5000 cas par jour: les pistes étudiées par l’exécutif si l’objectif n’est pas atteint le 15 décembre – BFMTV

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Les autorités sanitaires s’inquiètent, alors que les chiffres du coronavirus stagnent et que le cap des 5000 cas de coronavirus par jour paraît désormais difficile à atteindre. Quelles pistes sont désormais envisagées afin d’accélérer la baisse des chiffres?

“On ne va pas pouvoir aller aussi vite qu’on l’espérait”: l’exécutif ne cache plus son pessimisme vis-à-vis de l’évolution de la situation sanitaire sur le territoire, alors que le cap des 5000 cas de Covid-19 quotidiens au 15 décembre s’éloigne.

Après avoir atteint un pic à plus de 50.000, voire 60.000 cas positifs certains jours fin octobre, ce niveau avait diminué sensiblement, jusqu’à atteindre 10 à 11.000 cas par jour en moyenne fin novembre. Mais la semaine dernière, la baisse des cas comptabilisés s’est maintenue autour des 10.000 par jour, selon les données de Santé publique France.

Nouveau dilemme pour le gouvernement

Un nouveau conseil de défense sanitaire aura lieu mercredi matin au palais de l’Élysée, a-t-on appris ce lundi, afin de faire le point sur la situation épidémiologique, en vue de préparer une nouvelle conférence de presse, qui devrait se dérouler selon toute vraisemblance jeudi avec Jean Castex et Olivier Véran. Le Premier ministre et son ministre de la Santé devraient faire des annonces sur les prochaines étapes de l’allègement du confinement.

Emmanuel Macron avait initialement fixé le cap du 15 décembre pour lever le confinement, expliquant qu’il serait à nouveau possible de se déplacer sans autorisation, y compris entre régions, et passer Noël en famille. “Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront reprendre leur activité” avec des protocoles sanitaires, avait également prévu le chef de l’Etat.

Selon nos informations, plusieurs scénarios devraient être examinés par les autorités sanitaires en milieu de semaine, au cas où l’objectif initial des 5000 cas par jour ne serait pas atteint à la mi-décembre.

Un assouplissement remis en cause?

Mais la marge de manoeuvre s’annonce limitée. L’une des pistes de l’exécutif serait d’envisager la mise en place d’un couvre-feu à 17 heures afin de limiter les flux de personnes, et devrait réfléchir à revenir sur la réouverture des salles de spectacle qui était initialement prévue. Celle-ci pourrait ainsi être décalée d’une semaine.

Ce lundi matin, le Premier ministre a sondé les responsables des groupes parlementaires sur la question des salles de spectacles et des attestations. Jean Castex a cherché un consensus politique lors de ses échanges avec les présidents de groupes du Sénat et de l’Assemblée nationale. Selon nos informations, il a semblé préparer les esprits, en leur expliquant notamment qu’il “serait difficile d’atteindre les 5000 cas à la mi-décembre”.

Des sources gouvernementales affirment toutefois qu'”il est encore trop tôt pour prendre une décision”, même si “la réflexion doit avoir lieu”. À BFMTV, des participants à cette réunion matinale ont décrit un Premier ministre préoccupé, plutôt que pessimiste.

Une autre mesure serait sur la table afin de ne pas totalement rouvrir les vannes après le 15 décembre: conserver une attestation dérogatoire afin que sortir de chez soi constitue une exception.

Il n’est pour l’heure pas question d’empêcher les gens de se réunir en famille à Noël, assure une source au sein de l’exécutif. Concernant le 31 décembre cependant, rien n’est moins sûr. Les autorités sanitaires commenceraient à réfléchir à l’idée de mettre en place une attestation dérogatoire ce soir-là, afin d’éviter les rassemblements liés aux célébrations du Nouvel an.

“Un frémissement ou une reprise épidémique”?

Le ministère de la Santé, qui appelle les Français à la vigilance, s’interroge sur les raisons de cette courbe qui ne baisse plus. Est-ce lié au retour du froid ou à un relâchement des comportements? En tout cas, Olivier Véran refuse pour l’instant de faire un lien entre la réouverture des commerces fin novembre et la stagnation des chiffres, assurant qu’au moins deux semaines de délai vont être nécessaires pour mesurer l’impact sanitaire de cette mesure.

“Un degré de moins et le virus se développe”, a par ailleurs expliqué Jean Castex ce lundi matin aux parlementaires, excluant dans ces circonstances toute réouverture des stations de ski pour Noël.

Les récents chiffres illustrent-ils “un frémissement ou bien une reprise épidémique?”: “On le saura dans quelques jours”, assure le ministère de la Santé, qui reconnaît qu'”on n’en a pas encore terminé avec cette deuxième vague”. Cependant, l’entourage du Premier ministre tempère en ajoutant que nos voisins européens sont confrontés au même phénomène.

L’objectif des 5000 cas quotidiens avaient été annoncé fin novembre par le président de la République lors de sa dernière intervention télévisée: “Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation (…), alors le confinement pourra être levé”, avait-il déclaré face aux Français.

Jeanne Bulant avec le service politique

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