SONDAGE – Recours au contrôle continu, sanctions… Ulcérée par le blocage des copies du bac, une majorité de Français soutient le ministre de l’Éducation face aux bloqueurs.

Voilà Jean-Michel Blanquer conforté dans son duel avec les professeurs bloqueurs. C’est la principale conclusion du sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour Le Figaro et Franceinfo. Les quelques centaines de professeurs grévistes qui avaient retenu les notes du baccalauréat sont sévèrement jugés par plus de deux tiers des sondés: ils considèrent que, ce faisant, ils ont pénalisé les bacheliers.

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Seuls 31 % affirment que les professeurs «n’avaient aucun autre moyen de se faire entendre», une proportion qui augmente sensiblement (42 %) chez les 18-24 ans et les ouvriers (44 %). «La condamnation de la méthode est quasiment unanime politiquement, précise Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa. Seuls les sympathisants de La France insoumise sont une majorité (63 %) à donner raison aux grévistes du stylo.»

Radicalisation du mode d’action

En janvier dernier pourtant, un même sondage Odoxa montrait que 59 % des Français soutenaient une grève «classique» des profs contre la réforme du bac. Portée par Jean-Michel Blanquer, elle prévoit notamment d’avoir davantage recours au contrôle continu pour délivrer le précieux sésame. Depuis février, les syndicats d’enseignants dénoncent une «absence de dialogue social». Au fil des mois, ils ont fait le choix d’un mode d’action de plus en plus radical, allant jusqu’à une grève de la surveillance le premier jour des épreuves du bac, puis ce fut le blocage des copies.

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«Les Français approuvent majoritairement ce choix, à l’exception des sympathisants Insoumis»

Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa

Des méthodes que l’opinion ne soutient pas et qui ont été sévèrement critiquées par Emmanuel Macron: «On ne peut pas prendre nos enfants et leur famille en otage», affirmait-il dimanche dernier, avant de saluer «la bonne réaction» de son ministre. La veille des jurys de délibération, Jean-Michel Blanquer avait en effet décidé de prendre en compte les notes du contrôle continu, en cas de copies manquantes. «Les Français, ajoute Céline Bracq, approuvent majoritairement ce choix, à l’exception une nouvelle fois des sympathisants Insoumis, pas franchement opposés toutefois puisqu’ils se partagent à 50-50 sur la “solution Blanquer”.»

Et quand, mardi matin, le ministre annonce que des sanctions financières seraient appliquées pour les correcteurs qui ont retenu les copies, il est toujours soutenu par la majorité des Français, à 61 %. Autre enseignement, ce rite de passage qu’est le baccalauréat a toujours une grande valeur à leurs yeux: 78 % le considèrent comme un «examen important». Cependant, l’idée selon laquelle il est plus facile d’avoir son bac aujourd’hui qu’il y a 20 ans a la vie dure. Plus de 70 % des personnes interrogées la partagent mais, là encore, apparaissent des clivages politiques. Passeport pour l’enseignement supérieur, le baccalauréat est plus important pour réussir sa vie aux yeux des partisans de LREM (37 %) que pour ceux de La France insoumise (24 %).

L’intégralité du sondage Odoxa-Dentsu Consulting:

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