de toutes les forces politiques alliées au sein de la majorité présidentielle de « mettre en place une instance de coordination pour nous voir ensemble régulièrement et progresser ensemble ».

L’avertissement de François Bayrou à ses amis

L’idée ne déclenche pas un enthousiasme délirant chez le premier des amis de La République en marche, François Bayrou. Le président du MoDem, que l’on disait contrarié par l’investiture de candidats En Marche dans des villes où il a des favoris différents (dont Bordeaux) est finalement bien venu au « Campus des Territoires ». Il y affiche l’air contrarié des mauvais jours, applaudit mollement (ou pas du tout), sourit peu et délivre un avertissement à peine déguisé à la salle.

Les élections locales à venir « peuvent susciter des débats entre nous, ces débats sont normaux et je crois salutaires », dit d’abord François Bayrou à ses partenaires. Mais « si on voulait transformer l’élection municipale partout en France en une élection d’affrontement de partis, nous trahirions […] l’idée que la légitimité s’enracine, qu’elle ne vient pas toujours du sommet, pas d’un seul lieu de commandement », enchaîne-t-il. Et « si nous choisissions de transformer l’élection municipale en élection d’appareil contre appareil, alors, on serait sûr de perdre ».

François Bayrou, président du MoDem, a mis en garde ses alliés marcheurs. | GEORGES GOBET / AFP

En plus de cette mise au point – qui laisse entendre que les discussions entre les deux formations sont peut-être un poil tendues – François Bayrou a glissé une formule inattendue dans son propos, en rappelant qu’Édouard Philippe « a été – et peut-être sera – maire du Havre ».

Philippe pas candidat à Paris, mais au Havre… on ne sait pas

Chargé de conclure les deux jours de rencontres, le Premier ministre, très en forme, revient sur le sujet au cours, non pas d’un discours, mais d’un véritable stand up à l’américaine. Debout, sans notes mais pas sans humour. Face à une salle évidemment conquise, il précise qu’il n’a aucune intention de se présenter à la mairie de Paris, une intention que lui prête la rumeur.

« C’est très flatteur mais ça n’a aucun sens », dit-il très clairement. Premièrement, « parce qu’il y a déjà un excellent candidat investi par la République en marche à Paris » – Benjamin Griveaux, qui lui fait face, au premier rang, à cet instant. Deuxièmement, parce qu’on n’est « jamais candidat ailleurs qu’à un endroit où l’on est enraciné, qu’on a dans son cœur, dans sa tête et dans ses tripes, martèle Édouard Philippe. Et moi, mesdames et messieurs, mes tripes, elles ont un goût d’eau salée ! »

Édouard Philippe a conclu les débats du « Campus des territoires » de LREM. | GEORGES GOBET / AFP

Conclusion ? « Si un jour, je dis bien si un jour je devais être candidat aux municipales, je ne vois pas très bien où ça pourrait être ailleurs qu’au Havre », lance Édouard Philippe. Pour Paris, c’est clair, mais pour Le Havre, ça ressemble à une réponse de Normand. Un « ni oui ni non » qui n’écarte pas l’hypothèse de sa candidature en 2020 dans la ville où il a été maire. Et qu’il pourrait tout à fait porter sans quitter son poste de Premier ministre, après avoir lui-même énoncé, mercredi dernier, les règles imposées aux membres du gouvernement en la matière.

Les ministres pourront se présenter et faire campagne sans avoir à démissionner. Ils ne devront quitter leurs fonctions que s’ils sont élus et choisissent de siéger en tant que maire ou adjoint au maire. Alors pourquoi pas lui ?

Partager cet article Edouard Philippe et François Bayrou se sont retrouvés à Bordeaux, ce week-end.

À Bordeaux, des militants LREM à bloc, un François Bayrou contrarié… et un Édouard Philippe candidat au Havre ?Ouest-France.fr

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