C’est donc fait. Google s’est enfin décidé à présenter ce mardi 9 octobre à New York ses nouveaux smartphones Pixel, simplement baptisés Pixel 3 et 3 XL. Et cette année il seront proposés en France. Compte tenu des multiple fuites, des torrents même, les Pixels n’avaient plus beaucoup de secrets, du moins sur le matériel. Elle est digne d’un terminal haut de gamme, mais sans nouveauté a priori marquante. Google étant Google, le hardware n’est toutefois en réalité qu’une partie de l’histoire des terminaux. C’est la partie logicielle qui va faire tout le sel des produits, avec un maître-mot : Machine Learning. Tête bien faite, mais surtout bien pleine (de Google)

Pas de surprise sur le design, il reprend les lignes connues des Pixel 2, avec du verre à l’arrière, dont la partie supérieures est brillante, et inférieure mate. La bouton de veille va également une nouvelle fois être coloré pour donner un petit côté taquin à l’ensemble. Saison 2018-2019 oblige, c’est évidemment l’écran qui va être le changement le plus visible. Nous avons de l’OLED dans les deux cas, mais le Pixel 3 est au format 18 : 9, tandis la version XL a droit à son encoche, pour un ratio 19:9. 

 

Si la largeur de l’encoche du Pixel 3 est maîtrisée, la hauteur l’est moins 

Si l’encoche est plus moderne, les deux terminaux restent relativement datée esthétiquement, notamment en raison des bordures sensiblement plus épaisses que chez ténors du marché, à commencer par Apple et ses iPhone X et XS au menton pour ainsi dire inexistant. Ce choix est toutefois en partie justifié par la présence d’un second haut-parleur au bas du terminal. C’est un moindre mal, mais on aurait tout de même préféré un capteur d’empreinte par exemple. 

Comme la plupart des terminaux haut de gamme, les Pixel adoptent un Snapdragon 845, c’est toujours ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle et devrait garantir aux terminaux des performances pendant de longs mois. Il est ici couplé à 4 Go de RAM, 6 n’auraient pas été de refus, mais on fait confiance à Google pour optimiser son OS, après tout, celui-ci est totalement exempt de bloatware

Machine Learning 

Mais comme nous le disions en introduction, l’histoire que Google cherche à raconter est celle du software. Pixel, c’est avant tout le terminal centralisant tous les savoir-faire de la firme, et surtout son habilité dans le domaine de l’intelligence artificielle et du “Machine Learning”. C’est d’ailleurs grâce à cela que la firme justifie l’absence de double capteur photo à l’arrière. La partie photo est effectivement relativement modeste sur le papier avec 12 mpx ouvrant à f/1.8 et des photosites de 1,4 µm. Mais c’était sans compter sur l’IA pour optimiser le rendu. C’est d’ailleurs cette dernière qui a permis aux Pixel 2 se trouver en bonne place dans le classement des meilleurs photophones du marché.

 

Outre l’optimisation de l’image en tant que telle, il faut noter deux nouvelles fonctionnalités cette année : “Top Shot” et “Night Sight”. La première va vous permettre de toujours capturer le meilleur cliché. Un peu à la manière d’une “live photo” d’Apple, le Pixel va enregistrer plusieurs images avant le déclenchement manuel. Si vous appuyez au mauvais moment, vous aurez toujours les précédentes. L’IA va également repérer l’instant ou vous souriez pour vous la suggérer. Il est même possible de laisser faire le téléphone pour qu’il capture tout seul la photo, via la détection d’un sourire, ou d’une grimace.  

Comme son nom l’indique, la seconde est dédié aux optimisations dans des situations de basse luminosité. L’idée est cette fois d’empiler plusieurs image pour optimiser le rendu, améliorer la luminosité et mieux ajuster les couleurs. S’il est difficile de juger réellement de la qualité de la chose au détour d’un rapide prise en main, nos premiers essais permettent d’espérer des résultats tout à fait à la hauteur. Il faudra toutefois attendre de pouvoir les comparer plus précisément pour voir si le software est capable de faire vraiment mieux que les Galaxy S9 et Note 9 qui possèdent toujours la meilleure ouverture du marché, à f/1.5. À l’avant, vous aurez en revanche un duo, cette fois avec un capteur grand angle pour faire des selfie à plusieurs. Un plus appréciable. 

Et accessoirement 

Si l’on sent que Google mise principalement sur sa partie photo pour convaincre, on remarquera la présence d’une certification IPx8 pour la résistance à l’eau, et de la recharge sans-fil. C’est en ligne avec les concurrents, mais Google ajoute sa touche avec une station de recharge qui, lorsque le téléphone y est posé, lui fera afficher l’heure et ainsi en faire un réveil de luxe. Summum du bon goût, 15 minutes avant que le réveil ne sonne, l’écran va s’allumer graduellement. Google Assistant étant toujours là, il sera possible d’avoir le programme de sa journée d’un tap sur l’écran de veille. D’un coup de “Ok Google”, vous pourrez même en faire une sorte de Google Home. 

 

Au rang des petits ajouts logiciels on pourra également relever “Shhh.” Lorsque le téléphone est posé face contre terre, ils passera en mode “Ne pas déranger”. Point de notification ou de sonnerie donc. Pour le reste, c’est Android 9 et toutes ses nouvelles fonctionnalités. Du moins en France, puisque les Pixels anglo-saxons auront droit à une fonction supplémentaire aussi intéressante qu’intrigante : “Screen Call”. Lorsque vous le souhaitez, le téléphone pourra décrocher pour vous, et retranscrira à l’écrit ce que vous dit votre interlocuteur. L’idée, bien que très impersonnelle, attise la curiosité. 

Testing… please wait 

Au final, si l’on ne peut qu’apprécier l’arrivée des Pixel en France, il est difficile de se faire une idée des qualités de ce produit “à chaud” tant il repose sur des nouveautés d’ordre logiciel. On reconnaîtra toutefois que celles-ci sont prometteuses. À 859 euros pour commencer, et alors que le marché s’apprête à accueillir deux nouveaux flagships de Huawei et de OnePlus, Google va faire face à une concurrence qui risque d’éclipser, au moins en partie, ses arguments finalement très peu palpables. La firme va donc devoir tenir l’ensemble de ses promesses pour tenter de se faire une place. 

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