25 nouveaux clusters : «Tant qu’ils sont identifiés, on peut les maîtriser» – Le Parisien

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Dans un collège, un centre pour jeunes travailleurs, des hôpitaux. Dans un même groupe de personnels municipaux ou de participants à des funérailles. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest (à l’exception notable de la Normandie et de la Corse), 25 nouveaux foyers de circulation du virus – ces fameux clusters – sont apparus dans l’Hexagone.

Le recensement du ministre de la Santé, une semaine à peine après le début du déconfinement, donne la désagréable impression que l’épidémie n’a pas dit son dernier mot. Ce dimanche, elle a compté 483 victimes supplémentaires, principalement dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, portant le bilan à plus de 28 000 morts en France.

25 nouveaux clusters : «Tant qu’ils sont identifiés, on peut les maîtriser»

« Ces clusters viennent simplement nous rappeler que le virus n’a pas disparu ! Il avait ralenti ces dernières semaines, mais était toujours là », tranche la professeure Karine Lacombe, cheffe de service à l’hôpital parisien Saint-Antoine. Pourtant l’infectiologue l’assure : il faut voir le verre à moitié plein.

« La bonne nouvelle est qu’ils ont pu être identifiés. Tant qu’ils le sont, on peut les maîtriser en faisant des tests, en isolant et en recherchant les cas contacts. Rappelez-vous, c’est ce qui s’était passé début février aux Contamines-Montjoie et cela avait fonctionné. Aujourd’hui, retracer les chaînes de contamination est la mission des agents spéciaux de l’Assurance maladie », indique-t-elle.

25 nouveaux clusters : «Tant qu’ils sont identifiés, on peut les maîtriser»

Des « brigades sanitaires » ont en effet été formées à cet effet, et nous avons suivi l’une d’elles, dans l’Oise. « Il faut garder ce contrôle des clusters, reprend la médecin. Si on le perd, c’est là qu’il y a un risque de voir une arrivée massive de patients dans nos hôpitaux. »

Le mystère des abattoirs

De fait, les regards se tournent particulièrement vers deux de ces foyers. L’abattoir porcin de Fleury-lès-Aubrais, près d’Orléans (Loiret) où 34 salariés ont contracté le virus et où 400 de plus devraient être dépistés d’ici à mardi. Et un autre situé dans les Côtes-d’Armor dont soixante-neuf employés ont été testés positifs au virus.

Des Etats-Unis à l’Australie en passant par l’Allemagne, et maintenant France, les abattoirs, où la promiscuité entre employés est réelle, sont-ils en train de devenir des foyers infectieux majeurs ? « Il est clair que l’Académie vétérinaire va se pencher sur ces données nouvelles », indique le professeur Eric Vivier, immunologiste qui est aussi docteur en médecine vétérinaire.

« On sait que le Sars-Cov-2 vient d’un mammifère. C’est une zoonose, transmissible à l’homme. On a aussi répertorié des cas de chiens et de chats infectés. Pourquoi les abattoirs ? C’est un mystère mais il mérite d’être creusé. »

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