2ème vague: la France s’en sort-elle vraiment mieux que ses voisins européens? – BFMTV

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INFOGRAPHIES. Le Premier Ministre et le Président ont affirmé que la France était “incontestablement” le pays européen qui “s’en sort le mieux” actuellement dans la gestion de l’épidémie de Covid-19. Qu’en est-il réellement ?

La France est le pays où “l’épidémie est aujourd’hui la mieux maîtrisée par rapport à nos voisins européens” a assuré le Premier ministre Jean Castex lors d’une conférence de presse donnée jeudi 10 décembre.

Cette déclarations sont-elles fondées ? A en croire les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la France figure bien parmi les pays où on enregistre le moins de cas positifs au Covid-19 actuellement. Mais plusieurs pays obtiennent tout de même de meilleurs chiffres que la France: l’Irlande, l’Espagne, la Grèce, la Finlande…

En octobre, “la France était parmi les pays européens les plus touchés”

Mais la France partait cependant de loin. Ce jeudi, Jean Castex rappelait que l’Hexagone “était parmi les pays européens les plus touchés par l’épidémie à la fin du mois d’octobre”.

Effectivement, lorsqu’on compare les tendances sur une plus longue période, la France semble avoir été plus exposée que ses voisins européens – exceptions faites de la Belgique et de la Suisse, deux pays beaucoup plus petits et davantage comparables à des régions françaises en termes de superficies et de populations.

Cependant, comparer le nombre de cas positifs d’un pays à l’autre n’est pas forcément l’indicateur le plus fiable. Tous les états ne testent pas autant leurs populations et pas forcément de la manière, ce qui biaise les comparaisons. Comme nous l’expliquions dans cet article, les cas graves – hospitalisations, admissions en soins intensifs, décès – restent des indicateurs plus pertinents.

En nombre de morts, la France s’en sort moins bien

Tous les pays ne partageant pas forcément d’informations sur leurs nombre de personnes hospitalisées, nous allons plutôt nous baser sur le nombre de décès dans chaque pays. Avec cet indicateur, on s’aperçoit ainsi que la France est “moins bien classée” qu’avec le nombre de cas détectés sur son territoire, se situant cette fois dans le milieu de tableau européen.

Le constat est le même lorsqu’on analyse les tendances depuis le mois d’octobre. Cette vision sur une plus longue période montre néanmoins que la France est l’un des rares pays étant parvenu à inverser la tendance. Si son nombre de morts reste élevé, il diminue de jour en jour, contrairement aux autres pays où il continue d’augmenter.

Une situation épidémiologique instable en France et dans le reste de l’Europe

Même si certains indicateurs paraissent rassurants, “la partie est loin d’être gagnée” en France a rappelé le Premier Ministre Jean Castex jeudi soir :

La situation s’est considérablement améliorée (…) Mais nous sommes sur une sorte de plateau. Le nombre de nouvelles contaminations ne se réduit plus et il tend même à légèrement augmenter depuis quelques jours.

L’Hexagone n’est pas le seul pays concerné par ce rebond de l’épidémie. Le virologue Steven Van Gucht affirme que le virus circule à “un niveau trop élevé et dangereux” en Belgique. “Contrairement aux Pays-Bas ou à l’Allemagne, nous ne constatons heureusement pas encore de nouvelle hausse générale” explique ce spécialiste mais les nouvelles contaminations ne diminuent quasiment plus depuis deux semaines et “la charge des hôpitaux est encore trop élevée”

La Suisse connaît elle une croissance “exponentielle” de l’épidémie selon sa présidente Simonetta Sommaruga qui parle d’une “situation critique”. Enfin au Royaume-Uni, la situation épidémiologique reste précaire, avec une flambée de cas à Londres et dans le Sud-Est.

Louis Tanca Journaliste BFMTV

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