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5G : Bouygues Telecom vent debout contre une interdiction de Huawei

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5G : Bouygues Telecom vent debout contre une interdiction de Huawei

Alors qu’une semaine décisive se profile pour les opérateurs français, qui doivent désormais officialiser le choix de leurs partenaires pour la 5G, l’imbroglio autour de Huawei continue d’attiser les tensions. Après Arthur Dreyfuss, le secrétaire général d’Altice France, qui avait exigé en janvier une indemnisation financière si d’aventure la France interdit aux opérateurs d’avoir recours à la technologie du constructeur français, c’est cette fois l’état-major de Bouygues Telecom, l’autre partenaire traditionnel de la firme de Shenzhen en France, qui s’est lancé dans la mêlée.

Lors de l’annonce des résultats annuels du groupe Bouygues, la direction de l’opérateur a ainsi estimé qu’interdire aux opérateurs télécoms déjà équipés d’infrastructures Huawei de recourir à l’équipementier chinois pour la 5G pourrait engendrer une distorsion de la concurrence sur le marché français.

« Si nous étions (…) dans l’obligation d’utiliser un autre équipementier que Huawei, dans les zones où nous avons des équipements 4G Huawei actuels, nous serions obligés de les démonter et de réinstaller des équipements, ce qui a un effet de coût et de délai », a expliqué le PDG du groupe Martin Bouygues, selon des propos rapportés par Reuters. Si officiellement aucun équipementier n’est frappé d’interdiction dans l’Hexagone, les opérateurs français craignent que Huawei ne soit “de facto” banni du marché de la 5G, ce qui pourrait inciter les concurrents du constructeurs chinois, au premier rang desquels se trouvent Ericsson et Nokia, à augmenter leurs tarifs.

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Bouygues Telecom pourrait porter l’affaire en justice

Rappelons que le choix des constructeurs autorisés à participer au déploiement des réseaux 5G français doit être soumis à l’autorisation préalable de Matignon sur avis de l’ANSSI. Le cyberpompier doit donner sa position d’ici la fin du mois. Pour rappel, Free a d’ores et déjà indiqué avoir opté pour Nokia, son partenaire traditionnel, tandis qu’Orange misera pour sa part sur Ericsson et Nokia pour le déploiement de son réseau 5G.

Reste SFR et Bouygues Telecom, tous deux partenaires traditionnels de Huawei, qui doivent encore se positionner officiellement, sachant que l’Arcep indiquera mercredi l’identité des opérateurs participant à l’appel d’offres pour l’octroi de fréquences 5G, qui doit permettre de partager les fréquences afférentes à la nouvelle technologie sans fil d’ici au mois de juin prochain. Les deux opérateurs sont, fort logiquement, opposés à toute interdiction du géant chinois.

« Il n’est pas normal qu’on crée des distorsions de concurrence entre les opérateurs », a ainsi fait savoir Martin Bouygues ce jeudi. La direction de l’opérateur envisage même de porter l’affaire en justice en cas de décision défavorable à Huawei, comme l’a fait savoir le secrétaire général de Bouygues Telecom Didier Casas. Ce dernier a en effet déclaré que l’opérateur se réservait toutes les possibilités pour protéger ses droits, y compris celle d’un recours visant les décrets d’application du texte de loi adopté l’an dernier instaurant un nouveau régime de contrôle des infrastructures télécoms.

L’affaire Huawei n’a donc pas fini d’agiter le secteur. Pour rappel, l’opérateur fait depuis de long mois l’objet d’un embargo de fait des Etats-Unis, l’administration Trump reprochant à la firme de Shenzhen ses accointances avec le régime de Pékin et craignant que le constructeur ne constitue à l’avenir une sorte de “Cheval de Troie” de la Chine dans les réseaux de télécommunications occidentaux.

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