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5G : deux ONG contestent l’appel d’offres devant le Conseil d’Etat

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5G : deux ONG contestent l'appel d'offres devant le Conseil d'Etat

La 5G ne fait pas que des heureux. Si les opérateurs sont désormais sur les rangs pour se voir attribuer de précieuses fréquences nécessaires au déploiement de leurs futurs réseaux 5G sur le territoire, leurs ambitions pourraient peut-être se heurter à un nouvel obstacle. Deux ONG, Priartem et Agir pour l’environnement, ont en effet décidé ce mardi d’engager un recours devant le Conseil d’Etat pour contester l’appel d’offres lancé le 27 décembre dernier par l’Arcep.

Pour ces deux ONG, la décision du gendarme des télécoms et des autorités françaises d’ouvrir la porte à la 5G sur le territoire n’est en effet pas sans danger, « eu égard aux risques que fait peser ce projet pharaonique sur la santé, l’environnement, les libertés publiques ».

Et de regretter l’absence de débat sur l’impact de cette nouvelle technologie sur notre quotidien. « Alors que ce projet d’ampleur aurait dû faire l’objet d’un débat public en bonne et due forme, comme nous l’avons rappelé à plusieurs reprises, le gouvernement lance cette nouvelle technologie dans la plus grande précipitation, sans en mesurer les conséquences », a ainsi dénoncé ce mardi Stephen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, dans un communiqué diffusé par son organisation.

Si l’appel d’offres, qui doit se tenir jusqu’en juin prochain sous l’égide de l’Arcep, fait déjà l’objet d’un retard conséquent, cela ne semble pas suffire à l’ONG, qui a déjà appelé à un moratoire sur le déploiement de la 5G sur le territoire français.

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Les ONG relèvent une explosion du niveau d’exposition

Pour cause : Priartem et Agir pour l’environnement considèrent que la nouvelle technologie sans fil aura une incidence non négligeable sur notre consommation énergétique, qui pourrait exploser, sur fond d’augmentation conséquente des débits offerts au grand public et aux professionnels.

« Alors que la sobriété énergétique et électromagnétique sont inscrites dans la loi, on sait déjà que le déploiement de la 5G augmentera la consommation électrique, évaluée par certains experts à 10 TWH, soit l’équivalent d’une centrale comme Fessenheim », relève ainsi Sophie Pelletier, la présidente de l’ONG Priartem, qui représente les personnes souffrant d’électrosensibilité sur le territoire.

Pour l’organisation, cette catégorie de la population ne sortira pas indemne du déploiement de la 5G, qui devrait faire augmenter « l’exposition aux ondes de la population avec la multiplication par 8, selon l’ANFR, du nombre de points atypiques – supérieurs à 6 V/m ».

L’ANFR plus nuancée

Pour rappel, ces points atypiques sont définis par l’ANFR comme « les lieux dans lesquels le niveau d’exposition aux champs » électromagnétiques dépasse substantiellement celui généralement observé à l’échelle nationale. Ceux-ci se définissent par leur niveau global d’exposition, équivalant à 6 V/m, soit en champ lointain environ 100 mW par mètre carré, ce qui constitue pour l’OMS l’exposition maximale typique induite par les antennes de la téléphonie mobile ou la radiodiffusion.

En 2018, le gendarme des fréquences avait pourtant relevé des niveaux d’exposition du public aux ondes « globalement faibles », avec « un niveau d’exposition médian à 0,40 V/m et 90 % des niveaux mesurés inférieurs à 1,8 V/m », le tout en se basant sur un corpus de 3 000 mesures d’exposition du public aux ondes. Reste que ces points atypiques sont passés de 15 comptabilisés par l’ANFR en 2017 à 33 en 2018, ce qui représente 1 % des mesures réalisées au cours de cette année par l’Autorité, contre 0,4 % à 0,7 % les années précédentes.

Si l’ANFR ne livre aucune explication sur l’origine de l’augmentation de ces points atypiques, celle-ci relève toutefois que « sur ces 33 points atypiques recensés en 2018, quinze points atypiques ont été résolus, exclusivement dus à la téléphonie mobile », tandis que « douze sont en cours d’étude, deux non résolus en cours de retraitement et quatre sont maintenus en l’état par les exploitants ». De quoi relativiser les appels alarmants des deux ONG ?

Lancement d’une pétition

Pas forcément, selon leur avocat Me Lafforgue, pour qui « l’incertitude est grande sur les conséquences sanitaires d’un tel déploiement, qui se ferait au mépris de la réglementation européenne et nationale sur la protection de la santé et le respect du principe de précaution ». Pour lui, rien de moins sûr : « le passage à la 5G aura des conséquences sur l’environnement ». A noter que les deux ONG ont également lancé une pétition, qui compte actuellement 65 500 signataires, disponible à cette adresse.

Rappelons que cette position est globalement partagée par l’Anses, le gendarme sanitaire français, qui regrettait dans une étude d’impact publiée en fin d’année dernière « l’absence » d’un ensemble suffisant de données scientifiques permettant d’établir avec certitude des effets sur la santé de l’exposition du grand public aux fréquences de la bande des 3,5 GHz, qui feront l’objet du futur appel d’offres finalisé au mois de juin sous l’égide de l’Arcep.

Si elle se garde bien d’émettre un avis tranché sur les futurs niveaux d’exposition auxquels sera confrontée la population, l’Autorité sanitaire devrait par ailleurs remettre un rapport sur la dangerosité de la 5G à compter de 2021. Ce rapport s’appuiera sur deux études menées en parallèle. Et ce car la 5G s’appuiera sur deux bandes de fréquences aux modalités d’exposition très différentes : la bande 3,5 GHz et la bande 26 GHz.

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